Deux Fils : Interview de Félix Moati

Le 13 Février prochain sortira au cinéma Deux Fils, le premier long-métrage réalisé par Félix Moati avec au casting Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Mathieu Capella, Anaïs Demousiter, Noémie Lvovksky ou encore Antoine de Bary.

Le film  se centre sur Joseph (Benoît Poelvoorde) et ses deux fils, Joachim (Vincent Lacoste) et Ivan (Mathieu Capella), qui traversent une mauvaise passe, Ivan, le plus jeune, étant en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer suite à un deuil et à une rupture difficile.

À l’occasion de la dix-neuvième édition de l’Arras Film Festival, SeriesDeFilms a pu découvrir Deux Fils en avant-première (la critique du film à lire ici) et poser quelques questions à Félix Moati, venu le présenter au public arrageois.

Deux Fils

@Le Pacte

Ayant vu votre premier court-métrage Après Suzanne, est-ce que l’on peut dire que Deux Fils en est en quelque sorte la continuité, celui-ci ayant comme principal protagoniste Joachim incarné par Vincent Lacoste et évoquant Suzanne (l’ex de ce dernier dans les deux oeuvres) ? Était-ce dans l’envie de proposer une continuité à la vie de ce personnage ?

Je me suis dit, qu’est ce que ça donnerait  si le personnage de Vincent Lacoste dans Après Suzanne avait un père et un frère et de confronter son vide, son arrogance, sa verve à un petit frère qui n’accepte pas sa faiblesse et un père qui lui-même est en train de vieillir.

Au niveau de la réalisation, peut-on dire que Paris est comme le quatrième personnage du film ? Était-ce dans votre intention de base de laisser une grande place à la ville ou est-ce venu au moment de tourner ?

Moi je suis très sensible aux réalisateurs qui filment les environnements qu’ils connaissent. C’est à dire que j’aime beaucoup comment Depleschin filme Roubaix, j’aime beaucoup comment Scorsese filme New-York, j’aime beaucoup comment Terrence Malick filme les grands espaces américains.
Après il y a des gens qui filment très bien des endroits qu’ils ne connaissent pas mais moi je suis très sensible, pour une question d’honnêteté, aux gens qui filment l’environnement dans lequel ils ont grandi, dans lequel ils ont leur mémoire affective. Ils ont eu leur premier amour, leur premières déceptions, leurs première amitiés. C’est quelque chose qui me touche donc oui Paris est un personnage parce que j’ai grandi à Paris et que j’y ai eu mes premiers souvenirs

Et au niveau du scénario, qu’est-ce que vous avez trouvé le plus difficile à écrire ? Le drame ou l’humour qui déjoue ces situations dramatiques par petites touches ?

Ça j’aurais du mal à répondre parce que pour moi l’un ne va pas sans l’autre. C’est encore une question d’honnêteté, on ne peut pas être exclusivement dramatique parce que la vie n’est jamais exclusivement dramatique et on ne peut pas être exclusivement comique parce que la vie n’est jamais exclusivement comique et moi ça me fait rire. Plus les personnages sont dans des situations un peu pathétiques et plus ça me fait rire.
C’est une question de langage et de décalage de situation, ça veut dire que quand le personnage de Vincent Lacoste va chez la psy scolaire de son petit frère et qu’il se répand dans son chagrin je trouve que tout de suite la situation est comique. Donc il faut laisser faire la situation et ensuite là-dedans on peut mettre du drame et inversement on prend une situation dramatique et là-dedans on met de la comédie.

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