[Critique] L’Empereur De Paris, en quête d’honneur

Pour leur troisième collaboration après le diptyque Mesrine et le remake d’Un Moment D’Égarement, Jean-François Richet et Vincent Cassel s’attaquent à une figure historique française, Eugène-François Vidocq, qui aura connu un destin iconoclaste durant l’époque Napoléonienne en passant de bagnard à membre d’une force spéciale de la police.
Comptant au casting Olga Kurylenko, Patrick Chesnais, Freya Mavor, Denis Ménochet, Denis Lavant, August Diehl ou encore James Thiérrée et Fabrice Luchini, L’Empereur De Paris a été présenté en avant-première lors de la dix-neuvième édition de l’Arras Film Festival en présence de son acteur principal et de son réalisateur.

Avec L’Empereur De Paris, Jean-François Richet nous concocte un film d’aventure aux allures de blockbuster.

Le scénario écrit par Éric Besnard se veut rythmé et le destin hors-norme de Vidocq nous est conté sans perdre de temps. L’efficacité est au centre du script et très rapidement les principaux protagonistes et enjeux nous sont présentés. La psychologie laisse donc place à l’action et une fois ce parti-pris assimilé le voyage au coeur du Paris napoléonien aux côtés de notre héros se révèle divertissant.

Nous naviguons en eaux troubles et la nuance entre le monde de la justice et le monde de la pègre est mince. Entre les deux se trouvent Vidocq, n’ayant jamais voulu être considéré comme criminel et voulant laver son honneur. De cette volonté d’être gracié, d’obtenir la rédemption à laquelle il tient tant il va se retrouver dos à dos avec les deux milieux. De là nous sommes propulsés dans une quête survitaminée où les péripéties ne manquent pas.

Le moteur du film est donc la détermination d’un homme pour s’affranchir du poids du passé et tenter de vivre un avenir meilleur, un anti-héros solitaire devant travailler en équipe pour mener à bien sa mission et en étant perpétuellement mis à l’épreuve. Les tribulations de cette fine équipe aussi bien dans les bas-fonds que dans les haut-lieux du pouvoir se révèlent distrayantes et le long-métrage sait surprendre le spectateur lors de certaines séquences bien pensées.

Vincent Cassel s’impose dans la peau d’Eugène-François Vidocq et livre une prestation convaincante oscillant entre jeu tout en intériorité, laissant passer ses émotions à travers la silhouette et le visage de son personnage et laissant exploser de temps à autre la rage d’un homme malmené par la société de l’époque dans laquelle il ne s’intègre pas. Face à la présence de Cassel, les autres comédiens tentent de se faire une place mais si Patrick Chesnais, Denis Lavant, Olga Kurylenko ou encore James Thiérée en font parfois un peu trop, Fabrice Luchini joue toujours avec sa verve habituelle, Denis Ménochet est bon dans son rôle de sidekick de même que Freya Mavor qui ajoute une fraîcheur bienvenue, et, dans son rôle d’antagoniste, August Diehl offre un bon contre-poids au jeu de Cassel.

Ce qui marque surtout dans L’Empereur De Paris est la réalisation de Jean-François Richet qui a été inspiré par son sujet et nous plonge dans un XIXème très bien retranscrit, on ressent le budget investi à l’écran et cela fait plaisir à voir de même que le travail sur la photographie qui ajoute du charme à l’image. Surtout, Richet se fait plaisir et sa caméra virevolte, rend Vidocq avec sa silhouette élancée et son haut-de-forme. Enfin des idées de mise en scène émaillent le film et l’action est parfaitement lisible tout en étant rythmée. Du bon travail de la part du réalisateur.

L’Empereur De Paris nous offre une nouvelle incarnation de Vidocq remise au goût du jour et tournée vers l’action pour un résultat divertissant orchestré un tandem Vincent Cassel/Jean-François Richet nous proposant un spectacle généreux, digne d’un blockbuster visuellement, faisant oublier les quelques errances scénaristiques. 

L'Empereur De Paris

 

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