Deux ans après avoir déjouer les pronostics en devenant l’un des rares succès de 2020 – avec un box office mondial s’élevant à 319,7M$ – Sonic Le Hérisson revient sur les écrans avec une seconde adaptation cinématographique. Comprenant au casting Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter, Natasha Rothwell, Shemar Moore ainsi que Ben Schwartz, Idris Elba et Colleen O’Shaughnessey, cette suite voit Sonic faire face à la résurgence du Dr. Robotnik, qui n’est pas revenu seul de son exil hors de la surface terrestre…

Comme le dit l’adage, on ne change pas une équipe qui gagne. Parvenant à créer la surprise, malgré un mauvais départ visuellement parlant (on se rappelle du tollé causé par sa première bande annonce), Sonic Le Film a logiquement conforté Sega et Paramount Pictures dans leur volonté de créer une véritable franchise dédiée au hérisson le plus rapide de l’Ouest. Reconduit au poste de réalisateur, Jeff Fowler a donc eu les coudées franches pour accélérer la cadence, tout reprenant les ingrédients ayant fait le succès de cette première incursion sur grand écran. Si l’on passe de la petite foulée à la course vitesse grand V niveau rythme, y a t-il eu des efforts pour que cette suite réhausse le niveau de son prédécesseur ?

Reconnaissons qu’en mettant les bouchées doubles en matière d’action, le réalisateur réussit le pari de proposer un blockbuster qui ne se moque pas de son public, le divertissement étant au rendez-vous en matière de spectacle. Si l’on pouvait précédemment regretter un certain manque d’envergure, cette fois, en se consacrant davantage à la mythologie dérivé de son modèle vidéoludique, se ressent une volonté d’augmenter le curseur en terme d’ambition. Le trio Patrick Casey, Josh Miller, John Whittington élargit ainsi le champ des possibles pour notre héros, qui a désormais un boulevard pour foncer tête baissée vers l’aventure. Pour se donner les moyens de leur ambitions, nos scénaristes sortent de leur chapeau trois cartes maîtresses, le Dr. Robotnik, Tails et Knuckles, trois piliers amenant cette suite à prendre une direction plus ambitieuse que son prédécesseur – et cela n’est pas un mal.

En s’appuyant davantage sur des éléments issus des jeux-vidéos, Sonic 2 s’oriente vers une trajectoire plus intéressante à suivre, avec en ligne de mire une quête pour le pouvoir permettant de caresser dans le sens du poil les amateurs, multipliant les clins d’œil aux divers opus produits sur consoles des trente dernières années. Cherchant sa voie, notre adolescent de hérisson va se retrouver au beau milieu d’un périple initiatique, le confrontant à un passé bien trop présent. Au programme de ce niveau riche en péripéties, un retour fracassant de Robotnik qui – accompagné d’un allié aux poings d’acier – se rappelle au bon souvenir de son ennemi supersonique. Reliant les points quant au bribes de mythologie esquissés dans le premier opus, l’intrigue donne des éléments de réponses attendus quant à l’univers se développant progressivement. Un bon point, aidant à consolider la saga en devenir, explicitant les raisons du conflit inter-dimensionnel qui servait d’introduction à cette adaptation cinématographique en 2020.

Ce qui nous amène à une course effrénée pour retrouver la fameuse émeraude mère, source de toute-puissance attirant la convoitise de notre scientifique complètement barré. Un McGuffin synonyme d’expédition aux quatre coins du globe, entrecoupées de moments de bravoure. Avec un quatuor tel que Sonic, Tails, Knuclkles, Robotnik, il y avait de la matière pour des sessions d’affrontements et sur ce coup-là, Jeff Fowler ne déçoit pas, multipliant les renvois aux jeux-vidéos, avec combats sur terre et dans les airs, incluant de la glisse à flanc de montagne. Si au niveau de la réalisation et des effets-spéciaux, les moyens ont été mis en œuvre pour en mettre plein les mirettes, concernant l’écriture un problème subsiste. En effet, si l’on apprécie les efforts effectués en matière de divertissement, le principal point noir de Sonic 2 réside dans son ancrage, l’équipe créative se confortant dans le genre de la comédie familiale.

Certes, insuffler un esprit bon enfant peut avoir ses qualités mais une fois de plus, il est regrettable que l’on se contente d’un humour bas de gamme pour faire sourire les moins de dix ans. Outre le cabotinage de Jim Carrey, qui a ses qualités et ses défauts selon les scènes, ce qui empêche réellement le long-métrage de réellement décoller est ce manque de créativité en matière de comédie. L’exemple le plus flagrant concerne la sous-intrigue hawaïenne centrée sur les Wachowski, les parents adoptifs de Sonic, qui fait figure d’épine dans le pied pour cette suite, amenant péniblement à l’introduction d’une institution connue de la galaxie Sonic. Il n’y a qu’à voir les performances catastrophiques de James Marsden, Tika Sumpter, Natasha Rothwell, Shemar Moore pour se convaincre qu’il faut arrêter de donner de l’importance aux personnages humains. Hormis Eggman, il n’y a rien à sauver de ce côté là malheureusement.

Accélérant le mouvement en matière de divertissement, Sonic 2 prouve qu’il y a un potentiel certain à développer sur grand écran l’univers du plus célèbre hérisson de la pop culture, avec une suite surpassant son prédécesseur. Hélas, malgré les efforts de Jeff Fowler en terme de mise en scène, la satisfaction n’est toujours pas totalement au rendez-vous à cause des choix créatifs douteux dont une emphase sur l’humour – enfantin – clairement mal dosée. Sonic se met doucement mais sûrement en jambes mais n’atteint pas la vitesse idéale pour remporter l’adhésion – pour le moment.

© Paramount Pictures

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