Si James Bond, Henry Jones ou encore Jim Malone figurent parmi ses rôles les plus marquants, Sean Connery aura su montrer bien des facettes au cinéma. Et n’hésita pas à se révéler sous son côté sombre pour les besoins d’un cinéaste de renom, Sidney Lumet. Petit retour en arrière, à l’aube des années 70. Alors qu’il avait raccroché le smoking de l’agent 007, et que George Lazemby avait pris sa relève dans ce rôle qui colle à la peau, l’acteur écossais reçu une proposition de la vénérable United Artists. Rempiler pour Les Diamants sont éternels. Ce qui ne l’enchanta guère mais les affaires étant les affaires, ce dernier accepta une nouvelle mission à deux conditions : obtenir un cachet de 1,25M$ et une carte blanche pour développer deux films indépendants, co-produits par le studio et lui-même (via Tantallon Films).
Des demandes qui furent acceptées et mena à la concrétisation de The Offence, adaptation de la pièce de théâtre This Story of Yours écrite par John Hopkins en 1968, synonyme de retrouvailles entre la star et le réalisateur (les deux hommes avaient précédemment travaillé ensemble sur La Colline des hommes perdus puis Le Gang Anderson). Huis clos oppressant, ce troisième long-métrage commun se veut l’œuvre la plus aboutie de ce pas de deux entre Lumet et Connery, le premier écornant comme il se doit l’image du second, histoire de révéler l’étendue de sa palette de jeu.
Thriller opaque, The Offence se concentre sur l’investigation d’un flic complètement essoré, le sergent Johnson, assigné à un dossier pour le moins sensible – concernant un violeur d’enfants. Un soir, l’arrivée dans son commissariat d’un homme éméché – Kenneth Baxter – venant de se faire arrêter va faire basculer l’enquête. En effet, Johnson va être persuadé que ce dernier n’est autre que l’auteur de ces faits sordides et mener un interrogatoire qui va tourner à l’orage. Particulièrement retors, le film provoque le malaise avec son sujet difficile, où la violence appelle la violence – et offre une vitrine de choix à sa distribution, à commencer par sa tête d’affiche. Mais en dépit de sa grande qualité, cette production fût synonyme d’échec commercial en 1973, n’étant même pas exploité dans certains territoires clés – tels que la France. Il aura fallu attendre 2007 pour que les cinéphiles découvrent cet ouvrage en salles.
Et désormais grâce à Wild Side, The Offence va se révéler sous un nouveau jour, l’éditeur français proposant pour la première fois la réalisation de Sidney Lumet au format Blu-ray, dans une version restaurée – le tout dans un coffret combo DVD/Blu-ray. Niveau suppléments, voici les bonus inclus :
• The Offence dans le cinéma policier des années 1970
• Interview de Christopher Mohran, metteur en scène (8min30)
• Interview de Evangeline Harrison, costumière (5min)
• Interview de Sir Harrison Birtwistle, compositeur (10min)
• Film-annonce
Une édition attendue par les amateurs de Sidney Lumet et Sean Connery, qui sera disponible dès le 17 juillet dans les bacs.
