[Critique] The Hunt, lutte (armée) des classes

Cinq ans après Les Survivants, Craig Zobel est de retour à la réalisation avec The Hunt, directement sorti en VOD chez nous, un thriller comprenant au casting Betty Gilpin, Hilary Swank, Emma Roberts, Ike Barinholtz et Justin Hartley, nous entraînant dans une partie de chasse peu orthodoxe et pour le moins sanglante…

Avec The Hunt, Craig Zobel nous propose une satire de l’Amérique qui se veut violente et ironique, pour un carnage teinté d’humour noir.

Le scénario du long-métrage, signé par le tandem Damon Lindelof/Nick Cuse, ne joue pas la carte de la subtilité et se montre digressif, pour un exercice de style qui se rapproche de la série B de par son sujet, à savoir la lutte des classes, transposée à la mode chasse à cour.

Ainsi, nous voici propulsés dans un thriller, qui ne cache pas son propos politique, riches libéraux kidnappant de pauvres conservateurs pour les lâcher dans les hectares de leur propriété et s’amuser à les tuer. Prédateurs et gibiers se font face pour une partie qui démarre sur les chapeaux de roues. Nos principaux protagonistes sont présentés pour aussi vite disparaître dans d’atroces circonstances. Tous les coups sont permis et les victimes tombent comme des mouches, un procédé prenant et ne cessant d’éliminer son casting, nous demandant quels personnages seront au coeur de l’intrigue s’ils perdent tous la vie à vitesse grand V.

De la boucherie initiale, The Hunt devient un jeu de dupes où les survivants restants doivent démêler le vrai du faux dans cet environnement inconnu et hostile et les pièges ne manquent pas, maintenant un rythme soutenu. Cette partie nous permet de se concentrer sur la figure émergente du film, la coriace Crystal, qui tire son épingle du jeu en ne tombant pas facilement dans le panneau érigé devant ses yeux. Cette anti-héroïne va progressivement de victime à bourreau et renverser la vapeur pour un bain de sang au doux parfum de vengeance. Même si ce retour de bâton perd en intensité, la partition décalée de Betty Gilpin, qui campe avec une désinvolture plus qu’appréciable cette baroudeuse sachant manier les armes avec dextérité, fait tout le charme de cette expédition punitive.

Si le traitement sociétal n’est pas caricatural, Lindelof et Cuse faisant passer la pilule à travers les coups de feu et les répliques cinglantes, l’humour aidant à nous faire croire en ce délire. Tout le monde en prenant pour son grade, peu importe ses convictions et son parti, ce qui se révèle plaisant mais les révélations quant aux tenants et aboutissants de cette chasse à l’homme font perdre du mordant à l’ensemble et ce que l’on nous annonçait comme un long-métrage polémique (la promotion s’étant accentuée sur ce point précis, promettant quelque chose d’osé et choquant) s’avère être au final plus lisse qu’autre chose, délivrant une satire sympathique mais peu pertinente, n’étant pas poussée et à la morale facile. Au moins nous avons des références au Lièvre Et La Tortue ainsi qu’à La Ferme Des Animaux, ce qui prête à sourire.

Si la réalisation de Craig Zobel est par contre peu inspirée, se contentant de suivre cette débauche de violence sans réel travail de mise en scène, cela n’empêche pas The Hunt d’être une série B divertissante. À défaut d’être réellement marquante, cette lutte (armée) des classes n’en reste pas moins un jeu de massacre enjoué et un brin barré.

The_Hunt

© Universal Pictures

 

 

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