Trois ans après avoir été accueilli avec enthousiasme par le public et la critique, totalisant 340,9M$ de recettes dans le monde pour un budget de 17M$Sans Un Bruit se pare d’une suite, toujours réalisée par John Krasinski avec au casting Emily Blunt, Noah Jupe, Millicent Simmonds, Cillian Murphy et Djimon Hounsou, se centrant sur la plongée de la famille Abbott au cœur du monde extérieur et de ses dangers…

Si l’on pouvait légitimement avoir des craintes face à l’idée de prolonger l’expérience maintenant que le concept a été assimilé, il est rassurant de constater que John Krasinski évite le piège de la suite inutile avec Sans Un Bruit 2, qui reprend à bon escient les ingrédients ayant fait la force du premier opus tout en élargissant son champ d’action pour une suite qui ne démérite pas et réussi sa mission première de nous investir dans la fuite en avant de nos personnages.

Même si l’effet de surprise est passé quant aux règles émanant de ce monde post-apocalyptique, gangréné par une horde d’aliens belliqueux sortant les crocs au moindre son, ce qui prime ici est la quête émotionnelle des membres restants de la famille Abbott, que nous avons appris à connaître à travers le drame et les larmes. Malgré une scène d’introduction immersive nous relatant le chaos propre au jour où tout a basculé, l’idée n’est pas de proposer un second opus ‘bigger & louder’ où le curseur serait mis sur une débauche d’action pour décupler la tension, ce qui est un bon point de la part de l’équipe créative. Il est vrai que le scénario co-écrit par le réalisateur et Bryan Woods délaisse en partie le côté intimiste précédemment instauré, qui fonctionnait par le choix de rester dans un cadre restreint, mais cela ne nuit pas à la qualité de l’ensemble, qui se consacre à l’expansion de ‘l’univers au travers une odyssée mouvementée.

Se reposant toujours sur la carte de l’audible et l’inaudible avec – une fois de plus – un excellent travail sur le mixage sonore, qui joue un rôle primordial dans l’efficacité du long-métrage, Sans Un Bruit 2 joue de son atmosphère pesante et silencieuse pour nous embarquer dans l’expédition périlleuse d’Evelyn et de ses trois enfants, devant contre leur gré quitter leur habitat à la suite des évènements du premier volet, devant de ce fait avancer vers l’inconnu. Un voyage tournant rapidement à leur désavantage malgré l’atout qu’il possède dans leur manche, à savoir le moyen de venir à bout de ces ennemis venus d’ailleurs. L’intrigue, consciente de devoir à la fois composer avec les codes qui ont fait le succès de ce que l’on peu désormais appeler une franchise (un spin-off, écrit et réalisé par Jeff Nichols est actuellement en préparation et devrait arriver en 2023 sur les écrans) tout en apportant la dose de nouveautés nécessaire pour ne pas s’avérer vain, fait rapidement le choix de suivre deux trajectoires différentes afin d’emmener le spectateur vers un chemin qu’il connaît et un autre qu’il doit découvrir – tout comme les protagonistes.

Avec cette grille de lecture, John Kraskinski poursuit son exploration du huis-clos tout en s’aventurant sur un sentier plus ou moins balisé concernant l’exploration de cet univers qui lui tend les bras, pour un parcours parallèle qui se répond quant à la thématique de la survie. Ainsi la famille Abbott fait face à de nouveaux challenges, l’emphase étant mis sur la perte de l’innocence dans un monde sans dessus dessous, avec des enfants devant mûrir précocement pour pouvoir naviguer dans ces eaux sombres où le danger est à porté de décibels. Un constat qui se vérifie notamment à travers le voyage initiatique de Reagan, qui suit les pas de son père et s’engage vers de nouveaux horizons dans le seul but de protéger les siens, une mise en avant permettant à Millicent Simmonds de confirmer son potentiel avec une prestation sensible et solide à la clé. Ses camarades de jeu ne sont pas en reste bien entendu, Emily Blunt étant une nouvelle fois impeccable en mère courage tandis que Cillian Murphy se montre crédible en homme tourmenté, servant de figure amicale bienvenue dans un monde où les monstres ne sont pas seulement ces créatures tombées du ciel.

S’il perd en surprise, Sans Un Bruit 2 n’en reste pas moins une suite satisfaisante qui offre une extension ludique de l’univers post-apocalyptique où le silence est d’or, que l’on a appris à connaître il y a trois ans. Reprenant les codes qui ont fait le charme de son prédécesseur, le long-métrage de John Krasinski parvient à naviguer entre suspense et émotion pour un résultat divertissant, que l’on doit à l’association d’une mise en scène inspirée, d’une direction d’acteur maîtrisée et surtout d’un soin particulier apporté au montage sonore – qui ajoute un indéniable cachet à l’ensemble.

© Paramount Pictures

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