Trois ans après Muse, le réalisateur espagnol Jaume Balagueró fait son retour derrière la caméra avec Braquage Final (Way Down) qui comprend au casting Freddie Highmore, Liam Cunningham, Famke Janssen, Sam Riley, Luis Tosar et Astrid Bergès-Frisbey. Diffusé en exclusivité en France sur Canal +, le thriller nous fait suivre des chasseurs d’objets d’art dans leur tentative de récupérer un trésor d’une valeur inestimable, entreposé dans le coffre de la Banque d’Espagne, réputé inviolable…

Après s’être forgé une réputation dans le monde de l’horreur depuis ses débuts il y a plus de vingt ans avec La Secte Sans Nom, Jaume Balagueró s’ouvre à un nouveau registre et s’essaye avec plus ou moins d’efficacité au film de casse avec Braquage Final, qui malgré quelques bonnes trouvailles et un casting investi ne propose rien de neuf pour apporter un souffle nouveau au genre.

Si elle reste conventionnelle, avec une structure des plus attendues, l’intrigue concoctée par Rowan Athale et Michel Gaztambide trouve tout de même son intérêt dans son ancrage géographique et temporel, qui permet au tandem de scénaristes de s’amuser de manière ludique à la fois avec la spécificité architecturale de la Banque d’Espagne mais également avec un événement sportif synonyme de ferveur populaire : la Coupe du Monde de football. Ainsi, le spectateur est plongé dans un passé pas si lointain – 2010 – où des chasseurs de trésors se voient confisquer leur butin trouvé dans les eaux hispaniques, une déconvenue qui va pousser notre équipage à vouloir récupérer leur bien, peu importe la méthode.

Avec un précieux sésame enfermé entre les quatre murs d’un bâtiment réputé inviolable, l’entreprise criminelle menée par nos loups de mer est au centre de toutes les attentions, avec un tas de soucis techniques à l’horizon, la plus importante étant une chambre forte synonyme de piège mortel pour quiconque s’y introduirait. Un problème de taille autour duquel va s’articuler le scénario, le but étant de trouver le point faible de ce bijou d’ingénierie afin de réussir un braquage tout en finesse. Suivant un chemin tout tracé, Braquage Final suit à la lettre le cahier des charges d’une telle production avec l’introduction d’un nouveau membre pouvant être la solution à leur mission à priori impossible, à savoir Thom, un étudiant ingénieux et plein de ressources. C’est à travers son regard novice que nous suivons les préparatifs de ce coup fumant et si ce choix a pour but d’apporter un sentiment de fraîcheur, ce qui arrive de temps à autres grâce à la prestation solide de Freddie Highmore – qui est le seul personnage intéressant du long-métrage car moins stéréotypé que ses camarades de jeu – cela n’empêche pas un certain sentiment de redondance à cause d’une trame classique avec séquences d’infiltrations et obstacles en cours de route.

Les amateurs du genre devraient tout de même apprécier le dernier acte du film, où un certain sens du spectacle est de mise avec un cambriolage devant se dérouler dans un temps imparti, celui de la finale de la Coupe du Monde, une distraction à priori idéale pour commettre un méfait en relative discrétion. Un séquence divertissante pour un vol pour le moins alambiqué où les lois de la physique et du sport ne font qu’un. Comme dans un match, la partie ne tourne pas toujours à l’avantage du favori avec un camp adversaire coriace qui empêche de mettre le ballon au fond du filet, pour une effraction possédant son lot de retournements de situation donnant un minimum le change et permettant l’instauration d’une atmosphère tendue, un point que l’on doit à la mise en scène convaincante de Jaume Balagueró, qui sait instaurer du suspense et prouve avec Braquage Final qu’il devrait continuer à naviguer dans l’univers horrifique – qui semble davantage l’inspirer.

Malgré de bonnes trouvailles et un casting international de qualité, difficile de se laisser totalement séduire par Braquage Final, qui ne transcende pas son sujet, se contentant de suivre une voie toute tracée n’apportant rien de neuf sous le soleil du film de casse. Si l’on concède que le divertissement est de mise – notamment dans sa dernière partie – le long-métrage se révèle être un essai dans le genre peu convaincant pour Jaume Balagueró.

© TF1 Studio

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