Tandis que 2025 nous ouvre les bras, l’heure est venue de dresser un bilan du box office de l’année écoulée, synonyme de montée en puissance sur le territoire français avec la confirmation d’un retour du public au cinéma et par conséquent d’un quasi-retour à la normale. Le douloureux chapitre inhérent à la pandémie de COVID-19 se referme définitivement par chez nous et c’est tant mieux. Décryptage.
D’après les dernières estimations du CNC, la fréquentation des salles obscures durant ces douze derniers mois était de l’ordre de 181,3 millions de spectateurs soit un résultat en hausse par rapport à l’année dernière (+1M), symbolisant un véritable ‘retour à la normale’ passée une longue période de troubles pour l’industrie. Il est vrai que de 2020 à 2022, la fermeture des cinémas (par deux fois) puis l’instaurations des mesures sanitaires avaient fait dérailler la machine, le public ne revenant pas aussi rapidement que prévu dans les salles obscures. Une époque finalement révolue si l’on se base sur les chiffres à notre disposition, qui font de la France l’unique territoire où la reprise de la fréquentation est dynamique, au contraire du reste de l’Europe et des États-Unis. Une exception due à la confiance portée par les studios aux productions nationales – qui ont eu un rôle clé dans cette progression.
« Aujourd’hui, le cinéma français sait tout faire : tous les genres et tous les récits, pour tous les publics. C’est la diversité et la singularité de nos œuvres – drame historique, récit générationnel, film musical, comédie sociale, documentaire, film d’animation – qui expliquent un rebond de la fréquentation globale et une part de marché de nos films nationaux sans équivalents dans le monde. Une mise en regard de ces résultats avec tous ceux des pays comparables est la meilleure preuve de l’excellence artistique et industrielle de notre modèle d’exception culturelle. » s’est ainsi enthousiasmé Olivier Henrard, président actuel du CNC.

Preuve en est, nos longs-métrages ont cumulé à eux seuls plus de 80 millions d’entrées, soit une part de marché de 44,4%, un chiffre puissant, qui n’avait plus été atteint depuis une décennie. En effet, en 2014, ce taux s’élevait à 44 % avec les sorties de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, La Famille Bélier, Supercondriaque et Lucy. Comment expliquer cette remontée ? Rien de plus simple, cette année les surprises sont allées bon train concernant les œuvres made in France, à l’image du cas Un p’tit truc en plus, première réalisation d’ardus qui, au moment de sa sortie au mois de mai, à su conquérir le cœur du public. En a résulté un véritable plébiscite puisque la comédie se hisse sur la plus haute marche du box, ayant été découverte en salles par 10 808 172 spectateurs. Une incroyable performance, d’autant plus pour un premier passage derrière la caméra. Si l’on savait qu’ils attireraient l’attention, des grosses machines telles que Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour Ouf se sont révélées plus redoutables que prévu, l’adaptation du classique d’Alexandre Dumas par Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière ayant récolté 9 346 371 entrées tandis que la romance fiévreuse chapeautée par Gilles Lellouche a été vue par 4 811 852 curieux – soit un record dans sa carrière de réalisateur.
Ajoutez à cela l’émergence de titres porteurs à l’image de Monsieur Aznavour, qui a su passer le cap des 2M d’entrées (2 021 940 pour être précis), de Cocorico, synonyme de pas de deux cinématographique pour Christian Clavier et Didier Bourdon – qui s’est rapproché de ce seuil clé en ayant fait rire 1 956 846 fans des deux vedettes – et plus récemment d’En Fanfare qui, en un mois d’exploitation a déjà séduit près de 1 459 969 personnes. Le cinéma indépendant n’était pas en reste, Quentin Dupieux battant le record de Yannick avec Le Deuxième Acte qui, après avoir eu les égards d’une présentation hors-compétition à Cannes a rassemblé 491 465 fidèles du fantasque cinéaste en salles tandis que Boris Lojkine a su sensibiliser les spectateurs avec L’Histoire de Souleymane, suivie par 519 923 d’entre eux.
Des succès aidant à prendre l’ascendant sur les productions américaines, dont la part de marché s’élève à 36,7% (contre 41,3 % en 2023). D’ailleurs concernant ces chers blockbusters provenant du pays de l’Oncle Sam, si Dune : Deuxième Partie, Deadpool & Wolverine ainsi que Gladiator II ont su se démarquer, figurant chacun dans le top 10 de l’année, force est de constater que ce sont davantage les divertissements familiaux qui ont réellement eu la côté auprès du public, en atteste les scores de haut-vol de Vice-Versa 2 cet été, qui a vu son box office virevolter à 8 427 652 entrées et de Vaiana 2 qui, depuis novembre, a tapé dans l’œil de 6 698 829 aficionados de l’écurie Disney, qui reprend du poil de la bête par rapport à l’an dernier. Des résultats venant rappeler que l’animation reste une valeur sûre pour réunir adultes et enfants devant le grand écran. Derniers exemples en date, Mufasa : Le Roi Lion et Sonic 3, qui ont respectivement passer le seuil des 2M et du million de spectateurs depuis leur arrivée fin décembre au cinéma.
En clair des signes prometteurs, confirmant une reprise en bonne et due forme en termes de fréquentation. À voir désormais si 2025 saura capitaliser sur cette lancée. En attendant de le savoir, terminons cette analyse avec un tableau récapitulatif, celui du Top 10 des longs-métrages les plus populaires de ce millésime 2024 :
| Rang | Film | Distributeur | Spectateurs |
| 1 | Un p’tit truc en plus | Pan Distribution | 10 808 172 |
| 2 | Le Comte de Monte-Cristo | Pathé | 9 346 371 |
| 3 | Vice-Versa 2 | Walt Disney Pictures | 8 427 652 |
| 4 | Vaiana 2 | Walt Disney Pictures | 6 698 829 |
| 5 | L’Amour Ouf | Studiocanal | 4 811 852 |
| 6 | Moi, Moche et Méchant 4 | Universal Pictures | 4 469 132 |
| 7 | Dune : Deuxième Partie | Warner Bros. | 4 109 034 |
| 8 | Deadpool & Wolverine | Walt Disney Pictures | 3 716 702 |
| 9 | Gladiator II | Paramount Pictures | 2 887 599 |
| 10 | La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume | Walt Disney Pictures | 2 487 931 |