[Critique] Momo : On ne choisit pas sa famille

Dernière comédie française de cette année 2017, Momo est l’adaptation de la pièce de théâtre éponyme écrite par Sébastien Thiery, dans laquelle il a joué face à François Berléand et Muriel Robin le rôle de Patrick, un homme sourd qui vient se présenter chez un couple, les Prioux, prétendant être leur fils. Après les représentations de Septembre 2015 à Janvier 2016, Momo a ensuite eu la possibilité d’être adapté pour le cinéma. Pour le grand écran ce sont Catherine Frot et Christian Clavier qui reprennent le flambeau, Sébastien Thiery en plus d’en être le co-réalisateur avec Vincent Lobelle continue d’interpréter Patrick et Pascale Arbillot complète la distribution. Tout comme dans la pièce, l’histoire reste la même, la rencontre entre les Prioux et cet individu qui entre en contact avec eux en leur déclarant être leur enfant sauf qu’ils n’en ont jamais eu…Auraient-ils occultés un tel événement ?

Niveau comédie française, cette année 2017 aura été très particulière avec beaucoup de ratages et de films polémiques, on pense notamment à GangsterdamÉpouse-Moi Mon Pote ou encore À Bras Ouverts qui ont eu le droit a des éditos cinglants dans les journaux et des critiques virulentes. Christian Clavier qui jouait dans ce dernier a également été au casting de Si J’étais Un Homme qui n’était pas non plus très glorieux. Momo suit-il cette tendance ? Malheureusement oui.

Le long-métrage jongle entre deux sujets à savoir le handicap avec Patrick et sa femme qui elle est aveugle mais aussi la famille avec les Prioux qui n’en a jamais fondé et qui vont se découvrir un fils du jour au lendemain en la personne de ce fameux Patrick sorti de nul part. Avons-nous affaire à un escroc ou le couple n’a plus aucun souvenir de cet enfant ? Cela semble dès le départ difficile à avaler un tel oubli mais si le personnage de Christian Clavier est plus que méfiant, celui de Catherine Frot nourrit l’espoir que ce fils soit le sien. Et Momo aurait mieux fait de ce concentrer sur ce thème familial plutôt que de s’essayer à de l’humour sur le handicap avec des blagues clichées qui ne font plus rire personne : Commençons avec le running gag lié à la surdité de Patrick, oui on ne le comprend pas tout le temps mais le dire toutes les cinq minutes est agaçant. Ensuite comment guide-t-on un aveugle ? En l’appelant comme un chien à base de claquements de doigts, de divers bruits buccaux. Ce n’est absolument pas drôle. Essayer de prouver que Patrick est un menteur en prouvant qu’il n’est pas sourd sert déjà un peu plus la trame mais là encore c’est raté.

Par contre évoquer le mal-être de madame Prioux qui a toujours eu envie d’avoir un enfant et qui voit enfin son attente récompensé par l’arrivée de Patrick et sa femme est déjà plus intéressant. Son mari ne la comprend pas car elle est prête à croire cette situation ubuesque. L’alchimie entre Catherine Frot et Christian Clavier est palpable mais ce qui dénote à la crédibilité du couple et que ce dernier ne sort jamais de sa zone de confort et fait les même mimiques alors qu’il aurait dû être plus sobre pour être en harmonie avec Catherine qui, si elle semble moins à l’aise dans la partie humour arrive à insuffler au film une dose d’émotion. Et c’est ce point précis qui aurait dû être appuyé. Car du côté de Patrick? celui-ci veut retrouver ses parents pour lui présenter sa femme et prendre un nouveau départ car ceux-ci l’ont abandonné. Le drame n’est jamais loin mais il est à peine effleuré, au profit de la comédie. Dommage car il y avait matière à creuser et en décidant de ne pas s’y attarder la déception est présente, surtout quand nous découvrons le dénouement du film qui est complètement bâclé, avec une résolution de l’intrigue en deux minutes puis générique.

S’il fallait donc sauver quelque chose de Momo ce serait le jeu de Catherine Frot qui allie humour et émotion tout en finesse et les quelques rares tentatives de Sébastien Thiery pour ajouter de l’épaisseur, de la profondeur à son long-métrage.

Comédie qui ne fait malheureusement pas rire, Momo se vautre totalement en se concentrant sur un humour bas de gamme et un ramassis de clichés sur le handicap. Le long-métrage aurait gagné à être un film dramatique sur les liens familiaux (ou plutôt cette absence de liens) car les seuls moments où le film se montre pertinent sont ceux où le drame pointe le bout de son nez. 

 

4 réflexions sur “[Critique] Momo : On ne choisit pas sa famille

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