Co-production norvégo-allemande, Furia est la nouvelle création de Gjermund S. Eriksen (Mammon). Présentée en avant-première mondiale à Series Mania, où elle concourt dans la Compétition Européenne, celle-ci se centre sur l’émergence d’un groupuscule d’extrême-droite en plein cœur du vieux continent…

La montée des extrêmes en Europe est un sujet brûlant et actuel qui, bien traité peu donner lieu à une œuvre pertinente et percutante, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour Furia, si l’on se fie à ses deux premiers épisodes – présentés à Series Mania – qui ne savent pas capitaliser sur les thématiques identitaires abordées et patinent à instaurer la tension nécessaire pour nous embarquer dans ce thriller venu du froid, qui laisse de marbre.

Pensée comme un thriller, la série avait pourtant du potentiel en se concentrant sur la montée en puissance d’une cellule d’extrême-droite implantée dans la campagne norvégienne. Un cadre restreint et minimaliste permettant de montrer sous son plus appareil le spectre de l’obscurantisme, qui s’insinue dans l’esprit de la population via le prisme de la communauté. Ce que l’on constate à travers l’enquête d’Asgeir, policier fraîchement arrivé en ville, qui va se voir confier une affaire de dégradation dans l’enceinte d’un centre pour migrants, élément déclencheur d’une plongée dans une nébuleuse où violence et paranoïa se marient sur l’autel de la haine.

Un angle de départ bien pensé, avec la volonté de faire progressivement grimper les enjeux quant à cette problématique du terrorisme intérieur, nous en montrant tout d’abord les ramifications à l’échelle locale avant de passer à l’internationale. Un choix créatif que l’on devine au terme des deux premiers épisodes de Furia, les exactions du groupuscule nationaliste auquel nous sommes introduits gagnant en ampleur, les dégradations initiales n’etant qu’une infime partie de cet obscur iceberg avançant dans l’obscurité. Hélas, si les graines plantées par Gjermund S. Eriksen annonçaient un traitement nuancé de cette thématique, celles-ci ne s’épanouissent pas comme elle le devraient.

Alors que l’ambiguïté aurait dû être de mise, le showrunner décide rapidement de cumuler les facilités scénaristiques, notamment concernant les actions de notre enquêteur venant pénaliser la confrontation entre deux mondes opposés, celui de l’ordre face à celui du désordre. Si la révélation clôturant le pilote tente de rebattre les cartes et de nous immerger de l’autre côté de la ligne jaune, il est malheureux que l’intrigue perde en crédibilité pour accélérer artificiellement son rythme. La toile du terrorisme s’étend ainsi avec peu de rigueur, malgré la bonne volonté du casting, en particulier Pål Sverre Hagen mais surtout Ine Marie Willmann qui apporte de l’épaisseur à son personnage trouble, qui peut encore nous étonner. À voir si les prochains épisodes viendront faire pencher la balance du bon côté.

Keshet International

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