Trois ans après L’Effet Papillon, la franchise Les Enquêtes du Département V effectue son retour dans nos salons (inédit en salles par chez nous, le film est disponible en DVD/Blu-ray) avec un sixième opus, intitulé Promesse. Porté par Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi, Joachim Fjelstrup, Hedda Stiernstedt ou encore Helle Fagralid, le polar se concentre sur la nouvelle affaire non classée rouverte par le détective Carl Mørck et sa collaboratrice Rose – à savoir le meurtre d’une jeune fille survenu sur l’île de Bornholm…
Série littéraire à succès, que ce soit sur ses terres danoises que sur le reste du globe, Les Enquêtes du Département V a su trouver sa voie dans le milieu du septième art, la création de Jussi Adler-Olsen inspirant les cinéastes venus du froid, désireux d’apposer leur patte sur cet univers policier à l’atmosphère poisseuse. Amorcé en 2013 avec Miséricorde, ce travail d’adaptation a suivi tranquillement son cours puisque depuis, pas moins de cinq tomes ont déferlés sur les écrans. Et, avec la sortie de Promesse, qui vient de débarquer dans nos bacs, nous voilà face à la sixième enquête de Carl Mørck, Rose et Assad, qui se veut synonyme d’introspection, alors que les fantômes du passé viennent taper à la porte de nos enquêteurs – ou du moins deux d’entre eux.
Avec ce nouveau chapitre s’amorce un récit plus personnel qu’à l’accoutumé, le suicide d’un haut-gradé amenant notre équipe à prendre le large en direction d’une des nombreuses îles du Danemark, Bornholm, dans le but de lever le voile sur une affaire de meurtre non résolue – qui aura obsédé jusqu’à la fin cet ancien collègue de Mørck, amenant celui-ci à revenir en ces lieux chargés d’histoire. Un retour aux sources permettant de craqueler doucement mais sûrement l’armure d’un protagoniste s’ouvrant davantage aux autres – soit un changement perceptible depuis le précédent volet, Effet Papillon, qui marquait les premiers pas de Ulrich Thomsen dans ce rôle qui jusque là collait à la peau de Nikolaj Lie Kaas. Et en abordant ce récit particulier, le réalisateur Ole Christian Madsen et son scénariste Jakob Weis saisissent l’occasion de se distinguer de ce qui avait été précédemment établi au sein de la saga. L’intrigue ici remixée met la pédale douce sur la violence et les instants glauques, présents en filigrane avec moins d’éclats qu’auparavant, l’essentiel reposant sur l’exploration des traumas intérieurs de nos héros, se cristallisant à travers la recherche d’indices pouvant mettre au jour la vérité quant au mystérieux décès de la jeune Alberte Schneider, dont le corps a été retrouvé sur un arbre. Une mort impliquant les habitants de ce soit-disant havre de paix où tout le monde connaît tout le monde, dont les membres une communauté d’adorateurs du soleil, au fonctionnement pour le moins obscur.
Cette investigation offre de ce fait un éclairage nouveau sur Carl donc mais également Rose, qui prend la lumière aux côtés de son collègue alors que la seconde partie du long-métrage – se concentrant sur une infiltration au sein de ce groupuscule – permet de confronter notre femme à ses blessures intimes. Vous l’aurez compris, avec Promesse, se dessine une étude de personnages plus qu’un polar en bonne et due forme, d’où ressort des points précis, tels que l’évocation des liens du sang ou la force de l’emprise sur son prochain. Un pas de côté amplifié par le style de mise en scène appliquée ici, faisant reculer d’un cran la tension pour que le climat austère propre aux Enquêtes du Département V naisse de la prestation des acteurs. Ce qui fonctionne plus ou moins. Ulrich Thomsen semble plus à l’aise avec cette version de Mørck, même si l’ombre de Nikolaj Lie Kaas plane toujours au dessus de sa tête, tandis que Sofie Torp prend du galon et s’affirme dans le rôle de Rose. Par contre, regrettons la mise en retrait d’Assad, qui n’est qu’un second couteau dans ce volet, ce qui ne fait pas les affaires de son nouvel interprète, Afshin Firouzi, qui n’a pas grand chose à jouer – faisant clairement regretter Fares Fares, qui avait eu le temps d’affiner cet alter-ego fictif.
En dépit de ses fluctuations en termes d’écriture et de mise en scène, Les Enquêtes du Département V : Promesse n’en reste pas moins un thriller nébuleux se laissant suivre sans déplaisir, faisant office d’épisode de transition au sein de la franchise – en pleine évolution créativement parlant. Si nous ne sommes pas au niveau des quatre premiers films, remarquons une belle marge de progression par rapport à L’Effet Papillon, la précédente incursion sur grand écran de Mørck et ses acolytes. Ce qui laisse de l’espoir pour la suite de leurs aventures.
