Trois ans après Poulet Frites, Jean Libon effectue son retour à la réalisation en bonne compagnie, s’associant à Clémentine Bisiaux, Régine Dubois, Stéphanie De Smedt, Mathilde Blanc et Yves Hinant pour donner naissance à Strip Tease Intégral qui, comme l’indique son titre se veut une extension de la série télévisée belge co-créée par le réalisateur aux côtés de Marco Lamensch en 1985, prenant le pouls de la société à travers des portraits de monsieur et madame tout-le-monde. Une formule ici reprise pour ce passage au format long.
Programme culte de la télévision belge, qui aura fait les belles heures de la RTBF puis de France 3 dans les années 90, Strip-Tease aura su renaître de ses cendres sur grand écran, passée une longue période de sommeil inhérente. Un revival initié par Jean Libon et son comparse Yves Hinant il y a de cela sept ans avec Ni juge, ni soumise, qui fût récompensé par chez nous du César du meilleur documentaire, puis Poulet Frites. Fort de ces deux expériences dans le monde du septième art, nos compères rendent hommage à cette série si chère à leurs yeux en compilant de multiples reportages histoire de former un film en bonne et due forme, coopérant avec Clémentine Bisiaux, Régine Dubois, Stéphanie De Smedt et Mathilde Blanc pour que leurs sujets se rejoignent en termes de thématiques.
Derrière la caméra, l’équipe créative a un mot d’ordre, rester plus que jamais fidèle à l’esprit de cet objet télévisuel non identifié, en proposant pour le grand écran cinq peintures sensibles, touchantes, parfois absurdes, souvent drôles, tantôt sombres ou lumineuses (mais toujours aussi vraies que nature) des vanités de la société humaine dans leur plus merveilleuse banalité. De quoi donner lieu à une œuvre prenant le pouls de l’époque actuelle où le paraître prend une place de plus en plus prépondérante dans la vie quotidienne, que ce soit dans la sphère publique ou privée. Sans juger ses différents protagonistes, Strip-Tease Intégral s’affaire notamment à nous montrer les différentes facettes inhérentes au fait de se retrouver sous le feu des projecteurs, que ce soit à travers les réseaux sociaux ou une représentation dans une salle de spectacle ou un cabaret.
Ainsi, au gré de ses chapitres, le documentaire laisse transparaître des personnalités ‘nature-peinture’, dont les actions aident à apporter de la nuance au tableau peint par Jean Libon et ses co-réalisateurs, quant au moi et au sur-moi. Comme nous le découvrons au contact de ces influenceurs vivant la belle vie à Dubaï, cette humoriste tentant de percer sur le tard, cette famille se mettant tant bien que mal au zéro déchet, ce médecin hypocondriaque ou encore ce médecin légiste adepte du transformisme (entre deux dissections, montrées à l’écran), chacun cherche à s’accomplir et ce peu importe le défi que cela représente. Apparaît alors une farouche envie d’entrer dans la lumière, d’exister, de se trouver une raison d’être. Des piliers de cette succession de portraits qui, s’ils n’ont pas le même impact selon l’angle choisi, tissent au final un fil rouge cohérent. À travers cet exercice cinématographique, Strip Tease prouve qu’elle n’a pas perdu de sa pertinence ni de son panache.
Avec Strip-Tease Intégral, Jean Libon, Yves Hinant, Clémentine Bisiaux, Régine Dubois, Stéphanie De Smedt et Mathilde Blanc dissectent les rouages de la vie ordinaire à travers une compilation de portraits restant dans l’esprit de cet ofni qu’était la série societale Strip-Tease.
