[Critique] Ça , les monstres sous toutes leurs formes

Après une première incursion à la télévision en 1990 , Grippe-Sou ( Pennywise en VO) , le clown maléfique imaginé par Stephen King dans Ça , son roman en deux parties publié en 1986 , revient effrayer une génération d’adolescents , aussi bien devant que derrière l’écran.

Le projet d’adapter ce roman sur grand écran a longtemps était en développement , depuis 2009 précisément. D’abord annoncé par Warner Bros en 2009 , il a ensuite été repoussé jusqu’en 2012 et le réalisateur Cary Fukunaga a été engagé mais le studio a finalement abandonné le projet qui a été ensuite repris par New Line Cinema (en France la Warner reste le distributeur). Sauf que suite à des désaccords quant aux nouvelles coupes budgétaires , Fukunaga a claqué la porte en 2015 et c’est finalement Andrés Muschietti (Mama) qui a été chargé de la réalisation. Revoir Grippe-Sou en chair et en os aura donc pris du temps !

Bill Skarsgård a été choisi pour prendre la suite de Tim Curry , qui incarnait ce monstre dans le téléfilm. Et l’histoire va se dérouler sur deux longs-métrages et ce premier chapitre se concentre sur la première rencontre entre le club des ratés, réunissant une bande d’adolescents et le clown maléfique et tueur, sous fond de disparitions d’enfants dans la petite ville de Derry en 1989 :

Cette adaptation cinématographique de Ça est-elle à la hauteur de l’oeuvre de Stephen King ? Bill Skarsgård est-il aussi effrayant que Tim Curry ? Ça est-il un film d’horreur réussi ?

La réponse est positive , Ça est une adaptation convaincante du roman de Stephen King , plus fidèle que le téléfilm de 1990.

Cela n’empêche pas quelques libertés comme l’histoire qui nous transporte à la fin des années 80 au lieu des années 50 et se permet donc des clins d’oeil discrets à cette période comme des titres et affiches de films bien connus des cinéphiles , aidant à l’immersion. C’est fait sobrement , sans être lourd comme dans certaines productions récentes qui prennent comme marqueur temporel les eighties. Un bon premier point.

Concernant la partie horreur , nous sommes très vite mis dans le bain si je puis dire et l’introduction du film , qui est également celle des jeunes Bill, Georgie et du diabolique Grippe-Sou et le résultat est efficace et a du mordant. Notre clown n’est pas omniprésent mais il arrive a hanter l’esprits de ses pauvres victimes grâce à quelques stratagèmes bien pensés , un vrai sadique ce monstre. Là encore, le fait de nous montrer que ce Pennywise n’est pas qu’un clown , qu’il peut prendre d’autres formes est un excellent point car on en vient au thème de la peur en elle-même et des monstres. Ceux-ci ont plusieurs visages et surtout les gens ne partagent pas tous les mêmes peurs. Et Ça se montre tout aussi malsain à nous montrer des êtres humains capables de commettre des actes plus que discutables. Derry regorge de sacrés énergumènes ! Dont notre cher Grippe-Sou et ses origines sont bien développées sans oublier de garder une part de mystère nécessaire. En tout cas ses moyens pour torturer nos jeunes héros ne manquent pas de piquant et si eux sont effrayés , pas sûr que derrière l’écran nous , nous le soyons. Cela dépendra de la sensibilité de chacun mais si les jump scare vous font sursauter , vous allez être servis.

Mais l’horreur n’est pas la partie la plus importante pour ma part et Ça est surtout réussi dans son rapport à l’enfance et nous avons là une vrai ode à l’amitié , à la jeunesse. Puisque le film évoque les années 80 , les relations entre les jeunes du film n’est pas sans rappeler Les Goonies ou encore Stand By Me. Nous avons là une bande d’amis , des outsiders , dont l’union va faire la force et qui vont affronter des épreuves de la vie ensemble. Le club des ratés est le coeur du long-métrage , on s’attache vite à ces personnages qui ont tous des traumatismes. Et face à l’adversité, ils vont se serrer les coudes. Et affronter leurs démons, leurs peurs, qui ont des formes différentes, que ce soit sous celle de Pennywise, celle d’un parent ou encore celle de la brute de l’école. Les événements du film vont les faire grandir, leur faire perdre leur innocence. Tous les jeunes du casting jouent très bien et parmi notre club des ratés , nous avons le plus d’empathie pour le trio Jaeden Lieberher (Bill), Jeremy Ray Taylor (Ben) et Sophia Lillis (Beverly). D’ailleurs les trois personnages sont un peu plus mis en avant, surtout Bill et Beverly qui sont les plus atteints psychologiquement par les épreuves vécues le long de Ça. Ces jeunes sont la grande réussite de cette adaptation et volent la vedette à Grippe-Sou , qui n’en reste pas moins un personnage efficace et effrayant à souhait rassurez-vous.

Terminons avec la réalisation d’Andrés Muschietti , qui après Mama , continue de poser sa patte sur le genre horrifique et tente de nouvelles approches visuelles pour surprendre le spectateurs. Les apparitions de Grippe-Sou se démarquent du reste du film, mais à force l’effet utilisé pour le rendre encore plus menaçant , sorte de shaky-cam un peu floue, perd de son intérêt. Muschietti arrive à retranscrire cet aspect lumineux et paisible qui correspond à la description de Derry , ville typique (fictive) du Maine. Et il sait jouer avec les contrastes quand la situation s’assombrit pour nos personnages , là l’image devient terne , pour ajouter une sorte de malaise à l’atmosphère ambiante. Sans être exceptionnelle , la réalisation d’Andrés Muschietti est efficace.

Ça est donc une adaptation réussie du roman de Stephen King qui sait se montrer malsaine et effrayante mais surtout touchante grâce à l’accent mis sur le thème de l’enfance et de l’innocence. Grippe-Sou n’en reste pas moins un bogeyman efficace et on a hâte de frissonner de nouveau quand nous le retrouvons sur grand écran d’ici 2019.

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