[Critique] Pupille, bulle d’amour

Après avoir été découverte avec Elle L’Adore, la réalisatrice Jeanne Herry revient derrière la caméra avec Pupille et, pour porter à l’écran cette histoire tournant autour du thème de l’adoption, s’entoure de Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez, Olivia Côte ou encore Miou-Miou.

Jeanne Herry porte un regard attendrissant sur un sujet sensible qui est traité avec humanité.

Au vu de sa thématique, à savoir l’accouchement sous X et ce qui en découle pour le nouveau-né, désormais pupille de l’État, le scénario aurait pu faire la part belle au pathos pour mieux nous bouleverser. Sauf que le scénario écrit par la réalisatrice elle-même évite soigneusement ce piège en choisissant d’imprégner son récit de douceur et surtout de bienveillance.

Pupille nous décrit de manière réaliste et très précise le fonctionnement des services de l’aide sociale à l’enfance ainsi que celui consacré à l’adoption. Nous suivons les hommes et les femmes travaillant au sein de ces organisations et les détails de la procédure menant à adopter un enfant nous sont présentés. En choisissant de ne pas être didactique et en privilégiant la chaleur humaine à la froideur de l’administration (enquêtes, suivis, débats entre collègues), nous sommes impliqués dans cette recherche d’un parent pour le petit Théo, le nourrisson au coeur du long-métrage.

À la manière d’un film à suspense, le temps est compté pour nos personnages puisque comme l’exige la loi, la mère à deux mois pour revenir sur sa décision de confier son enfant à l’adoption et si ce n’est pas le cas, il faut œuvrer pour trouver une famille aimante pour ce dernier et veiller sur lui attentivement.

C’est là qu’entre en jeu les trois principaux personnages de Pupille à savoir Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et Elodie Bouchez. Les deux premiers sont des membres de services sociaux et sont là pour protéger le jeune Théo tandis que la dernière est une femme qui se bat depuis des années pour adopter. À travers leur parcours, nous constatons la difficulté que représente la garde d’un enfant, que ce soit pour les organisations et les personnes souhaitant adopter. Un parcours du combattant qui est contrebalancé par l’incommensurable amour émanant de tous.

Car malgré la situation, ce qui marque avant tout est la force de ce sentiment qu’est l’amour appuyé par le jeu des acteurs et principalement Gilles Lellouche et Elodie Bouchez qui nous touchent en plein coeur, l’un par sa bienveillance à l’égard des enfants et l’autre pour son combat de mère en devenir. Les deux acteurs seront vous surprendre et vous émouvoir par leur sensibilité, une excellente surprise concernant Gilles Lellouche qui excelle avec sa prestation tout en douceur. Sandrine Kiberlain complète le trio en ajoutant une dose de légèreté et ensemble ils sont un atout majeur à la réussite du film.

Pupille nous enveloppe d’une bulle d’amour avec cette histoire d’adoption qui met en valeur les différents acteurs travaillant au sein des organisations et mettant un point d’honneur à trouver les meilleures personnes possibles pour leurs petits protégés. Avec une réalisation appuyant cette idée de regard compatissant, Jeanne Herry nous emporte dans un monde emplit de tendresse et réussit son deuxième essai en visant le spectateur droit dans le coeur. 

Pupille

©Studiocanal

 

 

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