Cinq ans après L’Effort commercial, qui fût auréolé du Prix France TV du meilleur court métrage, Sarah Arnold a repris son ascension du milieu du septième art en s’attelant à son premier long en bonne et due forme avec L’espèce explosive. Soit un polar en trompe-l’œil, puisant dans son côté ‘bestial’ le matériel nécessaire pour prendre à rebrousse-poil son auditoire.
Ancienne diplômée de l’École Supérieure d’Audiovisuel de Toulouse, Sarah Arnold a toujours su attirer la curiosité avec ses passages derrière la caméra, comme en témoigne l’accueil réservé à chacun de ses essais, que ce soit son premier court métrage, Leçon de ténèbres (2010), primé au Festival de Turin mais également Totems qui – en 2014 – repartit du Festival de Locarno avec le Pardino d’Oro. Trois réalisations, saluées par la profession, la confortant dans sa volonté d’affirmer sa patte en tant que réalisatrice.
Ce qui nous amène à L’espèce explosive, un premier film cherchant à sortir des sentiers battus en se voulant à la fois un comédie noire en milieu rural empruntant les codes du thriller policier pour mieux proposer une expérience hallucinée sur la nature primaire de l’Homme. Se situant dans un patelin du Nord-Est de la France, celui-ci se concentre sur l’enquête d’un gendarme sanguin muté dans la région, devant éclaircir les zones d’ombres quant à une affaire d’homicide perpétré par un céréalier au bord du gouffre ayant pété les plombs il y a de cela un an. Sauf que cette affaire va rapidement entraîner notre protagoniste dans ses retranchements, tandis qu’il doit faire face à ses propres démons.
Sur fond de conflit entre chasseurs et agriculteurs, envenimé par les ravages de sangliers aux proportions gargantuesques, cette investigation en rase campagne pourrait très vite prendre des allures de randonnée chaotique dans le moi intérieur de cet agent de l’ordre en plein désordre, peu aidé par ses camarades d’infortune – dont une psychologue à fleur de peau, qui ne va pas arranger la situation. Porté par des personnages assurément borderline, L’espèce explosive prend ainsi les atours d’un ofni caustique, qui devrait susciter des réactions diverses et variées (comme ce fût le cas lors de sa présentation à La Quinzaine des Cinéastes à Cannes, qui s’est tout de même soldé par l’obtention du Label Europa Cinémas). Comprenant Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne au casting, ce passage au format long de Sarah Arnold est attendu pour le 7 octobre en salles.

Synopsis :
Dans la campagne du Nord-Est de la France. Les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot. Quand un notable du coin le pousse à bout, il déraille et disparaît. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, mène l’enquête. Entre intuitions fulgurantes et ratés spectaculaires, ses méthodes approximatives le mènent sur la piste des Attilas, des sangliers aux dimensions hors normes. Mais sa récente rupture amoureuse et la vodka dans laquelle flotte son cerveau n’aident pas. Heureusement, il y a Stéphane, la nouvelle psy de la gendarmerie : elle est là pour mettre un peu d’ordre dans son chaos — à moins que ce ne soit l’inverse ?