[Critique] Sauver Ou Périr, panser ses blessures

Pour son deuxième long-métrage en tant que réalisateur, trois ans après L’Affaire SK1, Frédéric Tellier nous entraîne dans une caserne des pompiers de Paris pour une histoire inspirée de faits réels, celle d’un soldat du feu se retrouvant dans un centre de traitement des Grands Brûlés à la suite d’un incident survenu lors d’un incendie. Pour porter ce drame à l’écran, il s’est entouré de Pierre Niney, Anaïs Demoustier, Chloé Stefani, Vincent Rottiers et Sami Bouajila.

Avec Sauver Ou Périr, Frédéric Tellier privilégie la psychologie à l’action et nous fait suivre le parcours d’un homme pour tenter de retrouver un semblant de vie normale après un tragique accident.

Le film nous fait partager le quotidien des pompiers de Paris en nous immergeant au sein d’une caserne où nous découvrons leurs rituels afin que le public puisse mieux cerner l’état d’esprit et les valeurs de ces soldats du feu avant de bifurquer vers le drame avec une séquence visuellement impressionnante.

Sauver ou périr telle est la devise de ces sapeurs-pompiers et ce leitmotiv va être mis en application à l’écran avec la chute de Franck Pasquier, qui voit sa vie basculer alors que tout lui sourit entre carrière prometteuse, femme aimante et naissance de ses filles. Nous sommes témoins de ce qui se passe lorsqu’un soldat du feu tombe au combat et en se centrant sur la reconstruction aussi bien physique que psychologique de son personnage principal, le film gagne en puissance et en profondeur.

La force émotionnelle provient de la souffrance de notre héros dont nous suivons chaque étape de sa convalescence. Dans cette seconde partie du long-métrage, nous sommes immergés dans l’univers hospitalier et plus particulièrement dans un service consacré aux grands brûlés et le processus médical consistant à soigner les victimes nous est détaillé, renforçant notre empathie pour Franck.
L’autre choix intéressant est de s’intéresser également aux conséquences pour les proches des victimes et de la difficulté pour tout le monde de rebondir suite à un tel événement, sujets abordés dans la troisième et dernière partie du film.

Sauver Ou Périr vaut avant tout pour la prestation de ses comédiens, Pierre Niney en tête, livrant une performance épatante avec ce personnage qui doit réapprendre à vivre et s’habituer à sa nouvelle condition. Entre peine, colère et dépression, l’acteur est totalement investi aussi bien physiquement que psychologiquement et parvient avec aisance à nous émouvoir, tout comme les deux actrices du film, Anaïs Demoustier et Chloé Stefani. La première nous communique sa difficulté à faire face à une situation la dépensant totalement, devant rester forte pour sa famille malgré les obstacles et campe avec fragilité une femme combative mais perdue. La seconde incarne avec tendresse et douceur, l’infirmière en charge de Franck Pasquier dont le soutien et l’écoute seront d’une grande aide. Si ce trio forme le coeur du long-métrage, Sami Bouajila et Vincent Rottiers se sont pas en reste et complètent cet excellent casting.

La réalisation de Frédéric Tellier suit au plus près ses personnages et l’immersion à la fois dans le monde des sapeurs-pompiers et dans celui de l’hôpital ressemble à un documentaire pour mieux nous familiariser et nous attacher à ces univers. Si l’introspection est de mise, la caméra sait se montrer énergique lors des séquences mettant en scène des incendies avec un résultat efficace et prenant pour le spectateur.

Avec Sauver Ou Périr, Frédéric Tellier touche le public avec ce parcours du combattant d’un homme qui a vu sa vie partir en fumée, porté par un Pierre Niney au sommet. Cette quête d’identité et de reconstruction est pavé de souffrances et ne laisser pas le public indifférent.

 

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