Cumulant les projets à un rythme effréné, François Ozon ne semble pas prêt de ralentir la cadence – restant un homme surbooké après plus de trois décennies de carrière dans le milieu du septième art. Preuve en est, quelques mois à peine après la sortie de son vingt-troisième long-métrage, Quand vient l’automne, le réalisateur s’est s’embarqué dans un projet synonyme d’incursion dans ce vaste domaine qu’est la littérature, source inépuisable d’inspiration.
Un exercice de transposition que le cinéaste connaît par cœur, s’y étant déjà attelé par le passé pour les besoins d’Angel, Une nouvelle amie, Été 85 ou encore Tout s’est bien passé, qui prenaient entre autre appui sur des récits d’Elizabeth Taylor, Ruth Rendell, Aidan Cahmbers, Emmanuelle Bernheim. Mais cette fois, ce dernier a jeté son dévolu sur le premier roman d’un écrivain français emblématique du XXe siècle, en l’occurrence L’Étranger écrit par Albert Camus en 1942.
Soit une œuvre phare du sixième art, servant de pierre angulaire de la tétralogie le cycle de l’absurde (incluant également l’essai Le Mythe de Sisyphe ainsi que les pièces Caligula et Le Malentendu), plongeant le lecteur dans l’Alger des années 30 afin de suivre le quotidien de Meursault, un homme se voulant l’incarnation de l’indifférence et de l’apathie, son incapacité à ressentir un quelconque sentiment face aux vicissitudes de la vie l’amenant sur la mauvaise pente, ses actions l’amenant à finir en prison suite à un meurtre.
Déjà porté sur grand écran en 1967 par Luchino Visconti, L’Étranger va donc se présenter à un nouveau public sous la direction de François Ozon. Fort de son intrigue, évoquant avec philosophie la difficulté de l’Homme à comprendre le monde dans lequel il déambule, ce drame se veut intemporel. Il n’est donc pas étonnant de voir un auteur tel que notre réalisateur s’essayer à une relecture. Attendue pour le 29 octobre dans les salles obscures, cette adaptation cinématographique sera portée par Benjamin Voisin, qui prend le relais de Marcello Mastroianni dans la peau de l’énigmatique Meursault, mais également Rebecca Marder, Pierre Lottin, Swann Arlaud ou encore Denis Lavant.
