[Critique] They Shall Not Grow Old, dans le quotidien des soldats

À l’occasion du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale, Peter Jackson livre They Shall Not Grow Old, un documentaire basé sur des images d’archives provenant de l’Imperial War Museum et la BBC. Celles-ci ont été restaurées, colorisées et montées par le réalisateur pour nous raconter le quotidien des soldats néo-zélandais dans les tranchées durant 14-18.

Ce devoir de mémoire est essentiel et avec They Shall Not Grow Old, Peter Jackson nous montre le visage de la Première Guerre Mondiale au travers les visages de ses soldats.

Agrémenté de témoignages provenant de vétérans, le documentaire nous plonge à une époque troublée et se concentre sur les troupes néo-zélandaises durant le conflit. L’introduction nous montre des hommes ne réalisant pas réellement l’horreur dans laquelle ils vont s’engouffrer et, attirés par la propagande militaire, partent au front la fleur au fusil. Cette insouciance va vite laisser place à la peur et à la souffrance.

Au travers ces images d’archives, nous suivons ces soldats à travers la campagne française et surtout sur les champs de bataille. La violence et l’horreur sont explicites et les cadavres ainsi que blessures en tout genre sont montrés à l’écran. Les conditions de vie déplorables de ces hommes ne sont pas épargnées, renforçant l’intensité de They Shall Not Grow Old.

Ce qui fait également la force de ce documentaire est l’humanité se dégageant de cette barbarie avec un accent mis sur la camaraderie. Ces frères d’armes profitent de quelques rares moments de tranquillité, décompressent tant bien que mal et rient ensemble. Autre point intéressant, témoignant de la bonté ressortant de l’atrocité, le sort réservé à certains soldats allemands. Au milieu de tout ce chaos, nous avons des innocents envoyés sur le champ comme de la chair à canon.

La situation d’urgence qu’a généré cette guerre est aussi mise en avant avec l’avancée technologique des armes et à la vitesse folle de leur évolution. La force de celles-ci détonnent à l’écran pour mieux nous perturber.

À la fin, ce sont des hommes essorés, n’ayant même pas le courage de célébrer l’armistice, qui sont renvoyés au pays, sans se soucier de leurs traumatismes.

La restauration dirigée par Peter Jackson est très bien réalisée même si la colorimétrie a ses limites lors des séquences où l’action s’accélère de même que les tirs d’obus, avec cet effet de flou inhérent à ce procédé. Mais le montage (avec des images piochées dans des centaines d’heures d’archives) et l’ajout de témoignages aussi bien poignants que légers font de They Shall Not Grow Old un bel hommage aux hommes s’étant sacrifiés au nom de la liberté.