Talent issue de l’Ecole Nationale du Cinéma du Danemark, la réalisatrice Karla Nor Holmbäck s’embarque au royaume du septième art avec son premier film d’animation, intitulé Rose, Petite Fée des Fleurs. Soit la transposition sur grand écran de Roselil og hendes venner premier tome d’une série littéraire imaginée par Josefine Ottesen, se centrant sur les aventures d’une fée renfermée sur elle-même prenant son courage à deux mains pour s’envoler hors de son rosier…
Se spécialisant dans les productions à destination d’un public jeune dès le début de sa carrière, Karla Nor Holmbäck ne déroge pas à la règle avec son premier long-métrage d’animation, qui se veut un conte moral porteur de valeurs positives sur des thématiques universelles, résonnant particulièrement chez les petits. Avec délicatesse, la réalisatrice prône l’ouverture aux autres, le tout en n’éludant aucunement la difficulté de tisser des liens, de faire le premier pas.
En s’immergeant dans l’univers de l’autrice Josefine Ottesen, qui aura écrit cinq tomes de Roselil, la cinéaste trouve un écrin de choix pour tisser un récit emplit de tendresse sur l’amitié, laissant le soin à son scénariste Toke Westmark Steensen de s’approprier l’intrigue du livre tout en n’en dénaturant pas la nature. À travers un script resserré, permettant aux enfants de ne pas perdre le fil de l’histoire ici narrée (le long-métrage dure une heure quinze générique compris), Rose, Petite Fée des Fleurs parvient avec aisance à capter l’attention de son auditoire et ce en s’appuyant sur le capital sympathie de son héroïne, avec laquelle il est facile de compatir. Se consacrant corps et âme à la protection du rosier dans lequel elle vivote depuis toujours, notre chère Rose joue un rôle essentiel pour la faune et la flore environnante. Mais au plus profond d’elle, un vide se fait cruellement ressentir, même s’il est compliqué de mettre des mots sur ce mal, qui se révèle être la solitude.
Un manque qui va finir par être comblé avec l’arrivée d’une chenille dans son quotidien, Satin, dont la transformation de chrysalide à papillon va se traduire par une irrépressible envie de voler de ses propres ailes. Au contact de cette dernière, notre petite fée découvre un nouveau champ des possibles et se met à appréhender différemment son rapport aux autres. Il est sûr que ce n’est pas facile d’interagir avec des inconnus, même lorsque ceux-ci deviennent progressivement des amis. Faite de moments de complicité et de chamailleries, la relation naissante entre Rose et Satin se révèle être le coeur du film, pouvant parler à la fois aux plus jeunes et à leurs parents. Une fois ce pas de deux établi, Toke Westmark Steensen met le cap sur l’aventure avec l’émergence à mi-parcours d’un danger à la fois pour notre tandem mais plus largement pour la biodiversité vivant aux alentours.
Quand une méchante Troll de Pierre pointe le bout de son nez et menace l’équilibre de la biodiversité, Rose doit surmonter ses peurs pour sauver sa camarade Satin (et d’autres animaux), impliquant un périple jusqu’à un obscur endroit, les fameuses Montagnes noires. De quoi clore Rose, Petite Fée des Fleurs sur un petit moment de bravoure, mettant en avant la nécessité d’unité face à l’adversité, avec une protagoniste prouvant son courage en s’ouvrant aux autres dans un but altruiste. Bien entendu, quelques pointes d’humour ciblée ne feront pas mouches sur les plus âgés (les troubles gastriques d’un sidekick comique par exemple) mais dans l’ensemble, il y a un bon équilibre entre instants légers et séquences plus sérieuses. Ce qui est due à la poésie inhérente à l’atmosphère voulue par Karla Nor Holmbäck, qui se repose sur l’association d’une l’animation 2D simple et fluide avec une palette de couleurs vives pour enrichir graphiquement le film – qui tire profit de sa mignonnerie. Un cocktail aidant à donner un joli cachet à ce conte calibré pour un public familial.
Production venue du Danemark, Rose, Petite Fée des Fleurs se veut un conte moral tendre et riche en couleurs, s’appuyant sur la mise en scène fluide de la réalisatrice Karla Nor Holmbäck pour ouvrir le jeune public à de nouveaux horizons.
