[Critique] Amanda, reprendre pied

Trois ans après Ce Sentiment De L’été, le scénariste et réalisateur Mikhaël Hers est de retour derrière la caméra avec Amanda. Entouré de Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophelia Kolb, Marianne Basler ou encore Jonathan Cohen, il nous plonge dans les rues de Paris et se centre sur David, un jeune-homme jonglant entre les petits boulots et sa famille, composée de sa soeur et de sa nièce Amanda. Cet équilibre si paisible va bientôt se voir chambouler…

Mikhaël Hers touche le public en plein coeur avec son nouveau long-métrage, à la fois lumineux et poignant.

Amanda nous surprend par sa manière de traiter un sujet lourd et malheureusement d’actualité avec cette fine nuance entre légèreté et drame. La chaleur d’un Paris en plein été et l’insouciance y régnant est mis en contraste avec l’horreur et l’atmosphère glaciale y découlant. Alors que l’on aurait pu croire que l’aspect tragique dominerait, Mickhaël a la bonne idée d’instaurer une douceur et une pudeur qui renforce notre empathie pour les personnages, nous impliquant dans leur phase de reconstruction.

L’humanité se dégageant du film en est sa force. Nous observons comment des gens, devant faire face aux épreuves cruelles de la vie, tentent de relever la tête et avancer. Nous sommes témoins de la difficulté de reprendre pied lorsque le drame frappe en plein coeur, que ce soit au niveau de la société ou de manière plus personnelle.

Malgré une ville et des vies meurtries, la candeur et l’espoir prennent progressivement le pas sur la douleur et l’émotion n’en est point affaiblie. Les relations au centre d’Amanda sont toutes finement écrites et notre attachement à ces êtres en perdition ne fait que se renforcer au fur et à mesure que le long-métrage avance.

Cette affection est due aux interprétations exemplaires des comédiens, à commencer par un Vincent Lacoste bouleversant de vérité dans le rôle de David, dont l’insouciance va vite laisser place à la contrariété, ce dernier voyant les responsabilités s’accumuler et devant rester fort pour sa famille. Face à lui, la jeune Isaure Multrier et son innocence feront fondre le coeur du spectateur avec son interprétation solaire d’Amanda et la relation oncle/nièce est traitée avec grâce et justesse. Si toutes les performances sont bonnes, saluons également la performance de Stacy Martin, qui vient compléter avec brio le duo Vincent Lacoste/Isaure Multrier avec un jeu nuancé, captant parfaitement la détresse et la difficulté à relever la tête de l’eau de son personnage, Léna.

La réalisation de Mikhaël Hers est sublime, avec un travail appliqué sur la photographie, nous exposant un Paris lumineux avec des paysages aux couleurs éclatantes, dignes d’un tableau, ce qui est en parfaite opposition avec la tristesse régissant le coeur des personnages. Cette chaleur humaine transparaît également dans la manière de filmer les protagonistes, la caméra restant à leur hauteur, pour mieux exploiter leurs émotions, sans artifices.

Avec Amanda, Mikhaël Hers signe une oeuvre poignante et de toute beauté, portée par une histoire sensible traitée de manière élégante avec des acteurs investis et une réalisation éclatante, soit une combinaison gagnante pour venir happer le spectateur dans cette quête de repères face au drame.

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