[Critique] The Cloverfield Paradox, perdus dans l’espace

En 2008, Cloverfield débarquait au cinéma avec un certain succès, grâce à une campagne marketing misant sur le mystère, la marque de fabrique du producteur JJ Abrams. Sous la forme d’un found-footage, nous assistions à une attaque de New-York par une créature inconnue et suivions une bande d’amis tentant de sortir de cet enfer. Alors que l’on pensait que le film se suffisait à lui-même, nous avons été surpris quand en Janvier 2016 une bande annonce de 10 Cloverfield Lane fût dévoilée, annonçant la sortie du film deux mois plus tard. Avec ce nouveau long-métrage, qui a une connexion au premier volet mais qui n’est pas à proprement parler une suite (le film s’intitulait The Cellar avant d’être racheté par Bad Robot qui l’a lié à Cloverfield), JJ Abrams a annoncé le début d’une série anthologique qui se poursuit désormais avec The Cloverfield Paradox.

Encore une fois la campagne marketing de ce troisième opus a été originale puisque la bande annonce de celui-ci a été diffusée durant le Superbowl pour prévenir le public que le film de Julius Onah serait immédiatement disponible sur Netflix. The Cloverfield Paradox nous entraîne dans un futur proche, en 2028, époque à laquelle la Terre souffre d’une crise énergétique majeure. Tous les regards et espoirs sont tournés vers la Station Cloverfield. Cette dernière contient un accélérateur de particules mille fois plus puissant que ses équivalents terrestres, qui pourrait alimenter la Terre avec une source d’énergie perpétuelle si le projet venait à fonctionner.

Doté d’un casting solide composé de Daniel Brühl, Elizabeth Debicki, Aksel Hennie, Gugu Mbatha-Raw, Chris O’Dowd, John Ortiz, David Oyelowo et Zhang Ziyi, The Cloverfield Paradox est-il un troisième volet réussi ? Promettant de répondre à nos interrogations quant aux deux premiers opus, le film est-il à la hauteur ou alors la déception est-elle au rendez-vous ?

The Cloverfield Paradox est quelque peu bancal, souffrant de la comparaison avec ses prédécesseurs, qui s’étaient révélés très divertissants. Nous tenons là l’épisode le plus faible de l’anthologie Cloverfield mais ce n’est pas non plus la catastrophe annoncée.

Le problème majeur s’avère être le genre choisi pour ce nouveau chapitre. Après le film catastrophe en found-footage, le thriller sous forme de huit-clos nous avons là un long-métrage de science-fiction, qui se perd dans des clichés évitables ce qui est dommageable. De même, comme pour 10 Cloverfield Lane, les rajouts effectués pour faire de God Particle (le nom du scénario de base) un opus de la saga sont flagrants et atténuent la force du film. Ce qui fait que nous suivons deux storylines sauf que l’une d’elles n’apporte rien au récit puisque nous savons parfaitement où veulent en venir les producteurs. Toute cette partie se passant sur Terre peut donc être coupée (malgré le jeu de Roger Davies) puisque sa finalité, l’ultime séquence, se révèle être du vulgaire teasing, ce qui est rageant quand le générique fait son apparition. Car le spectateur en attendait plus de ce niveau là.

Pour comprendre le pourquoi du comment de l’univers Cloverfield, c’est du côté de la station spatiale éponyme qu’il faut se tourner. Là effectivement, l’aspect science-fiction se révèle essentiel à notre compréhension d’une partie des mystères de l’anthologie. L’accélérateur de particules qui est la clé pour la survie énergétique de la Terre va également être l’élément perturbateur du film et plus globalement de la saga. Ce qui nous fait entrer dans de la pure S-F avec un multivers et des paradoxes qui vont causer beaucoup de tort à nos scientifiques. Alors que les événements auraient pu être dérangeants et effrayants vu l’originalité de la situation, le scénario ne passe malheureusement pas à côté des clichés du genre au lieu de se démarquer. Du blabla scientifique sans queue ni tête, des personnages prenant des décisions dénuées de logique, nous ne sommes pas plongés dans l’angoisse pour le sort des protagonistes, on attend sagement leur mise à mort.

Un scénario bancal qui ne permet pas au casting du film de sortir le grand jeu, on pense particulièrement à Daniel Brühl ainsi qu’Elizabeth Debicki qui ne semblent pas particulièrement investis ou encore à la pauvre Zhang Ziyi qui passe presque inaperçue. Comme dit plus haut, retenons tout de même le jeu de Roger Davies pour la partie se déroulant sur Terre, ainsi que l’émotion véhiculée par Gugu Mbatha-Raw, sans oublier le flegmatique Chris O’Dowd qui parvient à tirer son épingle du jeu.

La réalisation de Julius Onah fait le job sans être transcendante, même si certaines séquences spatiales sont particulièrement réussies. Mais cela reste trop classique, ne sort pas des sentiers battus.

The Cloverfield Paradox est donc l’opus le plus faible de la saga. Nos personnages sont perdus dans l’espace comme les scénaristes se sont perdus dans leur histoire, rendant le tout brouillon alors que paradoxalement nous avons notre explication quant au principal mystère de l’univers initié par JJ Abrams. Maintenant qu’une partie du voile est levée, espérons que les prochains épisodes de l’anthologie nous permettent d’en savoir plus sur les fameuses créatures qui peuplent le multivers Cloverfield !

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