En 2013 avec Pacific Rim, Guillermo Del Toro rendait hommage à un genre qu’il affectionne, le film de kaiju, mettant à l’honneur ces monstres géants japonais détruisants tout sur leur passage. Dans l’univers qu’il avait imaginé, des robots gigantesques, les Jaegers, étaient construits pour venir à bout de ces créatures, avec des combats dantesques à la clé. Réunissant au casting Charlie Hunnam, Charlie Hunnam
Rinko Kikuchi, Idris Elba, Charlie Day, Burn Gorman et Ron Perlman, Pacific Rim a réussi à être rentable grâce à son box office international, en particulier celui de la Chine.

Une suite était donc envisageable, ce qui est aujourd’hui le cas, sauf que ce n’est plus Guillermo Del Toro qui est à la réalisation, ce dernier restant tout de même à la production, mais Steven S. DeKnight, ce qui marque sa première réalisation pour le cinéma (il a travaillé sur de nombreuses séries : Smallville, Buffy, Spartacus,…). Concernant le casting, seuls Rinko Kikuchi, Charlie Day et Burn Gorman ont répondu présents, laissant John Boyega (également producteur) et Scott Eastwood reprendre les rênes.

Pacific Rim : Uprising nous emmène dix ans après les événements du premier film, dans un monde sans Kaiju et se centre sur Jake Pentecost (Boyega), fils de Stacker (Idris Elba). Lorsque une nouvelle menace, encore plus irrésistible que la précédente, se répand dans les villes il obtient une dernière chance de perpétuer la légende de son père aux côtés de sa sœur, Mako Mori (Rinko Kikuchi).

Pacific Rim : Uprising nous prouve que Guillermo Del Toro apportait beaucoup au précédent volet puisque sans sa patte unique, cette suite est dénuée d’âme et le résultat final plus que mitigé.

La mise à l’écart de ce dernier est dommageable puisqu’à la sortie du film on se demande à quoi aurait pu ressembler cette suite car même si Del Toro est resté au poste de producteur, son scénario initial n’a pas été retenu et un nouveau a été co-écrit par Steven S. DeKnight, Emily Carmichael, Kira Snyder et T. S. Nowlin. Malheureusement ce dernier se révèle être très brouillon.

Pourtant les premières minutes nous présentaient plusieurs pistes intéressantes qui auraient méritées d’être développés comme la vie dans un monde débarrassé des Kaiju depuis dix ans. Cela est survolé dans un montage nous présentant le personnage de Jake Pentecost, la passerelle entre les deux volets car lié à Stack et Mako, son père et sa soeur. D’ailleurs faire de cette dernière l’héroïne d’Uprising aurait été un choix judicieux mais à la place son rôle se limite à de la figuration. Autre piste écartée en quelques scènes, le commerce de pièces de Jaegers et la construction de modèles illégaux alors que la séquence d’introduction de la jeune Amara avec la course-poursuite à bord de « Scrapper » donnait envie d’en savoir plus.

Au lieu de cela, le scénario s’égare entre le retour de Jake dans le monde militaire avec une immersion au sein Corps de Défense du Pan Pacific qui n’évite pas les clichés entre toutes les rivalités entre gradés et cadets, la création d’une gamme de drones par une société privée devant rendre obsolète les Jaegers, une idée qui est là encore rapidement effacée pour bifurquer vers une machination ayant pour but le retour des fameux Kaiju. Si se servir d’un des rares protagonistes du premier opus ainsi que d’un élément de son scénario permet de relancer l’intrigue et de donner du rythme au long-métrage, tout va trop vite pour passer au dernier acte qui nous donne ce que Pacific Rim : Uprising promettait, une nouvelle bataille contre les créatures.

Seul problème, le gigantisme des Jaegers, qui les rendait si imposant dans le précédent film semble oublié et nous nous retrouvons avec des sous-Transformers. Au niveau des Kaiju, même constat, sauf que là nous nous retrouvons dans Power Rangers avec un système de fusion sortant de nulle-part. Au moins nous avons des scènes d’actions qui se laissent regarder, même si l’humour lors de ces séquences fait de la peine à voir entre troll et doigt d’honneur au spectateur.

Au final on effleure la motivation de ces monstres, uniquement dans le but de nous annoncer que nous en saurons plus dans un prochain opus. Nous sommes donc en présence d’un film de transition, sauf que nous n’avons pas réellement envie de connaître la suite.

Le jeu d’acteurs n’aide pas non plus car à part John Boyega qui arrive à se démarquer un tant soit peu, le reste de la nouvelle distribution manque cruellement de charisme et de justesse à commencer par Scott Eastwood, toujours aussi transparent. Notons que Jing Tian dans le rôle de la PDG de Shao Corporation, construisant les drones présents dans l’intrigue, ne s’en sort pas si mal.  Cailee Spaeny (Amara) parvient à limiter la catastrophe parmi les jeunes jouant les cadets et Charlie Day ainsi que Burn Gorman surjouent encore plus que dans le premier film. Enfin Rinko Kikuchi (Mako) n’a malheureusement rien à défendre.

Pour sa première réalisation pour le grand écran, Steven S. DeKnight ne sort pas des sentiers battus et se contente de livrer un énième blockbuster, filmant les scènes d’actions de loin, ne privilégiant pas les plans iconiques mais aimant les montages pour tenter d’accélérer le récit. Jaeger et Kaiju perdent de leur superbe et là où Pacific Rim nous proposait de belles batailles nocturnes, Uprising se concentrent sur celles en plein jour mais si elles sont regardables elles sont loin d’être mémorables.

Pacific Rim : Uprising est un pur produit marketing, une suite dénuée d’âme calibrée pour être vue une fois et oubliée. Un blockbuster classique dans sa forme avec un jeu d’acteur approximatif, à part pour John Boyega qui arrive tout juste à rester au-dessus de la mêlée et au scénario confus qui en plus en garde sous le pied pour un troisième film, chose qui ne se produira certainement pas au vu de l’accueil public et critique réservé à cet opus. Il est vraiment regrettable d’avoir terni l’univers mis en place par Guillermo Del Toro.

Laisser un commentaire