[Critique] Edmond, un vaudeville qui ne manque pas de panache

Alexis Michalik passe pour la première fois derrière la caméra afin de mettre en scène l’adaptation de sa pièce de théâtre à succès, Edmond. Entouré de Thomas Solivérès, Emmanuelle Seigner, Olivier Gourmet, Lucie Boujenah, Tom Leeb, Alice de Lencquesaing ou encore Clémentine Célarié, il nous narre la genèse de Cyrano de Bergerac, le chef-d’oeuvre écrit par Edmond Rostand.

Avec verve et panache, Alexis Michalik nous emporte sans temps mort dans la conception peu orthodoxe d’une des pièces les plus populaires du théâtre français.

En suivant le principe mis en place dans Shakespeare In Love de John Madden, il se base sur des faits réels pour nous livrer sa version de la conception de Cyrano de Bergerac.

Assurant les postes de scénariste, réalisateur et acteur (il campe George Feydeau), Alexis Michalik transmet son amour du théâtre aux spectateurs et cela est parfaitement lisible à l’écran avec un sens précis du dialogue et le jeu enthousiasmant de ses comédiens, qui peut parfois frôler le sur-jeu (cela concerne surtout la prestation survoltée d’Olivier Gourmet) mais parvient aisément à transmettre la bonne humeur se dégageant du film.

Si Cyrano de Bergerac est une comédie héroïque, Edmond fait de sa genèse un véritable vaudeville avec son lot de quiproquos et comique de situation. Ainsi nous suivons un jeune Rostand en panne d’inspiration qui improvise, à l’acteur Constant Coquelin, la trame d’une future pièce et se voit embringuer dans une course contre la montre pour écrire les cinq actes qui composeront ce qui deviendra une oeuvre culte dans le monde du théâtre.

Ne perdant pas de temps pour exposer les enjeux et proposant un spectacle rythmé grâce à une réalisation dynamique aidant à instaurer ce sentiment d’urgence entourant notre personnage principal et l’effervescence inhérente à la troupe théâtrale est bien retranscrite, donnant l’impression de rentrer au sein d’une ruche. Restons dans la mise en scène et retenons le soin apporté à la reconstitution du Paris du XIXème, de la Belle Epoque.
Au niveau du scénario, l’efficacité est le mot d’ordre et l’on va droit au but, ce qui peut paraître expéditif mais dans ce cas précis cela fonctionne. Nous cumulons en moins de deux heures, le manque d’inspiration inconvenante de Rostand, quiproquos amoureux, relations épistolaires, querelles d’acteurs, problèmes entre comédiens et tout un tas d’obstacles pouvant nuire à l’élaboration de Cyrano.

Mené par une troupe dont on ressent l’entrain et dont Thomas Solivérès sert de catalyseur grâce à son jeu tout en retenue se démarquant de l’agitation ambiante causée par ses collègues, Edmond provoque souvent le rire et nous montre sous un autre angle la naissance de la fameuse pièce, nous offrant des instants burlesques pour appuyer sur la démesure de cette comédie héroïque épique. De ce joyeux bordel ressort un esprit de convivialité et nous fait voir Cyrano de Bergerac d’un oeil nouveau.

Agréable surprise que ce Edmond, qui nous dresse avec humour l’élaboration de l’une de nos plus célèbres pièces de théâtre. Alexis Michalik nous invite à un spectacle survolté où les comédiens transmettent aux spectateurs leur énergie communicative. Une comédie qui ne manque pas de panache.

Edmond

©LEGENDE Films – EZRA – GAUMONT

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