[Critique] Jurassic World : Fallen Kingdom, péril en la demeure

Après le réveil de la franchise Jurassic Park en 2015 avec le succès monstre de Jurassic World de Colin Trevorrow qui a obtenu plus de 1,6 milliard de recettes au box office mondial (5 204 879 entrées en France), il n’était pas étonnant de retrouver nos chers dinosaures dans un nouvel opus. Alors que nous savons déjà qu’un troisième volet sortira en 2021, intéressons-nous à son prédécesseur, Jurassic World : Fallen Kingdom réalisé par Juan Antonio Bayona (L’OrphelinatThe Impossible, Quelques Minutes Après Minuit) qui voit le retour de Chris Pratt, de Bryce Dallas Howard mais aussi de Jeff Goldblum. Ce nouvel opus voit nos dinosaures être mis en danger par leur habitat naturel, Isla Nublar et la question se pose alors : Doit-on les protéger ou les laisser s’éteindre à nouveau ?

Même si Jurassic World avait été un succès financier, au niveau du public le résultat était mitigé alors est-ce que Fallen Kingdom va mettre tout le monde d’accord ou va t-il continuer à diviser les fans ?

Le film précédent, de Colin Trevorrow, avait des problèmes d’écriture et de réalisation mais savait rester jusqu’au bout un minimum divertissant mais malheureusement Jurassic World : Fallen Kingdom semble être divisé en deux parties et la dernière se révèle scénaristiquement faible. Mais le point positif se révèle être la réalisation de Juan Antonio Bayona qui s’amuse à apporter sa patte dans cet univers jurassique.

Le scénario est toujours écrit par Trevorrow qui est cette fois seulement accompagné de Derek Connolly et ensemble nous concoctent une histoire qui est prévisible et qui se contente de relier les points et de nous amener à une conclusion que nous explique Ian Malcolm dès les premières minutes. Cela n’empêche pas la première partie du film d’être distrayante et convaincante, dès la scène d’introduction qui est l’une des meilleures scènes de cet opus. La question de la survie des dinosaures est centrale et pertinente. L’Homme a ramené l’espèce à la vie et maintenant que la nature les met en danger d’extinction, que doit-il faire ? Les protéger ? Les laisser mourir et ainsi être débarrassé de cette menace qui n’aurait jamais dû être créée ?

C’est donc une mission de sauvetage compliquée qui attend Claire, qui est désormais une fervente défenseure des dinosaures, et Owen, qui va accepter de venir sur Isla Nublar malgré les événements de Jurassic World. Dommage qu’ils se laissent si facilement manipuler puisque le public voit les pièges qui les attend se profiler à des kilomètres avec un bienfaiteur qui semble suspect dès son introduction. Mais cela n’empêche pas de rester émerveiller par l’île et ses créatures, qui vivent dorénavant en totale liberté et de se laisser emporter par le sentiment d’urgence symbolisé par le volcan en éruption. L’action est alors au rendez-vous ainsi que la destruction, le suspense est de mise mais surtout l’émotion avec une dernière séquence sur Isla Nublar bouleversante.

Cela nous mène alors à une deuxième partie qui se veut totalement différente et qui nous ramène à la terre ferme pour se la jouer huis-clos. La génétique et la cupidité de l’être humain entre alors en jeu et les dinosaures ne sont plus le réel danger. Le fameux bienfaiteur se révèle être un ennemi prêt à vendre les espèces sauvées au meilleur prix et ose même présenter un nouveau prédateur créé génétiquement, plus dangereux que l’Indominus Rex et nommé l’Indoraptor. On aurait aimé éviter cette redite de Jurassic World mais on veut nous souligner grassement que l’Homme ne comprendra jamais de ses erreurs. Nous voilà donc plongé dans une atmosphère qui se veut angoissante avec nos héros ainsi que des hommes d’affaires, peu scrupuleux, bloqués dans un château avec une créature à leur trousse. Le scénario est alors à bout de souffle et doit tout à sa réalisation. Et à la fin, l’inévitable arrive avec des dinosaures qui sont prisonniers et en danger de mort. Le dernier élément prévisible arrive même s’il y a un petit twist sympathique en lien avec la génétique. Maintenant que nous en sommes arrivés au point final, que nous pressentions tous, toutes les cartes sont à redistribuer et le troisième volet prend tout son sens. Les bases sont posées pour Jurassic World 3 et on espère une histoire à la hauteur de l’événement.

Au niveau du jeu d’acteur, Chris Pratt reste dans sa zone de confort de même que Bryce Dallas Howard mais le duo fonctionne un peu mieux que dans le précédent opus. Les pauvres ne sont malheureusement pas aidés par les autres protagonistes entre sidekicks agaçants et ennemis peu crédibles. Même si l’on sauve James Cromwell dans le rôle de Ben Lockwood, ancien partenaire scientifique de John Hammond qui veut se racheter de ses pêchés face à la génétique ainsi que Isabella Sermon qui campe sa petite-fille Maisie, qui partage avec son grand-père une belle relation, se révèlant pleine de surprises. Voir Jeff Goldblum à l’écran est toujours un plaisir mais quel dommage que sa présence ne soit qu’un simple caméo de quelques minutes. Nous voulons plus de Ian Malcolm (et d’Alan Grant !).

La seule vraie réussite de Jurassic World : Fallen Kingdom est la réalisation de Juan Antonio Bayona qui arrive à prendre le dessus quand le scénario est aux abonnés absents. Son travail se démarque dès la scène d’introduction qui est efficace et l’une des meilleures scènes de la saga. Ensuite il arrive à nous émouvoir avec la dernière scène sur une Isla Nublar en proie à la destruction qui est belle et déchirante. Dès que nous enchaînons sur la deuxième partie du film, plus axée sur le thriller, Bayona se fait plaisir et joue de cette atmosphère horrifique qui s’installe et fait de l’Indoraptor un monstre à la limite du boogeyman avec l’utilisation de plans iconiques qui en font une créature effrayante, des choix de réalisations sont faits et sont efficaces. On ressent son amour pour l’horreur et l’émotion qu’il dilue à bonne dose tout du long du film.

Jurassic World : Fallen Kingdom est un opus qui pêche par un scénario prévisible et qui s’étire en longueur. Nous sommes face à un film qui se divise en deux parties distinctes oscillant entre action et thriller, qui n’est qu’une grande introduction à un troisième volet qui promet d’être totalement inédit au vu des événements. Heureusement la réalisation inspirée de Juan Antonio Bayona rehausse le tout. Un résultat en demi-teinte mais pas une réelle déception, le long-métrage restant un minimum divertissant. Nous avons désormais hâte de découvrir ce que la saga nous réserve pour la suite. Que vont devenir nos chers dinosaures ?

3 réflexions sur “[Critique] Jurassic World : Fallen Kingdom, péril en la demeure

  1. Personnellement j’avais un peu mal d’avoir payé 8 euros ma place pour ça… ^^ Autant la première partie était plaisante mais la deuxième, j’ai eu du mal !!!!! Oh là là !!!!! Scénaristiquement c’était pas folichon :/

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