[Critique] Ready Player One, voyage au centre de l’OASIS

Quelques mois à peine après Pentagon Papers, Steven Spielberg est de retour sur grand écran avec Ready Player One, l’adaptation du roman éponyme d’Ernest Cline et pour la mener à bien il s’est entouré de Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Mark Rylance ou encore Simon Pegg. Nous voilà donc entraîné en 2045, dans un futur où pour échapper au misérabilisme de l’époque, la population préfère passer la plupart de son temps dans un univers virtuel conçu par le brillant James Halliday, l’OASIS où le monde de tous les possibles. Sauf qu’à la suite de la mort de ce dernier, le sort de cette réalité virtuelle est en jeu. En effet quiconque pourra résoudre les épreuves concoctées par le créateur et obtenir l’Easter Egg, aura la fortune d’Halliday et le contrôle total de l’OASIS.

Avec Ready Player One, Steven Spielberg nous convie une nouvelle fois à un voyage hors du commun et rend un bel hommage au cinéma en même temps qu’une réflexion sur sa propre oeuvre. Le divertissement est total même si quelques défauts empêchent le film d’être le chef-d’oeuvre tant attendu.

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Débutons par les points positifs du scénario à commencer par le rythme : on ne perd pas une minute et on entre dans le vif du sujet en nous montrant la tristesse du monde où se trouve notre héros, qui est directement contrastée par la monde incroyable et coloré de l’OASIS où tout semble possible. En une moins d’une demi-heure nous sommes introduits aux différents personnages, les enjeux sont posés, on nous résume le jeu concocté par Halliday, ainsi que le danger représenter par IOI, l’entreprise corporatiste par excellence. Nous laissant ainsi le temps de savourer l’immersion au sein de l’OASIS. Efficace.

La quête de l’Easter Egg se veut très linéaire, comme dans la plupart des jeux-vidéos, certains trouveront cet aspect trop simpliste, d’autres y trouveront leur compte, ce qui fût mon cas. Le plus important reste le développement de Wade Watts alias Parzival, qui va passer d’outsider à leader d’un mouvement visant à défendre l’OASIS grâce à l’aide de ses camarades de jeux Aech, Art3mis, Daito et Sho. Tout ceci est plaisant à suivre mais je mettrais un bémol quant à la caractérisation de Wade, assez niais par moments, ne montrant pas une once d’émotion lors d’une séquence importante ainsi que son histoire avec Art3mis, trop fleur bleue.

Mais dans un sens, on peut comprendre ce détachement de Wade face aux événements du monde réel et au contraire son attachement au monde virtuel : l’OASIS aide à s’ouvrir aux autres car plus simple par le biais d’avatars, de pseudonymes. Cet univers est plus chaleureux et il y fait bon vivre. C’est un cocon, un refuge pour la plupart des utilisateurs, contrastant avec la noirceur du quotidien, qui mérite que l’on se batte pour sa survie.  Dommage que le message transmis à la fin sur ce rapport réalité/virtuel soit ambigu et maladroit.

La nostalgie est au centre du long-métrage et également au cœur de l’intrigue avec une multitude de références à la culture des années 80 entre jeux-vidéos, musiques mais surtout au septième art. Pour certains cela pourra se révéler surchargé mais pour ma part je me suis pris au jeu d’en retrouver le plus possible et il y en a un paquet. Retrouver dans les épreuves de Ready Player One des éléments d’œuvres que l’on aimait étant plus jeune est un ravissement pour l’enfant qui sommeille en nous. Particulièrement dans les deux premières ! (je laisse soin à ceux qui ne l’ont pas encore de le découvrir sur grand écran et non par écrit).

Nous retrouvons également ce thème avec le retour sur la vie de Halliday, élément essentiel quant à la quête pour détenir l’OASIS. Le scénariste Zak Penn, en collaboration avec l’auteur Ernest Cline, arrive à imprégner l’histoire de l’ADN propre à Spielberg, ce qui est un excellent point. On peut voir en James Halliday, son propre miroir, celui de cet homme qui se questionne sur son oeuvre et sur l’héritage qu’il laisse. Car le réalisateur est l’un des symboles de la pop-culture, sa filmographie ainsi que ses productions ayant marqué à jamais l’histoire du cinéma.

Le voyage au sein de l’OASIS est impressionnant et en nous immergeant dans ce monde la plupart du long-métrage, nous comprenons la motivation des personnages de sauver ce sanctuaire face au monde corporatiste incarné par IOI, qui veut s’approprier la pop-culture pour le business et pire encore vu le jusqu’au-boutisme et le totalitarisme de son PDG, Nolan Sorrento. Cela contraste avec l’émerveillement de la réalité virtuelle et les quelques sorties dans le monde réel nous montre un monde en crise. C’est bien vu mais le manque de développement du contexte général de cette société futuriste est un peu dommageable à mon goût. Se concentrer un peu plus sur la résistance n’aurait pas été de refus.

Concernant la réalisation de Steven Spielberg, rien à redire, il nous prouve encore qu’il est l’un des plus talentueux de sa génération. Sa caméra virevolte comme jamais, les plans séquences sont légions, donnant lieu à des séquences magistrales, à commencer par l’introduction du film avec la séquence de la course de voiture, l’intégralité de la deuxième épreuve et la bataille finale, épique. La motion-capture ainsi que la représentation de l’OASIS aident grandement à l’immersion et nous donne envie d’avoir une telle réalité virtuelle. La photographie est de toute beauté. La réalisation est parfaite.

Ready Player One est un grand cru de Steven Spielberg, un divertissement de qualité qui nous immerge dans un univers incroyable, qui met des étoiles dans les yeux des cinéphiles. Si le casting est excellent, le scénario n’évite malheureusement pas quelques maladresses ce qui est dommage mais le spectacle lui est total ! 

 

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