Chapeautée depuis deux opus par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, Scream change une fois de plus de chef d’équipe, Kevin Williamson ayant été appelé à la rescousse pour mener à bien le septième film de la franchise – qui aura connu quelques couacs côté production. Pouvant compter sur la présence de Neve Campbell, Courtney Cox, , Isabel May, Jasmin Savoy Brown, Jack Champion, McKenna Grace, Joel McHale ou encore Anna Camp, celui-ci voit un nouveau Ghostface (re)surgir dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie…
Trois ans après un sixième volet synonyme d’escapade meurtrière au cœur de New York, la saga Scream effectue un virage à 180° en préférant se retourner sur son propre passé plutôt que d’avancer vers de nouveaux horizons et ce suite à un remue-ménage de taille en coulisses – menant ainsi à un chapitre ayant clairement le c*l entre deux chaises.
Petit retour en arrière. En 2022, passée une absence de plus d’une décennie, principalement due au décès de son instigateur Wes Craven, la franchise a cherché à se réinventer via l’exercice du legacyquel, qui fût opéré par le tandem Matt Bettinelli-Olpin/Tyler Gillett. Une tentative de renouveau qui a tapé dans l’œil du public puisque ce cinquième épisode de Scream a été synonyme de succès avec un box office mondial de l’ordre de 137,7M$, confortant le studio dans sa volonté de battre le fer tant qu’il était chaud. Ce qui a mené à la production express d’un sixième film, qui conforta la place de la nouvelle génération de personnages incarnés par Melissa Barrera, Jenna Ortega, Jasmin Savoy Brown et Jack Champion au sein de la mythologie.
Là aussi, les spectateurs furent au rendez-vous puisque ce volet récolta pour sa part 166,5M$ (se rapprochant du record, détenu par l’œuvre originale, qui avait cumulé 173M$ en 1996). Un massacre dans les rues de la Grosse Pomme semant les graines d’une énième suite. Sauf qu’en coulisses, rien ne s’est passé comme prévu – des perturbations venant transformer en profondeur la trame de ce Scream 7. Melissa Barrera, qui incarnait Sam Carpenter, a ainsi été exclue du casting en raison de ses commentaires sur les réseaux sociaux au sujet du conflit israélo-palestinien tandis que Jenna Ortega, a quitté le projet en raison « d’un problème d’emploi du temps ». Ajoutez à cela le départ surprise du réalisateur attitré au long-métrage, Christopher Landon, suite au déferlement médiatique qui a suivi la mise au placard de Barrera et vous obtenez un sacré chaos. De ce fait, Spyglass et Paramount ont fait appel à l’homme derrière le script du Scream original, Kevin Williamson, pour reprendre ce navire en perdition ainsi qu’à Neve Campbell – increvable Sydney Prescott – de retour en haut de l’affiche après avoir été éclipsée du précédent film.
De quoi initier un nouveau retour aux sources, alors que ‘Ghostface’ revient à ses premières amours, faire de la vie de Sidney un enfer. En s’articulant sur notre final girl et sa progéniture, Scream 7 aborde la question de la transmission mais aussi de l’identité – le tout avec cet aspect méta qui fait le charme de l’univers. Ici, les fantômes du passé viennent perturber le quotidien la famille Prescott, en particulier Tatum – qui semble suivre malgré elle la trajectoire maudite de sa célèbre mère – devenant une cible privilégiée de tueurs aux obscurs motifs. Ce qui permet à unir la fille aînée de la fratrie avec sa génitrice, au gré des attaques touchant leur foyer. Des amis et des proches faisant office de brochettes de victimes en devenir, histoire de proposer des mises à mort en bonne et due forme, pliant aux fluctuations d’un scénario écrit à la va-vite, ayant du mal à trouver sa raison d’être.
En se repliant sur elle-même, la marque Scream ne peut donc éviter la redite et ce en dépit des quelques bonnes idées esquissées à l’image de l’utilisation de l’intelligence artificielle – qui permet à Kevin Williamson de se jouer d’une rumeur persistante depuis des années quant à la résurgence d’un personnage emblématique qui pourrait avoir survécu à la chute d’une télévision sur sa caboche…Une histoire de manipulation aidant à se laisser divertir un minimum par ce qui se passe à l’écran, d’autant plus lorsque cela permet à Neve Campbell de nous rappeler qu’elle est l’âme de la saga. En dépit de ses efforts, l’actrice doit composer avec un script sentant un peu trop le réchauffé en terme de construction scénaristique, comme en témoigne la trajectoire de Tatum – et le massacre de son cercle intime.
Comme pour les chapitres cinq et six, l’acte final manque de piquant, les balbutiements de l’intrigue s’exposant au grand jour – impliquant donc une certaine responsabilité de la part de Guy Busick, qui officie à l’écriture depuis le legacyquel (ici en collaboration avec Williamson). Reste alors les rares coups d’éclats de la mise en scène, inspirée lors de l’incandescente scène inaugurale ou d’une torture théâtrale, qui insufflent un semblant d’âme à ce Scream 7, clairement produit à la va-vite. Vu les résultats du long-métrage au box office, nul doute qu’un épisode huit sera développé. Espérons que l’équipe créative retrouvera son Mojo.
Avec son septième opus, la saga Scream se replie sur elle-même, convoquant les fantômes de son glorieux passé pour se refaire une santé – sans réellement y parvenir faute d’un script convaincant.

Très chouette analyse ! Tu mets bien en lumière le contexte chaotique de production, et je pense aussi que c’est la clé pour comprendre ce Scream 7 un peu schizophrène : à la fois tentative de retour aux sources avec Sidney et produit bricolé dans l’urgence après le départ de Barrera et Ortega.
Je te rejoins complètement sur le côté “saga qui se replie sur elle-même”. On sent que le film regarde constamment dans le rétroviseur au lieu d’ouvrir un nouveau chapitre. Et comme tu le soulignes, même le méta-discours – pourtant ADN de la franchise – semble tourner un peu à vide cette fois-ci.
De mon côté, j’ai eu la même impression dans ma critique sur CritiKs MoviZ : quelques idées intéressantes, quelques séquences efficaces, mais un scénario qui donne l’impression d’être écrit pour réparer une production accidentée plutôt que pour raconter une vraie nouvelle histoire.
Au final, ce n’est pas un désastre total, mais clairement un épisode de transition, presque un film-pansement pour la saga. Reste à voir si le huitième saura vraiment relancer la machine… 🔪👻