[Critique] Rebelles, drôles de drames

Onze ans après avoir mis en scène Vilaine avec Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit revient seul derrière la caméra avec Rebelles, qui comprend au casting Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy, Simon Abkarian, Samuel Jouy, Béatrice Agenin et Patrick Ridremont. Le film se centre sur une ancienne Miss Nord-Pas-de-Calais qui se voit revenir dans sa région natale pour repartir à zéro dans la vie mais rien ne va se passer comme prévu et les problèmes vont commencer à s’accumuler…

Avec Rebelles, Allan Mauduit nous concocte une farce macabre, mêlant humour noir et violence gentiment trash pour un résultat rock n’ roll.

Se démarquant des comédies françaises produites actuellement, le long-métrage s’amuse avec les codes du film social et du polar pour livrer une production déjantée. Le scénario, écrit par Mauduit, nous entraîne sur le littoral nordiste, à Boulogne-Sur-Mer, théâtre d’un règlement de compte à la fois sanglant et déluré.

Au cœur de l’intrigue, nous retrouvons un trio de femmes au caractère bien trempé qui vont se rencontrer dans la conserverie dans laquelle elles travaillent pour subvenir à leurs besoins. L’arrivée de Sandra, l’ex-Miss déchue, va servir d’élément déclencheur au jeu de dupes émaillant le film car suite à une tentative d’agression de la part de son supérieur, elle se retrouve avec ses deux collègues avec un cadavre sur les bras ainsi qu’un sac plein d’argent.
Ce point de départ pour le moins incongru va alors lancer Rebelles sur une pente savonneuse, le magot étant au centre de toutes les attentions et entraînant tous nos protagonistes dans une spirale infernale mais surtout complètement délurée. Coincées entre une enquête policière, un pactole et un mort à cacher, notre trio d’enfer va également devoir faire face à des criminels désireux de récupérer ce qui leur appartient. Dans un rythme effréné, les ennuis vont pleuvoir sur la tête de nos tatas flingueuses qui vont sortir les crocs et les armes pour venir à bout de tous ces hommes sans foi ni loi.

Si dans sa globalité, le scénario possède quelques facilités de même que des éléments trop prévisibles, la générosité de ce jeu de massacre où l’on fait parler les poings et la poudre permet d’insuffler une énergie folle et contagieuse, avec des séquences à l’humour corsé. Mais la vraie force du film réside dans l’abattage de son casting féminin. Cécile de France, Audrey Lamy et Yolande Moreau sont au diapason et forment une association complémentaire mais surtout détonante, les deux premières s’appuyant sur l’exubérance de leur personnage, qui sont grandes gueules et n’ont pas froid aux yeux tandis que la dernière joue sur la singularité de son alter-ego à l’écran, dont le calme apparent contraste avec drôlerie sur ses actions. Face aux trois actrices, notons que Simon Abkarian tire son épingle du jeu avec ce rôle de faux-jeton qui cogne d’abord et réfléchit après.

Rebelles est une comédie noire plaisante à suivre, un règlement de compte à Boulogne-sur-Mer riche en rebondissements violents et jubilatoires porté par un trio d’actrices qui laisse transparaître son plaisir de jouer dans ce film débridé et des plus sympathiques.

Rebelles

©Le Pacte

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