Quelques mois seulement après Free Guy, Shawn Levy fait déjà son retour derrière la caméra avec Adam à travers le temps, qui marque ainsi ses retrouvailles avec Ryan Reynolds. Comprenant également au casting Jennifer Garner, Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Walker Scobell ou encore Catherine Keener, le long-métrage se centre le jeune Adam, dont le quotidien va prendre un tournant inattendu lors de sa rencontre fortuite…avec la version adulte de lui-même…

Renouant avec un esprit dans la droite lignée des productions Amblin, à l’image de son travail sur la saga La Nuit Au Musée de même que sur Stranger Things où l’ordinaire côtoie l’extraordinaire, Shawn Levy s’aventure dans le vaste de domaine de la science-fiction, abordant la question du voyage temporel à travers une odyssée familiale qui – si elle ne marquera pas le genre de son empreinte – met malgré tout du cœur à l’ouvrage.

Avec Adam à travers le temps, développé pour Netflix, le réalisateur nous embarque dans une quête où passé et futur s’imbriquent sur l’autel de la métaphysique, pour donner du relief à un récit qui s’appuie sur des notions universelles afin que le public prenne place dans le cockpit aux côtés de Ryan Reynolds. L’intrigue pilotée par Jonathan Tropper er T.S. Nowlin s’évertue à faire coïncider plusieurs temporalités pour donner du corps à un canevas des plus classiques : la lutte pour empêcher la concrétisation d’un sombre avenir. Pour s’y faire, notre tandem s’oriente vers une rencontre du deuxième type, à savoir un face à face entre deux versions d’un seul et même personnage, un paradoxe qui sert de carburant principal pour créer de l’affect et aider le public à se laisser attendrir par la dimension sentimentale se tissant progressivement – qui tempère les attendus propre à cette navigation en terrain connu.

Autant le dire tout de suite, malgré son sujet, la S-F n’est pas l’élément le plus important du long-métrage, ce micmac temporel suivant une trajectoire bien linéaire en terme de construction, où l’on devine clairement comment tout cela va se terminer. Peu de surprises à l’horizon donc à ce niveau là, une faiblesse perçue par Shawn Levy, qui trouve davantage d’intérêt dans la dimension humaine de cette histoire que dans son aspect soi-disant spectaculaire. Cela se ressent dans la direction d’acteur ainsi que la mise en scène, bien plus appliquée lorsque nos personnages laissent fendre la carapace, explicitant ainsi leurs doutes et regrets. Non pas que les séquences d’actions soient totalement inutiles, les deux derniers actes ayant malgré tout de sympathiques moments en stock, mais l’essentiel est ailleurs. C’est en cela que l’on peut dire que l’on se rapproche du style Amblin. Si la mission d’Adam² n’est pas des plus enthousiasmantes, l’expédition commune du modèle adulte et enfant apporte son lot de bonnes surprises.

Sachant tirer profit du capital sympathie de son héros principal, venant conforter que Ryan Reynolds et le cinéaste se sont bien trouvés (Deadpool 3 devrait – on l’espère confirmer cette assertion), ce retour vers le passé s’avère plaisant à suivre dans la mesure où les interactions entre les personnages servent de moteur à cette réflexion sur la perte de l’être aimé et les conséquences des blessures de l’enfance sur l’adulte en devenir. L’absence du père et le ressentiment que l’on peut avoir lorsque la souffrance est trop présente sont ainsi les éléments cruciaux qui font d’Adam à travers le temps une expérience sympathique. Le potentiel de l’œuvre se dévoile lorsque l’intimisme est de mise justement, donnant lieu à de beaux moment suspendus – notamment entre Reynolds et ses comparses féminines Jennifer Garner et Zoe Saldana – où l’émotion se ressent sans en faire des tonnes, reflétant ce fardeau que sont le deuil et la séparation. En privilégiant les liens du cœur, Shawn Levy confère une âme au film, un angle qui aurait mérité d’être plus approfondi car l’on tenait là quelque chose de simple et sincère.

S’il ne restera pas dans les annales du genre, Adam à travers le temps s’avère néanmoins une proposition honnête, Shawn Levy insufflant un minimum de vie dans une intrigue convenue, grâce à son soin porté à la dimension humaine – une constante dans sa filmographie. Accompagné par une distribution investie, Ryan Reynolds en tête, le réalisateur nous livre ainsi un conte S-F plutôt agréable à suivre malgré ses défauts, mettant à bon escient le curseur sur la sensibilité pour palier au manque d’ambition du scénario.

© Netflix

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