Trois ans après Crazy Rich Asians, Jon M. Chu fait son retour derrière la caméra avec D’Où L’On Vient, l’adaptation d’In The Heights, la comédie musicale de Lin-Manuel Miranda. Comprenant au casting Anthony Ramos, Melissa Barrera, Leslie Grace, Corey Hawkins, Olga Merediz, Jimmy Smits, Gregory Diaz IV, Daphne Rubin-Vega, Stephanie Beatriz ou encore Dascha Polango, le long-métrage nous plonge au cœur de New York et plus précisément dans les rues de Washington Heights, le quartier de tous les possibles…

Inspiré par les thématiques de l’œuvre de Lin-Manuel Miranda, qui mettent en avant les questions propres à l’immigration et à l’esprit de communauté, Jon M. Chu se laisse porter par l’exaltation et livre avec D’Où L’On Vient une comédie musicale enivrante, confectionnée avec cœur et respirant la joie de vivre, le tout pour un (grand) spectacle doux et sucré qui offre une parenthèse enchantée dans la grisaille de ce maussade été.

Primée aux Tony Awards en 2008, il aura fallu des années pour que In The Heights trace son chemin vers les salles obscures, passant entre les mains d’Universal Pictures, The Weinstein Company avant de devenir réalité chez Warner Bros., une longue attente qui se solde aujourd’hui par un long-métrage plaisant à suivre qui devrait ravir les amateurs du genre. Pour mener à bien cette transposition, Lin-Manuel Miranda a officié à la production – et s’est offert un second-rôle en clin-d’oeil – tandis que la dramaturge Quiara Alegria Hudes, qui a écrit le livret de la comédie musicale, s’est vu confiée l’écriture du scénario, le duo assurant ainsi avec légitimité la continuité entre la scène et l’écran, pour une adaptation fidèles dans les grandes lignes. Si les connaisseurs sauront repérés les modifications effectuées ainsi que les chansons manquantes dans cette adaptation, il est tout de même rassurant de voir que l’essence même du musical n’a pas été altéré – même si cela se traduit par un film fleuve de près de deux heures et demie, qui doit faire face à un ventre mou en cours de route.

Célébrant la communauté latine installée sur le sol américain, D’Où L’On Vient se concentre sur le multiculturalisme en délivrant un message de fraternité et de bienveillance, qui trouvent un écho pertinent à travers le parcours d’une galerie de personnages cherchant à trouver leur place dans la société, principalement Usnavi, rêvant de revenir en République Dominicaine mais aussi Vanessa, dont l’ambition est de vivre de sa passion pour la mode ou encore Nina, partie suivre des études à l’université de Stanford. Leur trajectoire personnelle, ponctuées de hauts et de bas, résonne dans le microcosme de Washington Heights, quartier populaire situé au nord de New York, où se côtoient plusieurs fanges de la population latino-américaine, qui partagent des valeurs communes et se soutiennent dans les bons comme les mauvais moments. Un esprit de convivialité qui fait la force du long-métrage, permettant d’appuyer sur les notions d’entraide et d’intégration, le tout à grand renfort de numéros grandiloquents et bouillonnants respirant la vie à l’image de la séquence d’introduction (In The Heights) ou encore des titres 96 000 et Carnaval Del Barrio, qui démontrent la puissance de la fraternité face à l’adversité.

Si les coups du sort s’abattent sur nos personnages, avec en point d’orgue une coupure d’électricité géante aux conséquences dramatiques, élément annoncé dès le départ par un compte à rebours donnant un indice quant à son importance dans le déroulé de l’intrigue, ce que l’on retient est ce lien social, tissé avant tout par les épreuves inhérentes à l’inclusion. Une problématique toujours d’actualité, que n’oublie pas de rappeler Quiara Alegria Hudes dans son script, mentionnant les difficultés du quotidien pour bon nombre d’immigrés, devant souvent redoubler d’efforts pour joindre les deux bouts et subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leur famille mais surtout devant faire fi des discriminations pour avancer, un aspect se retrouvant par ailleurs dans les storylines de Vanessa et Nina, apportant une épaisseur bienvenue au film. Cela permet de contrebalancer la certaine vacuité des romances abordées, qui clairement n’apportent aucune plus-value à l’ouvrage et sont entre autres la cause du ventre mou apparaissant en milieu de métrage.

Heureusement, pour palier à ces fluctuations scénaristiques, Jon M. Chu donne le change avec une mise en scène clinquante, pop et colorée, mettant le curseur sur l’euphorie. Dans la chaleur d’un Washington Heights incandescent et lumineux – grâce à la photographie d’Alice Brooks – le réalisateur se montre survolté et multiplie les idées pour maintenir l’enthousiasme ambiant avec des trouvailles visuelles bien pensées, venant renforcer cette sensation d’évasion bienvenue. Une atmosphère bon enfant que ce dernier apporte également avec l’aide de sa joyeuse troupe, où se croisent des visages plus ou moins connus des spectateurs – Anthony Ramos, Stephanie Beatriz et Jimmy Smits étant entre autres les plus reconnaissables du grand public – tous se montrant impliqué dans ce projet et mettant du cœur à l’ouvrage.

Avec D’Où L’On Vient, Jon M. Chu adapte avec engouement la comédie musicale de Lin-Miranda Manuel, pour un feel good movie qui donne la pêche et délivre un message positif sur l’immigration et l’héritage, le tout porté par une distribution investie. S’il aurait mérité de voir son intrigue resserrée, le film n’en reste pas moins une petite surprise ensoileillée.

© Warner Bros.

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