Quatre ans après Comme des phénix : L’esprit paralympique (qui fût proposé sur Netflix), Ian Bonhôte et Peter Ettedgui effectuent leur retour derrière la caméra avec Super/Man : L’Histoire de Christopher Reeve, documentaire saluant la mémoire de l’acteur américain, disparu il y a de cela deux décennies, après une vie faite de succès…mais également d’épreuves.
Depuis le début de leur collaboration, les réalisateurs britanniques Ian Bonhôte et Peter Ettedgui posent leur caméra sur des personnalités au parcours sortant de la norme, que ce soit l’enfant terrible de la mode Alexander McQueen (McQueen) ou des sportifs de hauts-niveaux souffrant de handicap (dans leur précédent essai, intitulé Rising Phoenix en version originale). Pour leur troisième documentaire, le tandem met cette fois en lumière le destin d’un acteur qui aura vu son existence basculer à la suite d’un tragique accident. Christopher Reeve.
À travers Super/Man : L’Histoire de Christopher Reeve notre tandem de cinéastes rendent ainsi un hommage sincère à l’Homme d’Acier, nous rappelant que ce dernier aura su prouver être aussi courageux que son alter-ego fétiche Kal-El alias Superman. Un rôle culte collant à la peau du comédien, qui passa avec succès des planches de théâtre au monde du septième art en passant une audition pour l’adaptation cinématographique des comics de Jerry Siegel et Joe Shuster mise en scène par Richard Donner à la fin des années 70, qui fût pour lui un tremplin dépassant ses espérances. Il faut dire qu’à l’époque, cette production pharaonique fît sensation, aidant à donner une impulsion au genre super-héroïque sur grand écran avec un œuvre servant depuis de mètre-étalon pour de nombreux cinéastes grâce à son équilibre entre grand spectacle, intimisme et humanisme.
Pour Christopher Reeve, ce long-métrage marqua le début d’une belle aventure, celui-ci arborant la cape et les collants du dernier fils de Krypton par quatre occasions de 1978 à 1987, en parallèle de sa carrière – qui lui permit de se distinguer entre autres dans des œuvres telles que Quelque part dans le temps de Jeannot Swarc, Piège Mortel de Sidney Lumet ou encore Le Village des Damnés de John Carpenter. Mais malgré ses efforts pour révéler au public l’étendu de sa palette de jeu, l’aura de Superman était plus forte que tout, éclipsant notre comédien au passage, tous les chemins le ramenant à renouer avec son alter-ego – un symbole dont il est difficile de se dissocier. Un point abordé avec pragmatisme par le documentaire, lui évitant de ce fait qu’une hagiographie pure et simple, que ce soit côté professionnel que personnel, ajoutant ainsi de la nuance au portrait proposé, pour le moins touchant – surtout lorsqu’il se concentre sur l’importance du socle familial dans les épreuves du quotidien et les drames de la vie.
Quand la tragédie s’est abattu avec une force inouïe sur lui lors d’une chute à cheval, notre homme prouva qu’il n’avait rien à envier à Kal-El, redoublant d’abnégation et d’efforts pour ne pas sombrer face à sa nouvelle condition, son accident l’ayant rendu tétraplégique. Une épreuve terrible servant de fil rouge au récit tissé par Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, se servant d’archives inédites et d’images personnelles pour souligner la résilience et la combativité de Christopher Reeve mais également de ses proches, que ce soit sa femme Dana, ses enfants et ses amis tels que l’inénarrable Robin Williams – toujours là pour son camarade de Julliard. Difficile de ne pas être touché par les séquences d’ordre privées et les témoignages poignants de Matthew, Alexandra et Will quant à leur relation avec leur père avant mais surtout après sa paralysie. De quoi clôturer le film sur un vibrant salut à la force de caractère du comédien, qui se sera révélé dans l’adversité comme Superman mais aussi de son cercle intime, des super-soutiens en or.
Preuve en est, même s’ils ne sont plus de ce monde, les travaux du couple Reeve pour l’amélioration des conditions de vie des personnes touchées par les différents types de paralysie neurologique se poursuivent, leur organisation caritative The Christopher & Dana Reeve Foundation (créée en 1996) ayant été préservé par leurs enfants respectifs, qui figurent tous trois au conseil d’administration. Un passage de flambeau aidant à préserver leur mémoire et leur cheval de bataille, l’aide à son prochain. Comme quoi l’altruisme peut être inscrit dans l’ADN.
Avec Super/Man : L’Histoire de Christopher Reeve, Ian Bonhôte et Peter Ettedgui rendent un hommage émouvant à cet Homme d’Acier qu’était le comédien mais tirent aussi leur chapeau à ses super-soutiens, toujours présents pour lui que ce soit dans les bons moments comme dans l’épreuve. Un joli documentaire saluant avec tact la mémoire de Christopher, Dana et leurs proches.
