Sept ans après Cro Man, Nick Park effectue son retour derrière la caméra avec un nouveau long-métrage consacré à Wallace et Gromit, intitulé La Palme de la Vengeance. Co-réalisé aux côtés de Merlin Crossingham, cette nouvelle aventure voit nos héros en pâte à modeler devenir malgré eux victimes des nouvelles technologies, suite à un acte de sabotage de la part d’une vieille connaissance…
Mascottes de l’écurie Aardman, firme anglaise spécialisée dans l’animation, Wallace et Gromit se trouvent un nouveau terrain de jeu sur Netflix qui, après avoir été à la barre de Chicken Run 2 : La menace Nuggets distribue cette fois sur le territoire français le second long-métrage les mettant à l’honneur, nommé La Palme de la Vengeance. Une aventure grandeur nature voyant notre loufoque tandem être au prise avec la technologie alors que le créatif Wallace conçoit un gnome à tout faire répondant au doux nom de Norbot, au grand dam de son compagnon à quatre pattes, flairant – à raison – le danger. Et comme attendu, les ennuis ne tardent pas à tomber en rafale sur nos héros, se retrouvant les victimes d’une machination perpétrée par nul autre que…Feather McGraw.
En proposant une suite directe à Un mauvais pantalon, court emblématique du studio d’animation (qui fût notamment auréolé d’un Oscar) Nick Park et son co-scénariste Mark Burton sortent de leur manche un atout non négligeable, ce bandit de manchot aussi rusé que manipulateur, qui a un compte à régler avec nos protagonistes, qui ont contribué à son incarcération il y a bien longtemps. Et comme le dit l’adage, la vengeance est un plat qui se mange froid. Soit l’occasion idéale de nous reconnecter à ce gredin de McGraw qui, depuis sa cellule orchestre un plan machiavélique pour se débarrasser de ses ennemis d’une part et s’évader de l’autre. Le tout avec l’aide involontaire de Wallace qui, en fricotant avec l’intelligence artificielle, donne les clés à son némésis pour assouvir sa soif de revanche. Un postulat servant de câble d’alimentation à une intrigue survoltée où les imbroglios s’enchaînent afin de bousculer comme il se doit s la vie (pas) si paisible de nos héros – dont les bonnes intentions se voient ici remises en question.
Quand la naïveté d’un Wallace sert les desseins d’un machiavélique antagoniste, le chaos s’ensuit alors dans la bonne humeur, l’équipe créative rivalisant d’imagination pour mettre notre as de la bricole et son inséparable compagnon dans de beaux draps. De ce complot 2.0, se dessine un second round pas piqué des hannetons entre nos joyeux drilles, Feather McGraw étant un nemesis plein de ressources, ayant toujours un plan B caché au creux de sa palme. Ce qui relance l’intrigue tricotée par les scénaristes, l’action venant pimenter cette histoire de vengeance en lorgnant sur la générosité d’un Mission : Impossible niveau courses-poursuites, pour le plus grand plaisir de Nick Park et Merlin Crossingham. Le duo de réalisateurs s’en donne à cœur joie niveau mise en scène, entre clins d’œils subtils à la mythologie Aardman et volonté de se dépasser question création de décors, en particulier dans son acte final se multiplient les instants de bravoure dans des environnements divers et variés, passant d’un cadre urbain resserré à une vaste vallée surmontée d’un aqueduc dans un rythme soutenu.
On ne peut alors que saluer le savoir-faire des artistes et animateurs du film, la maison Aardman prouvant une fois de plus qu’elle sait y faire avec le stop-motion (et la pâte à modeler bien évidemment). Vingt ans après Le Mystère du Lapin-Garou, il est des plus plaisants de retrouver Wallace et Gromit dans un long-métrage en bonne et due forme, d’autant plus que la qualité est au rendez-vous.
Wallace et Gromit se rappellent au bon souvenir de leurs fans avec une seconde aventure au format long, La Palme de la Vengeance, où la créativité de nos héros se heurte avec fracas à la froideur de l’intelligence artificielle – instrument servant les intérêts de personnes aux mauvaises intentions. Soit le postulat d’un retour gagnant, Nick Park et Merlin Crossingham offrant à leur tandem de héros un écrin de choix pour leurs rocambolesques pitreries à l’humour so British.
