Neuf ans après le court-métrage VR Planet ∞, la réalisatrice franco-japonaise Momoko Seto part à la conquête du septième art avec Planètes, un film synonyme de voyage initiatique – se consacrant au périple de quatre graines de pissenlit rescapées d’un cataclysme ayant ravagé leur habitat naturel…
Passée par l’école des Beaux-Arts, Momoko Seto aura mis son savoir-faire au service de la science en travaillant pour le compte du CNRS, ce qui lui aura permis de faire de notre environnement un acteur à part entière de sa série de documentaires (trois courts et une expérience de réalité virtuelle) et ce portant son regard sur l’infiniment petit. Une démarche créative, faisant office de signature, qui se perpétue au format long avec Planètes, une invitation à la réflexion quant à la sauvegarde de notre planète, quant à la difficulté de trouver un nouveau chez-soi lorsque l’on est arraché à sa terre et à ses racines. Un double niveau de lecture synonyme de terreau fertile pour la réalisatrice, qui prend le pas de l’odyssée contemplative pour nous en mettre plein la vue mais aussi plein les oreilles.
Car avec cette œuvre, le spectateur est amené à se laisser imprégner par ce qui se déroule sous ses yeux, alors que se dessine une fable écologique, se servant du vivant pour donner du corps à son intrigue. Ou quand des akènes de pissenlit devienne les héros d’une aventure stylisée, où faune et flore ne font qu’un sur l’autel de la fiction. Suite à un holocauste nucléaire, quatre de ces petites graines en devenir se retrouve propulsés vers le cosmos, abandonnés à leur sort…jusqu’à ce que le destin les amènent à entrer dans l’atmosphère d’une planète inconnue – un nouveau foyer pour le moins hostile pour eux. Au gré du vent et de leurs pérégrinations dans un environnement qui n’opère pas aux mêmes règles que leur ancien habitait, nos protagonistes vont apprendre à survivre, ce qui ne sera pas une mince affaire.
Une histoire d’acclimatation dans un univers quasi-onirique, sachant tirer profit de sa durée (environ 1h15) pour multiplier les péripéties et mettre nos akènes face à des éléments tantôt calmes, tantôt déchaînés. Un chemin de croix naturaliste, qui nous captive par son sens de la narration mais surtout de la mise en scène, avec cette volonté de capter la vie dans son plus simple appareil et de l’intégrer à un macrocosme aux frontières du réel. Les animaux avancent à leur rythme, tandis que les fleurs, champignons et autres acteurs de la biodiversité évoluent à vitesse grand V grâce à l’utilisation du time-lapse, outil aidant à conférer une certaine poésie à Planètes, une curiosité qui se veut une expérience à part entière.
Avec Planètes, Momoko Seto signe une odyssée naturaliste où le vivant joue un rôle clé devant et derrière la caméra, faune et flore travaillant conjointement à donner du corps à une expérience immersive et contemplative qui vaut le coup d’œil.

1 a réfléchi à «[Critique] Planètes, la nature trouve toujours son chemin»