[Critique] Les Bonnes Intentions, charité bien ordonnée

Quatre ans après L’Odeur De La Mandarine, Gilles Legrand est de retour à la réalisation avec Les Bonnes Intentions, une comédie sociale avec notamment au casting Agnès Jaoui, Alban Ivanov, Claire Sermonne ou encore Tim Seyfi. Le film nous entraîne dans le quotidien d’une quinquagénaire s’investissant énormément dans l’humanitaire et devant redoubler d’efforts pour aider ses protégés lorsque la concurrence se fait ressentir dans le centre social où elle travaille…

Avec Les Bonnes Intentions, Gilles Legrand tente de nous livrer une satire basée sur les clichés liés à la cause humanitaire au sein de notre société.

Comme le dit l’adage, charité bien ordonnée commence par soi-même et en nous immergeant dans le monde d’Isabelle, fille de bonne famille qui consacre sa vie à aider les autres au grand dam de ses proches, le film prend un malin plaisir à pointer du doigt l’hypocrisie des gens face au vivre-ensemble et la bourgeoisie en prend pour son grade.

Si le personnage interprété par Agnès Jaoui paraît la plupart du temps agaçant, les scénaristes se servent de son altruisme immodéré pour le mettre en confrontation à l’individualité ambiante dans notre monde. Avec un humour poil à gratter, la notion du vivre-ensemble est bousculée et c’est l’un des points forts du film.

Malgré cette raillerie, la solidarité est bien entendu présente est sous le ton de la comédie nous suivons les tribulations des élèves d’Isabelle au centre social, qui tentent de s’intégrer en France et vont ensemble passer le permis de conduire. Cette série de mésaventures est agréable à regarder même si la forme est plus classique, cela est du principalement à l’abattage des comédiens dont un Alban Ivanov qui tire son épingle du jeu ainsi que Claire Sermonne.

Mais à trop vouloir en faire et à ratisser large, ces bonnes intentions finissent par perdre de leur valeur à cause de sous-intrigues trop nombreuses entre les problèmes de couple entre Isabelle et son mari Adjin, qui au final plombent plus l’ambiance qu’autre chose de même que celle impliquant une élève du centre, Chuang Mu, qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Au milieu de tout cela ajoutez une compétition entre collègues ou encore des relations filiales compliquées et vous obtenez un long-métrage plombé de temps à autres par ce surplus.
Ce que l’on peut par contre apprécier est le choix de se porter sur l’émotion lors du dernier acte pour mieux nous toucher lorsque le générique retentit.

Les Bonnes Intentions est une comédie sociale sympathique, qui se regarde sans déplaisir mais qui aurait pu se montrer plus mordant et efficace en évitant de se perdre dans un scénario un poil fouillis. La performance des acteurs aide à passer un agréable moment avec une Agnès Jaoui en grande forme, portant le film sur ses épaules et formant avec Alban Ivanov un duo complémentaire. 

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