Rangée des voitures depuis maintenant trente ans, suite à un troisième volet moyennement apprécié et n’ayant pas été un franc succès au box office (119,2M$ sur la surface du globe), la franchise Le Flic de Beverly Hills ressort finalement du garage grâce à l’impulsion de Netflix, qui a donné son feu vert à un quatrième opus. Mise en scène par Mark Molloy, qui signe là son premier long-métrage, ce revival marque les retrouvailles entre Eddie Murphy, Judge Reinhold, John Ashton, Paul Reiser, Bronson Pinchot, qui se voient accompagnés de Taylour Paige, Kevin Bacon et Joseph Gordon-Levitt. Que nous réserve le retour d’Axel Foley sous le doux soleil de Californie ?
Dans une industrie hollywoodienne aimant ressusciter des sagas phares des eighties, cela ne faisait aucun doute que Axel Foley allait reprendre tôt ou tard du service, le tout était de savoir quand. Cela faisait plus d’une décennie que Paramount Pictures et Eddie Murphy essayaient de poursuivre les aventures de notre as de la gâchette et de la coolitude mais les échecs se sont multipliés entre un projet de série avorté et une ébauche de suite repassant sans cesse par la case développement. Mais au bout du compte, ce flou artistique aura pris fin avec l’arrivée de Netflix dans la partie, qui est parvenue à relancer la machine.
Pouvant compter sur la présence du casting original et de Jerry Bruckheimer à la production, lui qui était absent pour le troisième volet, Le Flic de Beverly Hills : Axel F. partait sur de bons rails. Le tout était de voir si Eddie Murphy et ses collègues allaient avoir la matériel adéquat pour que le divertissement soit au minimum au rendez-vous. Comment réintégrer ce casse-cou d’Axel Foley dans la partie, surtout après tant d’années d’absence ? Une question au cœur de l’intrigue de ce quatrième chapitre, qui voit notre flic passer en mode introspection pour cette dernière virée en date dans les rues de la chic Beverly Hills, qui se repose sur les rapports de force entre deux générations aussi bien devant que derrière l’écran.
Face à nos vieux de la vieille composant le casting principal, qui ont définitivement de la bouteille et ne peuvent plus se permettre de rouler des mécaniques, l’idée de les amener à partager l’affiche avec des nouvelles têtes se veut dès lors pertinente de la part des scénaristes Will Beall, Tom Gormican et Kevin Etten, leur but étant d’amener un semblant de vent de fraîcheur à une propriété intellectuelle qui à l’âge de ses artères. Ainsi, cet épisode ouvre une page plus personnelle pour notre protagoniste en introduisant Jane Saunders, qui n’est autre que sa fille. Ce qui permet de montrer une autre facette d’Axel, qui se révèle moins dans son élément quand il s’agit de relations filiales.
Un choix créatif qui effectivement aide à apporter de nouveaux éléments sur lesquels s’appuyer pour amener la franchise sur un terrain un tantinet inédit, tout en offrant à Eddie Murphy de quoi étoffer sa palette, abandonnant de temps à autres ses loghorrées verbales et excentricités pour se montrer plus sérieux qu’à l’accoutumée dans ce rôle qui lui colle à la peau. Ce changement de paradigme aide à initier la trame du long-métrage puisque la résurgence de Foley s’opère à cause d’une affaire à laquelle est liée son avocate de fille ainsi que Billy Rosewood. Une amorce tenant la route, car ayant un véritable enjeu pour nos personnages. On par contre aurait aimé que la ligne directrice tracée par notre trio en charge de l’écriture ne se repose pas sur ses lauriers en éclairant trop rapidement ses cartouches quant à l’enquête policière devant se révéler progressivement devant nos yeux – qui sort les cartes complot et taupe au sein du service de manière nonchalante.
Ne débordant dès lors plus du cadre pré-établi, Le Flic de Beverly Hills : Axel F. déroule son cahier des charges en tout quiétude, alternant appels du pied à la nostalgie à quelques moments de bravoure, soulignant bien la patte Bruckheimer. Si la marque n’a plus la vaillance d’antan, elle s’applique malgré tout à proposer un spectacle calibré malgré les fluctuations qualitatives de son scénario mais également de sa réalisation. Passé une introduction brossant dans le sens du poil les fans de la première heure, Mark Molloy se contente du minimum syndical en terme de mise en scène, principalement lorsque l’action est en ligne de mire, ce qui est dommageable. De quoi regretter le départ d’Adil El Arbi et Bilall Fallah, qui étaient attachés au projet avant de partir chez DC pour chapeauter l’adaptation cinématographique de Batgirl – jetée à la poubelle en post-production. Voir le tandem belge redonner du pep’s au Flic de Beverly Hills comme ils l’ont fait avec Bad Boys aurait clairement eu plus de gueule.
Avec Le Flic de Beverly Hills Axel F., Mark Molloy tente de faire revenir une saga vieillissante dans le feu de l’action, une assignation moins facile qu’il n’y paraît, le réalisateur australien ayant du mal à donner l’impulsion nécessaire à ce quatrième opus pour que la fraîcheur soit réellement au rendez-vous. Loin d’être déshonorante, cette reprise de service manque pourtant d’énergie pour que la satisfaction soit au rendez-vous.
