Une décennie après avoir pris part au programme Neige et les arbres magiques, Antoine Lanciaux effectue son retour dans le milieu du septième art en solo avec Le Secret des Mésanges. Un film d’animation porté par les voix Lucie Léontiadis, Anton Souverbie-Giorgis ou encore Marina Le Guennec et s’articulant sur les tribulations de Lucie, jeune fille partie rejoindre sa mère sur son nouveau lieu de travail le temps des vacances. Un séjour qui sera riche en surprises pour elle mais également son entourage…
Officiant au sein de Folimage depuis plus de deux décennies, Antoine Lanciaux aura petit à petit ajouté des cordes à son arc, ayant fait ses armes en tant que scénariste (sur La Prophétie des grenouilles), storyboarder puis animateur (notamment sur Mia et le Migou). Opérant désormais à la réalisation, ce dernier s’essaye finalement au format long après s’être fait la main sur une série de courts-métrages. Un vol en solitaire se traduisant par Le Secret des Mésanges, film d’animation se voulant une aventure familiale où présent et passé se conjuguent, afin de donner du poids à des valeurs humanistes telles que la transmission, le partage, l’entraide.
Des thématiques prenant corps à travers la quête initiatique de Lucie, protagoniste espiègle et débrouillarde, n’hésitant pas à avancer vers l’inconnu pour avoir des réponses à ses nombreuses questions. Venant de poser ses valises dans le village de Bectoile pour les vacances, afin d’y retrouver sa mère Caro qui y mène des fouilles archéologiques avec son collègue Pierrot, notre héroïne part ainsi à la découverte de cet environnement inédit à ses yeux – mais pas à ceux de sa famille, qui y a vécu il y a des années de cela. Guidée par un couple de mésanges et son nouvel ami Yann, cette amoureuse des animaux qu’est Lucie cherche à mettre en lumière les zones d’ombres propre à son arbre généalogique et à cette petite bourgade qui aura connu et hauts mais aussi des bas depuis sa fondation.
Au gré de l’avancée de ce personnage central s’étoffe l’intrigue concoctée par le cinéaste et son partenaire d’écriture Pierre-Luc Granjon, la quête bucolique de notre jeune héroïne devenant une aventure cathartique pour cette dernière et ses proches – en particulier sa maman – chaque élément excavé permettant de reconstituer le fil d’un passé plus complexe qu’il n’y paraît. De cette expédition se pansent des plaies et se (re)trouvent des trésors cachés, pour le grand plaisir du spectateur – qui ne s’attendait pas à une telle richesse textuelle.
Ajouter à cela un travail de précision sur l’animation, qui repose sur la technique du papier découpé, demandant du savoir-faire pour donner vie à cet univers naturaliste n’hésitant pas à élargir son cadre pour que transparaissent les multiples facettes de notre campagne française. De quoi donner du cachet à ce Secret des Mésanges, production éminemment sympathique et emprunte de mignonnerie, se questionnant avec sagesse sur les blessures de la vie – grâce à sa volonté de rester à hauteur d’enfant. Pour son premier long-métrage, Antoine Lanciaux vise donc juste et réussi son plongeon dans le grand bain du septième art.
Avec Le Secret des Mésanges, Antoine Lanciaux se met au service d’une quête initiatique plus mature qu’il n’y paraît, où passé et présent se confondent pour mieux amener à une réflexion sur les blessures de la vie – traitée avec délicatesse.
