[Critique] Deux Fils, surmonter sa peine

Après être passé derrière la caméra pour le court-métrage Après Suzanne en 2016, l’acteur Félix Moati s’attaque cette fois au long avec Deux Fils qui se centre sur les états d’âmes d’un père et de ses fils, incarnés respectivement par Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste et Mathieu Capella. À leurs côtés nous retrouvons également Anaïs Demousiter, Noémie Lvovksky ou encore Antoine de Bary.

Deux Fils

©Le Pacte

Traitant de la fragilité de l’être humain, Deux Fils dresse le portrait d’une famille face aux épreuves de la vie.

Le scénario de Félix Moati, écrit en collaboration avec Florence Seyvos, adopte un ton doux-amer pour nous conter le quotidien de Joseph et ses deux enfants. Face à la mort et à une rupture amoureuse, le jeune Ivan voit ses deux modèles faillir avec son père décidant d’arrêter d’être médecin pour devenir écrivain suite à la maladie de son propre frère tandis que Joachim, l’aîné de la fratrie, se lamente sur son sort et ne remonte pas à la surface suite à la fin de sa relation avec sa compagne.

La solitude est la dominante principale de Deux Fils et dans la grandeur de Paris, les personnages vont déambuler et traîner leur peine. Nous sommes en présence d’une famille désunie, où chacun se laisse envahir par sa propre détresse. Là où les scénaristes visent juste c’est en privilégiant la tendresse à l’émotion et en parsemant des notes d’humour, rendant ce trio principal attachant.
Se reprendre en main, tourner la page et passer à une nouvelle étape de la vie, nous sommes face à des problématiques parlant à beaucoup, ce qui facilite l’empathie et l’on sent le regard attendrissant de Félix Moati sur les difficultés du quotidien.

Par contre en multipliant les sous-intrigues et les personnages gravitant autour de nos trois personnages principaux, le film se perd et le rythme est au bout d’un moment au ralenti malgré une excellente demi-heure ce qui est dommageable mais la sincérité se dégageant de l’oeuvre dans sa globalité  est louable.

Les acteurs sont la véritable force de Deux Fils et Benoît Poelvoorde se montre comme bien souvent excellent en son concentrant sur un jeu tout en sobriété, en intériorité. Son personnage, Joseph est un homme meurtri par la disparition de son frère et remet en question ses choix sentimentaux et professionnels pour tenter de trouver une solution à son chagrin. Vincent Lacoste joue au départ sur la roublardise de Joachim et son détachement pour progressivement laisser dévoiler des faiblesses et le comédien arrive à mêler rires et larmes dans une des meilleures séquences du film. Le jeune Mathieu Capella tient tête à ses camarades de jeu en privilégiant le côté rebelle d’Ivan et en laissant paraître sa colère face aux événements se déroulant durant le long-métrage. Nous sommes en présence d’un adolescent en crise mais qui cache sous cette façade rugueuse un côté plus doux.
Du côté des actrices, si Noémie Lvovky ne fait qu’un passage éclair, Anaïs Demoustier ajoute une dose de sensibilité et agit en tant que soutien de ses homologues masculins dans la peau de la professeure de latin d’Ivan aidant à la fois le jeune garçon mais également Joachim.

La réalisation de Félix Moati est intéressante à suivre puisqu’il se sert du cadre de Paris comme d’un personnage et les errances de nos personnages prennent visuellement leur sens dans l’immensité de la capitale, un bon choix de mise en scène. Signalons également une très bonne introduction à nos personnage et à l’intrigue avec un plan séquence exploitant le potentiel dramatique de Benoît Poelvoorde et en le contrastant avec une touche d’humour tout en finesse. Le réalisateur parvient à retranscrire les états-d’âmes de ses personnages à l’écran et quelques trouvailles de mise en scène sont à noter de même qu’un travaille soigné sur la photographie.

Deux Fils est un premier film respirant la sincérité et nous proposant un vision attendrissante sur les défaillances et la solitude. Si le scénario patine un peu en fin de course, le charme de son casting aide à passer un agréable moment devant ce portrait de famille. 

Une réflexion sur “[Critique] Deux Fils, surmonter sa peine

  1. Pingback: Deux Fils : Interview de Félix Moati | seriesdefilms

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