Quelques mois après Géniales !, le distributeur Gebeka Films propose à son public un nouveau programme à destination des tous petits (et des plus grands rassurez-vous), Animo Rigolo. Soit une compilation de trois courts-métrages animés, respectivement mis en scène par Alexandra Allen, Philip Watts et le duo Myriam Schott/Linda Yi s’articulant sur une thématique commune : le monde animal.
Pour aider les enfants à s’ouvrir au monde du septième art et son champ de tous les possibles, les courts et moyens-métrages font office de point d’entrée de choix. Il n’est ainsi pas rare que dans les salles obscures fleurissent de temps à autres des productions à visée pédagogique, rassemblant des œuvres venant de divers horizons histoire de créer un tout cohérent destiné à taper dans l’œil des plus jeunes. Dans cette optique, Animo Rigolo se veut une anthologie synonyme de moment de partage devant comme derrière l’écran, les trois chapitres proposés suivant une trajectoire identique malgré leurs différents types de réalisation, initiant à des valeurs positives en semant les graines du vivre-ensemble et de la solidarité – le tout en privilégiant une atmosphère bon enfant.
L’occasion donc de s’amuser aux côtés d’animaux en tous genres, qu’ils soient préhistoriques ou domestiques, rigolos ou ramollos, minuscules ou noctambules. Et peu importe l’époque ou l’espèce visible à l’écran, la gentillesse prône sur l’animosité puisque tout le monde se retrouve dans le même bateau face à mère-nature, qui peut donner comme reprendre. Comment survivre sur une terre hostile, où le danger peut se trouver n’importe où et prendre des formes multiples ? Eh bien en se serrant les patounes, l’entraide pouvant faire office de salut dans des situations extrêmes, comme le démontre chacune des pastilles mise à disposition des spectateurs. Dans un style très roman graphique, la portugaise Alexandra Allen ouvre le bal, son Foxtale nous présentant un renard qui a les crocs, devant apprendre la coopération pour espérer se substanter, son appétit pouvant être comblé par son pas de deux avec un volatile qui a également l’estomac qui cri famine.
La faim, un sujet servant également le propos du second court de la collection, Bellysaurus de l’australien Philip Watts, qui lui se repose sur le travail du papier et du découpage pour nourrir une plongée en plein jurassique s’articulant sur les déboires d’une jeune dinosaure malmenée par ses congénères et se retrouvant avalée par plus gros qu’elle. Ce qui ne marque heureusement pas sa fin, notre héroïne ayant une épiphanie dans le bidou de hôte d’infortune, le fameux Bellysaurus. Ce qui compte, c’est ce que l’on est au fond de soi. Et même dans l’adversité, on peut se révéler. Un message trouvant un écho dans le gros morceau d’Animo Rigolo, Zoobox, une relecture haute en couleurs du mythe de l’arche de Noé, que l’on doit à un tandem français -Myriam Schott etLinda Yi.
Se reposant sur le concept du stp-motion et le façonnage de la matière plastique, nos réalisateurs nous font suivre la quête désespérée de Kerala, une enfant kangourou impatiente et curieuse, ayant perdu ses parents dans cet immense bateau servant de refuge aux animaux sauvés de la montée des eaux. Se pensant seule, notre mammifère va rapidement constater que la camaraderie est de mise en ce lieu, les animaux dont elle croise le chemin l’aidant à trouver son papa et sa maman. Car il y a les familles de sang et les familles que l’on se crée, ce que souligne Zoobox dans la joie et la bonne humeur, l’espoir étant de mise même dans des cas de figure difficiles – comme ici le déluge.
Se répondant plutôt bien les uns aux autres, les trois courts de cette compilation estampillée Gebeka Films qu’est Animo Rigolo invitent le jeune public à découvrir les multiples manières de raconter une histoire à travers ce monde de tous les possibles qu’est l’animation, permettant d’expérimenter des méthodes de mise en scène pour le moins variées. De quoi constituer une chouette aventure, en compagnie d’un bestiaire mignon tout plein.
