Sorti du giron de Marvel Studios en 2023, offrant avec Les Gardiens de la Galaxie Vol.3 son baroud d’honneur, James Gunn revient dans le milieu du septième art avec une double-casquette, celle de patron de DC Studios et réalisateur de Superman. Porté par David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nicholas Hoult, Isabela Merced, Nathan Fillion, Maria Gabriela de Faría, Edi Gathegi ou encore Wendell Pierce, ce premier ouvrage de la firme (filiale de Warner Bros.), se concentre sur le parcours du combattant de Kal-El/Clark Kent, dont les interventions en faveur de l’humanité commencent à susciter le doute – le tout à cause de l’intervention d’un certain Lex Luthor…

Deux ans après avoir pris ses fonctions à la tête de DC Studios aux côtés de Peter Safran, James Gunn est fin prêt à révéler la première Å“uvre cinématographique de la firme, devant amorcer un plan ambitieux pour la Distinguée Concurrence, passée une période pour le moins mouvementée sur grand écran. Et pour inaugurer cette nouvelle ère, quoi de mieux que de se reposer sur un super-héros symbole d’espoir ? Ainsi, plus d’une décennie après Man Of Steel, l’heure est venue de découvrir Superman, ici figure de mètre-étalon pour la feuille de route tracée par les deux hommes. Et d’après ce que l’on vient de voir, la volonté de nos têtes pensantes est de s’enivrer de l’esprit pop propre à l’âge d’or des comics pour se démarquer de ce fameux DC Extended Universe qui aura tant fait couler d’encre.

Sous l’égide de James Gunn, notre kryptonien se pare de son costume le plus coloré histoire de s’envoler vers un horizon bleuté, laissant derrière lui des années à naviguer en eaux troubles sur grand écran. Un retour vers l’aspect solaire du personnage imaginé par Jerry Siegel et Joe Schuster, donnant le la d’une aventure grandiloquente, servant de chapitre inaugural à ce gros morceau que sera Gods and Monsters, première phase de ce DCU en formation. En clair, diverses lignes directrices sont sont esquissées, le tout sans oublier le cÅ“ur de cible du long-métrage, nous rappeler en quoi Superman est un phare dans la nuit, tirant sa force de son empathie – à toute épreuve. Un point essentiel du script orchestré par le cinéaste, qui se veut un éloge de la gentillesse, où l’humanisme prime sur le cynisme.

Et pour s’y faire, quoi de mieux que de mettre notre cher Kal-El à l’épreuve, que ce soit dans sa vie publique et privée ? N’y allant pas par quatre chemins, l’intrigue prend des allures de démystification, s’amusant à égratigner l’image du dernier fils de Krypton pour mieux la redorer dans sa diégèse. Face aux manigances d’un Lex Luthor en mode rageux, notre héros prend constamment des coups, étant attaqué physiquement, dénigré, sans aucun moment de répit. Un acharnement renforçant ironiquement l’aura de notre héros, porté par sa candeur ainsi que son abnégation, surmontant chaque défi en ne perdant jamais de vue son objectif. Protéger son peuple d’adoption, même s’il le lui rend mal. Sur ce point, apprécions la dimension politique du scénario, rappelant le statut d’immigré de Superman et remettant au premier plan le facteur humain – avec un conflit armé entre deux pays qui n’est pas sans rappeler une actualité malheureusement brûlante.

S’il souffre de sa fonction inaugurale d’un univers partagé, devant de fait se partager entre une galerie de protagonistes conséquent (le Justice Gang par exemple) et une intrigue aux multiples ramifications, ce Superman cru 2025 n’en reste pas moins un blockbuster filant à vive allure sur l’autel du divertissement, grâce à l’emphase mis sur la bienveillance par un Gunn désireux de mettre du baume au cÅ“ur à son public. Car ce qui compte dans ce mic-mac pour le moins rocambolesque dans lequel se retrouve englués Clark Kent et ses proches, est le message véhiculé sur l’optimisme. Si l’on peut aisément se laisser envahir par la haine, la rancÅ“ur et succomber à la noirceur il n’empêche qu’à la fin, la bonté triomphe du mal. Ce qui peut s’avérer un brin naïf mais dans le monde d’aujourd’hui, ce trait de caractère revêt d’une attitude punk.

Une approche légère qui fait le charme du film, même si niveau humour quelques tentatives comiques tombent à plat (soulignons tout de même que le réalisateur semble s’être calmé sur les vannes douteuses comparé à ses précédents ouvrages). Autre atout, la prestation du casting, en particulier les attachants David Corenswet et Rachel Brosnahan, nos nouveaux Clark et Lois, qui s’en sortent haut la main dans ces rôles iconiques. À leurs côtés, Nicholas Hoult campe un Lex Luthor détestable à souhait, tantôt froid et calculateur, tantôt colérique et borderline. Un trio central des plus solides, dont on suivra avec plaisir l’évolution de la décennie à venir. Concernant les seconds couteaux (outre l’inénarrable Krypto), Edi Gathegi vole la vedette à ses camarades super-héroïques du Justice Gang dans la peau de Mr. Terrific, à l’honneur d’une séquence musclée remarquée. D’ailleurs, niveau réalisation, James Gunn ne démérite pas, sachant iconiser les principales pièces de son échiquier avec des moments de bravoure qui ne manquent pas de générosité – en dépit d’effets spéciaux abîmant parfois la rétine (en particulier lors d’un sauvetage au sein d’un univers de poche, synonyme de bouillie visuelle).

Attendu au tournant, James Gunn ne s’est pas laissé déstabilisé par la tâche qui lui incombait, proposant avec Superman un blockbuster super-héroïque certes inégal mais loin d’être désagréable à suivre, tirant son épingle du jeu par son humanisme. Maintenant que ses bases sont fermement posées, le DCU va pouvoir prendre de l’altitude avec une certaine sérénité, ayant passé son baptême du feu.

© Warner Bros.

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