[Critique] Dragons 3 : Le Monde Caché, passage à l’âge adulte

Cinq ans après le deuxième opus, Dean DeBlois nous convie à l’ultime aventure de Harold et Krokmou avec Dragons 3 : Le Monde Caché, qui sert de conclusion à la trilogie d’animation du studio Dreamworks débutée en 2010. Ce troisième volet voit Harold, qui est désormais le chef de Beurk et Krokmou, qui est devenu l’Alpha et donc le leader de son espèce, être mis face à leurs nouvelles responsabilités et à leurs destins lorsque apparaît à la fois un nouvel ennemi pour l’un et une Furie Éclair pour l’autre…

Avec Dragons 3 : Le Monde Caché, Dean DeBlois clôt en beauté l’histoire des habitants de Beurk et des dragons peuplant leur univers.

Fer de lance de la saga, la relation entre Harold et Krokmou est une nouvelle fois le coeur de l’intrigue et les scénaristes jouent avec nos émotions concernant leur indéfectible amitié.
Inséparables depuis leur première rencontre, nos deux personnages doivent malheureusement faire face à leur destin respectif et nous sommes préparés à l’inévitable tout du long du long-métrage.

Ce troisième volet nous confronte à la fameuse thématique du passage à l’âge adulte pour nos principaux protagonistes et cela passe par de nouvelles épreuves. Prendre la place de son père est compliqué pour Harold et il doit se faire confiance et accepter son rôle de chef, même si les décisions à prendre ne sont pas toujours les bonnes. Le poids des actions du nouveau chef de Beurk pèse sur l’ensemble du long-métrage, catalysé par le danger représenté par Grimmel, un ennemi redoutable et charismatique qui le pousse dans ses retranchements. Un défi de taille pour le jeune homme, pour qui le temps de l’insouciance est désormais révolu et qui peut compter sur la force de sa compagne Astrid et de sa mère Valka qui sont d’un soutien sans faille.

Mûrir et s’affranchir du passé semble être la trajectoire nécessaire pour le futur de nos héros et Dean DeBlois parvient à délivrer ce message avec justesse grâce à l’atout majeur de sa saga, sa sensibilité. Nous sommes attachés à cet univers depuis maintenant trois films (et une série) et le réalisateur/scénariste se sert de la mythologie établie pour effectuer un dernier passage en revue et mettre en avant le chemin parcouru. La relation entre les hommes et les dragons a su évoluer au fil des années et chaque espèce a su s’apprivoiser, faisant fi de leurs différences et vivant en parfaite harmonie. Une ode à la tolérance qui fait la force de la franchise et dont la finalité est extrêmement touchante pour ceux qui suivent les aventures des habitants de Beurk depuis le commencement.

Si l’on pourrait regretter les quelques lourdeurs liés à l’humour des camarades d’Harold, en particulier Rustic et les jumeaux Kranedur et Kognedur, le virage intimiste pris par Le Monde Caché ne fait que renforcer notre empathie pour nos protagonistes, nous faisant ressentir leurs états-d’âmes avant de devoir leur faire nos adieux. Avant ce final plein de tendresse, un dernier baroud d’honneur nous est offert avec un déluge d’action qui se rapproche du côté épique emprunté par le précédent volet. Un feu d’artifice avant un torrent d’émotions.

La vitesse à laquelle l’animation évolue est affolante et la réalisation de Dragons 3 est éblouissante. Visuellement, ce voyage est magnifique et les performances techniques aboutissent à un résultat encore plus réaliste en matière de paysages et bluffant en matière de graphismes, permettant d’avoir encore plus de dragons présents à l’écran (ce qui était limité à l’époque du premier film). La photographie est sublime avec un festival de couleurs éclatantes et des séquences crépusculaires de toute beauté. Dean DeBlois n’oublie pas d’ajouter de la poésie à l’ensemble, avec comme point d’orgue le lyrisme résultant de la parade entre Krokmou et la Furie Éclair. Que dire à part que nous sommes face à un travail soigné et que le tout est magnifié par la bande originale de John Powell.

Avec Dragons 3 : Le Monde Caché, Dean DeBlois conclut sa saga avec finesse et sensibilité. Ce chapitre final est un spectacle virtuose et la nostalgie mêlée à l’émotion pure ne laisse pas le spectateur indifférent. Voir cette formidable histoire d’amitié entre Harold et Krokmou toucher à sa fin est un déchirement pour les fans, de même que de devoir faire ses adieux à l’univers de Beurk. 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s