Onze ans après The Golden Horse, qui n’avait pas su se frayer un chemin vers les salles obscures françaises, le réalisateur letton Reinis Kalnaellis s’est attelé à son second long-métrage. Intitulé Thelma du Pays des Glaces, celui-ci se centre sur les tribulations d’une jeune pingouin se retrouvant par inadvertance transportée loin de chez elle…
S’étant fait la main sur des courts-métrages tels que Singing Hugo et His Incredible Adventures, Reinis Kalnaellis peut désormais affirmer sa patte dans le milieu du septième art, comme le démontre son second essai grandeur nature, qui se veut une odyssée givrée ne manquant pas d’atouts dans sa besace. Avec Thelma du Pays des Glaces, le réalisateur prend le chemin de la fable philosophique, où à travers une quête initiatique emprunte de naïveté (film pour enfants oblige) se précise les traits d’une réflexion sur les questions de l’autorité, de la puissance émotionnel des liens du sang et bien entendu du dérèglement climatique, alors que l’on suit les pérégrinations de notre protagoniste, une femelle pingouin éprise de liberté.
Evoluant dans un empire gouverné par un souverain adepte du culte de la personnalité, Thelma rêve de pouvoir fêter son anniversaire (ce qui est interdit) et de convier ses amis à une petite fête pour l’occasion. N’ayant pas froid aux yeux, notre jeune héroïne va vouloir défier l’ordre et poster ses cartons d’invitations, acte de bravoure se transformant en élément déclencheur d’un voyage d’un bout à l’autre d’un monde ne demandant qu’à être exploré. Transportée par mégarde avec son courrier, notre pingouin n’aimant pas le froid va voir de ses propres yeux la richesse de l’environnement qui l’entoure et ce en compagnie des être l’ayant recueilli lorsqu’elle venait d’éclore – le couple formé par le chat Wilhem et la souris Sophia. Ensemble, notre trio va tracer sa route et croiser une farandole de personnages sortant de l’ordinaire.
C’est d’ailleurs cette volonté de jouer la carte de la bizarrerie qui confère à Thelma du Pays des Glaces son cachet, palliant les détours pris par son intrigue par une animation de toute beauté, Reinis Kalnaellis alliant personnages 3D et décors 2D pour à cette œuvre une texture digne d’un roman graphique jeunesse. Une patine donnant de l’éclat à cette aventure à. travers les espaces brumeux et enneigés de cet univers onirique, emplit de poésie. Ce qui aura de quoi émerveiller les plus jeunes, cœur de cible de cette production lettone des plus léchées.
