[Critique] Colossal , ou ces monstres qui sommeillent en nous

Sorti chez nous directement en VOD (disponible sur MyTF1VOD) , Colossal est le nouveau long-métrage du réalisateur espagnol Nacho Vigalondo qui , après s’être concentré sur le thriller/l’horreur avec Timecrimes , V/H/S Viral et Open Windows , décide de genre et de s’attaquer au film de Kaijū (terme japonais pour désigner ces monstres géants friands de destructions massives) à sa manière.

Avec au casting Anne Hathaway , Jason Sudeikis et Dan Stevens notamment , Colossal nous raconte les mésaventures de Gloria , une jeune new-yorkaise , qui est forcée de retourner dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Lorsque son arrivée coïncide à la destruction de Séoul par une créature gigantesque , Gloria découvre que ses actes sont étrangement connectés à celle-ci. Tout devient hors de contrôle, et Gloria va devoir comprendre comment sa petite existence peut avoir un effet si colossal à l’autre bout du monde…

Que vaut cette plongée dans l’univers des Kaijū sous la direction de Nacho Vigalondo ? Et bien Colossal est une bonne petite surprise , un mélange des genres rafraîchissant !

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Le film arrive à jongler entre comédie romantique , film de monstre et le drame. Et même si le scénario a quelques défauts , Colossal marque par son originalité. Débutant de manière légère avec cet aspect rom-com , on s’enfonce peu à peu dans la noirceur et cela s’avère inattendu et plus profond que prévu. On a un film de Kaijū indépendant , ce qui donne un air de vent frais au genre. Oubliez les récents Godzilla et Kong : Skull Island , la place n’est pas au grand spectacle mais à l’introspection. Les éléments centraux du long-métrage sont ses personnages , plus particulièrement Anne Hathaway et Jason Sudeikis. On entre dans leurs têtes pour analyser leurs psychés et c’est la que Colossal trouve toute sa force. Les monstres sont présents physiquement et psychologiquement. Nous avons nos démons , qui sommeillent en nous et qui , comme les Kaijus , peuvent prendre plusieurs formes et la vraie question est de savoir si on peut les affronter et remonter la pente ou totalement si abandonner peu importe les conséquences. Un film de monstres avec autant de profondeur , original n’est-ce pas ?

Passons aux acteurs et plus particulièrement à nos deux têtes d’affiches. Débutons avec Anne Hathaway qui dans son rôle de Gloria , confirme une fois de plus son talent. Cette pauvre Gloria , fêtarde invétéré qui doit quitter New-York pour retourner dans sa ville natale , arrive à nous faire rire avec ses mésaventures et sa bonne humeur mais va vite constater qu’au fond d’elle quelque chose ne va pas et qu’il va falloir qu’elle reprenne sa vie en main. Ce retour aux sources et cette histoire de monstre , va la pousser à cette réflexion. Anne Hathaway nous interprète une Gloria charismatique , avec des défauts mais qui tente de les surmonter. Un jeu tout en nuances où elle peut se permettre de montrer toute sa palette de jeu , du rire aux larmes.

À ses côtés , Jason Sudeikis ne démérite pas et se permet d’être une des bonnes surprises du film. Comme à son habitude , il interprète une personne joviale , bien sous tout rapport , Oscar , qui contrairement à Gloria n’est jamais parti de leur ville et tient désormais le bar local. Chaleureux et bienveillant , ses retrouvailles avec elle vont leur permettre de se rapprocher et de redevenir les amis qu’ils étaient enfants. Un nouveau point de repère pour Gloria et quelqu’un sur qui elle peut compter. Habituel de la plupart des rôles de l’acteur , celui d’Oscar va tout de même lui permettre de nous surprendre puisqu’il va dévoiler de nouvelles facettes de son jeu. Jason Sudeikis se montre sous un jour nouveau , ce qui est surprenant mais très plaisant à voir et surtout que l’on aimerait revoir.
Les autres acteurs se défendent bien et ne sont pas en reste , mais la principale attraction du long-métrage reste cette collaboration entre Anne Hathaway et Jason Sudeikis.

La réalisation de Nacho Vigalondo se veut au plus proche de ses personnages pour mieux exploiter leurs émotions , il ne cherche pas à faire dans la surenchère niveau action et effets spéciaux. Quelques bonnes idées de mise en scène par ci , par là mais généralement cela reste classique, pour coller au plus sur le concept de film indépendant.

Avec Colossal , Nacho Vigalondo signe un film de Kaijū pour le moins original où les monstres occupent une place pour le moins surprenante. Servi par un duo Anne Hathaway/Jason Sudeikis complémentaire , Colossal est un melting-pot de genres , un ovni qu’on prend plaisir à découvrir.

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