Cinq ans après Mal De Pierres, Nicole Garcia fait son retour derrière la caméra avec Amants, qui réunit Pierre Niney, Stacy Martin, Benoît Magimel, Roxane Duran, Christophe Montenez ou encore Nicolas Wanczycki au casting. Présenté en avant-première lors de la vingt-deuxième édition de l’Arras Film Festival, le long-métrage se centre sur Lisa et Simon, un couple passionnel devant prendre des chemins différents à la suite d’un drame…

Pour son retour à la réalisation, Nicole Garcia s’embarque dans un thriller sentimental imprégné de la douce odeur de la naphtaline avec Amants, œuvre se révélant dans la droite lignée des productions du genre ayant fleuri sur les écrans durant les années 80/90, pour une cavalcade amoureuse manquant clairement de souffle.

Voulant se rapprocher des codes du polar pour embarquer son auditoire, le long-métrage montre rapidement ses limites en ne parvenant pas à créer la tension nécessaire pour élever ses faibles enjeux, qui se reposent avant tout sur la relation tourmentée d’un couple fusionnel, plus prompts à se brûler les ailes qu’à s’épanouir ensemble, une tendance destructrice les amenant sur de sinueux chemins. Un destin commun tortueux, pour une romance faite d’épreuves et de souffrance, un pitch qui à première vue a du potentiel, avec la possibilité de s’orienter vers la tragédie, ce qui semblait être l’ambition première de la réalisatrice qui officie également à l’écriture aux côtés de son co-scénariste Jacques Fieschi. Mais de la théorie à la pratique, il y a tout un monde et la démarche de notre tandem débouche malheureusement sur une intrigue manquant de corps – malgré un sujet qui ironiquement joue de ce côté charnel, avec une mise à nu de son couple central.

Divisé en trois chapitres, qui se consacrent à un lieu précis et à une étape charnière de l’existence de nos protagonistes, Amants tente de nous faire croire en la passion ravageuse liant Lisa et Simon, simili couple maudit dont l’attraction rime avec annihilation. Des tourtereaux inséparables depuis l’adolescence, se voyant rattraper par les conséquences de leurs choix de vie, obscurcissant leur avenir. Cette idée initiale de malédiction avait de quoi séduire, avec un premier acte laissant penser que l’on se dirigerait vers une intense trajectoire, notamment par l’utilisation du fameux cadavre dans le placard, jetant le trouble sur un futur radieux. Des frasques de Simon, en marge de la légalité avec ses manigances, éclatent l’équilibre de notre tandem et viennent dans le même temps sonner le glas sur un scénario qui ne saura jamais tirer profit de ces prémisses – préférant bifurquer vers un canevas des plus classiques.

En jouant la carte du triangle amoureux, le film se tire une balle dans le pied car empilant les clichés et attendus, avec des personnages perdant de leur substance. Lorsque le hasard vient fortuitement attirer Lisa et Simon l’un vers l’autre après avoir coupé subitement les ponts, dans le cadre idyllique de l’Île Maurice, s’engage alors une plongée vers un ennui poli. Les lois de la gravité viennent réunir ces deux astres, malgré les complications que cela implique, la jeune femme étant désormais mariée avec un homme issu d’un milieu aisé. qui tente de combler le vide qu’elle a dans le cœur par l’opulence. Comme le titre le souligne sans ambiguïté, ses retrouvailles font de nos anciens partenaires des amants, ravivant la flamme de leur relation passée. De cet instant charnière, va se mettre en place une structure dont on devine rapidement tous les contours, avec un trio qui se tourne autour en attendant que l’inévitable viennent conclure ces histoires de tromperies. Peu aidés par une partition douteuse, la distribution du métrage ne parvient pas à élever le niveau. Malgré quelques efforts notables ci et là, Pierre Niney ou Stacy Martin ne parviennent à créer l’illusion tandis que Benoît Magimel semble éteint, l’acteur se voyant refiler un rôle stéréotypé un peu ingrat.

Pour sa neuvième réalisation, Nicole Garcia tente de nous montrer les ravages d’une passion destruction au travers d’un thriller à l’eau de rose qui boit rapidement la tasse en se contentant d’un scénario lambda qui privilégie la trame classique du triangle amoureux – ce qui lui porte préjudice. Malgré des pistes intéressantes, le film ne réussit pas à prendre de la hauteur, laissant son casting se débrouiller avec peu, ce qui est dommage. Si nous sommes tout de même loin de la catastrophe, cet opus ne restera pas dans les annales de la filmographie de la cinéaste, qui nous revient en mode mineur.

© Roger Arpajou

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