Après avoir fait ses armes en tant que scénariste et réalisateur sur la série Lastman – diffusée sur France 4 – Jérémie Périn poursuit son exploration du monde de l’animation avec son tout premier long-métrage, Mars Express. Soit un film de science-fiction néo-noir se partageant entre la Terre et sa voisine la planète rouge, désormais colonisée par l’Homme, un macrocosme devenant théâtre d’une enquête des plus obscures…

Sortie galvanisée de l’expérience Lastman, l’équipe aux manettes de la première saison de la série s’est réunie pour un projet commun, synonyme d’exploration de la science-fiction. Un genre restant encore assez marginal dans l’univers de l’animation made in France, surtout au cinéma. Ensemble, Jérémie Périn, son co-scénariste Laurent Sarfati et les équipes d’animation du
studio JSBC ont joint leurs forces pour proposer au public une virée en clair-obscur dans un futur faussement utopique – où les nouvelles technologies servent d’écran de fumée à une triste réalité.

En résulte Mars Express, production estampillée Everybody On Deck qui se veut une enquête sous influence alors que l’on suit un tandem de détectives devant démêler le vrai du faux quant à la disparition d’une étudiante en cybernétique sur la planète rouge. Une affaire pour le moins compliquée pour Aline Ruby et son partenaire androïde Carlos Rivera, qui vont se retrouver au beau milieu d’un sac de nœuds politico-sociétal, où la corruption est de mise avec notamment la mainmise de corporations peu scrupuleuses sur des institutions autrefois vénérables. Qui du robot ou de l’humain à le moins de cœur ? La réponse n’est pas évidente et pourrait menacer la civilisation martienne, qui repose sur de fragiles fondations.

Un postulat alléchant, où plane l’ombre de Philip K. Dick, qui paraît être l’une des sources d’inspirations de cette virée en eaux troubles où l’esprit de Blade Runner côtoie l’atmosphère d’un Chinatown. Deux références de poids, servant à nourrir une production S-F hexagonale sortant des sentiers battus, aux thématiques pertinentes quant aux dérives du capitalisme et de la course à l’évolution technologique, l’intelligence artificielle ayant un rôle crucial dans notre actualité. Porté par les voix de Léa Drucker, Mathieu Amalric, Daniel Njo Lobé ou encore Marie Bouvet, Mars Express a eu le droit aux honneurs du Festival de Cannes et du Festival International du Film d’Animation d’Annecy et a su faire du bruit. Il faut maintenant patienter jusqu’au 22 novembre pour le découvrir dans les salles obscures.

Synopsis :

En l’an 2200, Aline Ruby, détective privée obstinée, et Carlos Rivera son partenaire androïde sont embauchés par un riche homme d’affaires afin de capturer sur Terre une célèbre hackeuse.

De retour sur Mars, une nouvelle affaire va les conduire à s’aventurer dans les entrailles de Noctis, la capitale martienne, à la recherche de Jun Chow, une étudiante en cybernétique disparue. Noctis est leur ville, une utopie libertarienne rendue possible par les progrès en robotique, emblème d’un futur tourné vers les étoiles. Au fil de leur enquête, ils seront confrontés aux plus sombres secrets de leur cité ; ses institutions corrompues, ses trafics, ses fermes cérébrales, et les magouilles des toutes puissantes corporations. Mais des tueurs cyber augmentés ont eux aussi pris pour cible Jun Chow. Aline et Carlos se lancent dans une course désespérée pour sauver cette jeune femme qui, sans le savoir, détient un secret capable de menacer l’équilibre précaire sur lequel repose leur civilisation.

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