[Critique] Love, Simon : Message(s) d’ouverture

Paru en Janvier 2012, Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens, roman Young Adult écrit par Becky Albertalli a connu un grand succès aux États-Unis et suite à cela une adaptation cinématographique a été développée. Réalisée par Greg Berlanti, qui a déjà mis en scène les films Le Club Des Coeurs Brisés et Bébé, Mode D’Emploi, celle-ci comprend au casting Nick Robinson, Katherine Langford, Alexandra Shipp, Logan Miller, Keyinan Lonsdale, Jorge Lendeborg Jr. ainsi que Jennifer Garner et Josh Duhamel. Love, Simon nous plonge dans le quotidien de Simon Spier, un adolescent qui a une famille aimante et des amis sur qui il peut compter mais qui leur cache un secret, il est homosexuel et n’est pas encore prêt à le dire à son entourage. Quand il va se rendre compte qu’un élève de son lycée est dans le même cas que lui, sa vie va changer.

Avec Love, Simon, Greg Berlanti nous offre un teen-movie dans la lignée de l’ère John Hughes où baigne une atmosphère douce-amère, où les bons sentiments priment au final et surtout sans jamais s’abaisser à la vulgarité.

Certes le film n’évite pas au départ les clichés du genre avec l’introduction d’un personnage principal entouré d’une famille aimante, d’une bande d’amis inséparables, vie scolaire dans un lycée où tout le monde connaît tout le monde avec un directeur jouant à fond l’attitude cool.

Mais dès que le scénario écrit par Isaac Aptaker et Elizabeth Berger s’affranchit de ces règles de base avec la mise en avant de l’homosexualité cachée de Simon, le long-métrage se veut pertinent sur la société d’aujourd’hui et surtout permet à la communauté LGBT d’avoir des protagonistes auxquels s’identifier et cette action est louable car cela reste rare au cinéma et encore plus dans les teen-movies/comédies romantiques. Il y a d’ailleurs une petite réflexion sur le coming-out qui donne lieue à une séquence bien pensée.

Love, Simon nous montre, sans jamais verser à fond dans le sentimentalisme ou dans le larmoyant, la difficulté à notre époque de pouvoir s’assumer quelque soit son orientation sexuelle. Les adolescents peuvent être cruels et manquer énormément de jugements,  ce que représente très bien l’utilisation des réseaux sociaux dans le film avec une page réservée aux rumeurs et commérages, où les gens de parlent librement et anonymement. Ceci sera l’élément déclencheur de l’intrigue, avec un élève du lycée révélant qu’il est gay.

Cela va générer une storyline aux multiples ramifications car cela permettra à notre jeune héros de pouvoir s’ouvrir à cet homme mystère avec qui il partage le même secret, instaurant ainsi une relation entre les deux qui n’est pas sans rappeler Vous Avez Un Mess@ge de Nora Ephron. Cet échange épistolaire 2.0 permet à Simon de s’ouvrir à quelqu’un et de s’assumer chaque jour un peu plus. Ce lien étroit qui s’établit entre les deux correspondants est la partie la plus humaine du long-métrage, celle qui réchauffe le coeur, tout comme son final.

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Et au contraire, l’attitude manipulatrice de certains pour parvenir à leurs fins contraste avec les bons sentiments émanants de Love, Simon et là aussi en appuyant juste quand il faut sur cette notion de harcèlement, les scénaristes n’en font pas trop même si la caractérisation du personnage de Martin (Logan Miller) est parfois exagérée. Mais globalement, on voit bien pourquoi certains hésitent à se dévoiler quand on voit l’imbécillité et le machiavélisme de quelques individus.

Heureusement, ce que le dernier acte du film veut souligner est que les gens doivent s’accepter pour pouvoir être eux-mêmes et vivre la vie qu’ils méritent. Sortir du placard comme l’expression le dit ne devrait pas être aussi compliqué et les gens devraient être plus compréhensifs envers les autres peu importe leurs choix de vie. La tolérance est ce qui doit primer dans notre monde et ce que délivre Love, Simon est un message d’espoir et d’ouverture d’esprit. Car si dans le film, Simon peut compter sur le soutien sans faille de sa famille, nous savons que ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde dans ce bas monde.

Saluons le jeu d’acteur de Nick Robinson qui porte clairement Love, Simon sur ses épaules avec un jeu tout en sensibilité, rendant son personnage attachant, ce qui est aidé par sa relation avec les parents inacarnés par Jennifer Garner et Josh Duhamel qui jouent tout en sincérité, tout comme le jeune Talitha Bateman qui incarne la petite dernière de la famille Spier. Parmi les fréquentations de Simon, retenons avant tout les jeux de Katherine Langford (Leah, la meilleure amie) et Keiynan Lonsdale, qui parviennent à instaurer une belle alchimie avec Nick Robinson, on croit à leurs histoires. Par contre, personnellement, je n’ai pas ressenti la même chose avec Alexandra Shipp et Jorge Lendeborg Jr, que j’ai trouvé moins convaincants. Par contre Logan Miller sait jouer les têtes à claques mais en fait quand même des tonnes tout comme Tony Hale dans le rôle du proviseur.

Quant à la réalisation de Greg Berlanti, elle se trouve être minimaliste avec peu de séquences marquantes visuellement, on peut citer les séquences du coming-out ou de la comédie musicale et encore. Après cette mise en retrait peut s’expliquer par le choix de se concentrer sur sa direction d’acteur pour que la valse de bons sentiments fonctionne, ce qui est le cas.

Love, Simon marque un tournant dans l’histoire du teen-movie en étant le premier à mettre en scène une histoire d’amour homosexuelle et il était temps que ce pas soit franchit car tout le monde à besoin de se voir représenter, de pouvoir s’identifier à des personnages. Si quelques poncifs du genre ont la dent dure, le film n’en reste pas moins une belle petite comédie romantique, qui n’est pas sans défaut mais qui vaut le coup d’oeil pour cette ouverture d’esprit et ce côté fleur bleue doux et amer. Mention spéciale au casting et notamment à Nick Robinson qui permet à Love, Simon d’avoir cette touche de douceur.

 

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