Après Week-End Family, Disney + nous présente sa nouvelle création originale française, à savoir Para//èles, série de science-fiction chapeautée par Quoc Dang Tran. Comprenant Thomas Chomel, Omar Mebrouk, Jules Houplain, Jade Petri, Timoté Rigault, Victoria Eber, Maxime Bergeron, Naidra Hayadi, Guillaume Labbé, Elise Diamant, Gil Alma ou encore Dimitri Storoge au casting, celle-ci se centre sur quatre amis, Bilal, Romane, Samuel et Victor, qui voient leurs vies bouleversées lorsqu’un mystérieux événement vient les séparer…

Continuant à prendre un tournant vers la série de genre (il était l’un des auteurs de Marianne, sorti sur Netflix en 2019), Quoc Dang Tran s’aventure dans le vaste univers de la science-fiction pour nous livrer une réflexion sur l’adolescence et les tourments qui lui sont propres, se servant de notions fantastiques pour donner de la résonnance aux errements d’une jeunesse ne sachant pas comment entrer dans l’âge adulte. En résulte Para//èles, odyssée intimiste convoquant l’esprit d’Amblin pour traiter de ses thématiques, se servant de l’extraordinaire pour évoquer des valeurs universelles, pouvant parler au plus grand nombre.

Se voulant intergénérationnelle, le show privilégie l’aspect humain, qui prend de ce fait le pas sur la S-F au fur et à mesure que la de l’avancée de l’intrigue – un choix artistique lui donnant ainsi son cachet. Accompagné à l’écriture d’Anastasia Heinzl (Au-delà des apparences), le showrunner s’attèle à illustrer de la difficulté de se faire une place dans ce monde et de trouver sa voie, postulat nourrissant sa création de A à Z. Quoi de mieux qu’un incident hors du commun pour symboliser ce stade ingrat de l’existence où l’on se retrouve à la croisée des chemins, différentes possibilités apparaissant à l’horizon ? Pour s’y faire notre tandem de scénariste se concentre sur le quotidien bouleversé d’une galerie d’adolescents, se retrouvant du jour au lendemain confrontés à l’inexplicable. Au cours d’une nuit fatidique, le destin de Bilal, Romane, Samuel et Victor – quatuor d’amis inséparables – voyant leur équilibre voler en éclats à la suite une événement aux frontières du réel.

Quand notre joyeuse troupe prévoit de fêter l’anniversaire de l’un des leurs dans leur bunker secret, jamais ils n’auraient pensé que ce qui devait être un moment de joie allait se transformer en cauchemar. Lorsqu’une mystérieuse panne de courant vient interrompre les festivités, la panique est au rendez-vous. En effet, lorsque les lumières se rallument. de la bande ils n’en reste plus qu’un. Sam, qui est dans l’incrédulité la plus totale. Que s’est-il passé ? Pourquoi ses camarades se sont-ils volatilisés ? Et qui est cet homme brusquement apparu dans la pénombre de ce repère censé être fermé à clé ? Tant d’interrogations qui servent de base à un pilote solide, qui offre son lot de pistes intéressantes. Quand un accélérateur de particules entre en jeu, le champ des réalités se multiplie. Puisant dans le concept du multivers pour tracer sa ligne directrice, Para//èles perd nos protagonistes dans une spirale temporelle, chacun devant composer avec la perte de l’autre et le besoin de se reconstruire. Que ce soit parents ou enfants, l’incompréhension règne face à cette sombre histoire de disparition, qui a son lot de mystères.

En six épisodes, d’une trentaine de minutes, Quoc Dang Tran et Anastasia Heinzl parviennent à trouver un certain équilibre entre leurs storylines, ne cherchant pas à perdre le spectateur dans un gloubiboulga temporel car l’essentiel est ailleurs. Le fil rouge fantastique sert d’habillage à un récit sur le mal-être et les affres de l’adolescence, où il est compliqué de mettre des mots sur des sentiments. Peu importe leur âge, Bilal, Romane, Samuel et Victor ne sont au final que des jeunes complètement paumés par ce qui leur arrive, un point renforcé par cette mise en parallèle avec la situation de leurs parents. Ce qui prime n’est alors pas de verser totalement dans le surnaturel – même si celui-ci est présent en filigrane (avec une petite inspiration ‘comics’ arrivé en milieu de parcours) – mais de rester sur une dimension plus terre à terre. Les relations humaines sont de ce fait le cœur de la série, que ce soit les liens (dés)unissant notre quatuor et/ou leurs parents, le but de l’équipe créative étant que l’on s’attache à ce petit monde afin de mieux compatir à leur souffrance personnelle.

De quoi conférer un sens de l’intime bienvenue à cette virée à travers les réalités, qui bénéficie d’un bon capital sympathie, d’une part grâce à l’alchimie du casting – jeunes (Thomas Chomel, Jade Petri, Jules Houplain…) et moins jeunes (plus particulièrement le tandem Omar Mebrouk/Naidra Hayadi) – et une réalisation soignée de la part des réalisateurs Raphaël Rocher et Eric Laroche, qui ont su donner une signature particulière à Para//èles.

Ne cherchant aucunement à renouveler le genre, sa volonté étant de se servir du spectre du fantastique pour ajouter du poids à son analyse de l’adolescence, Para//èles est une proposition de S-F hexagonale plaisante à suivre, Quoc Dang Tran et sa comparse Anastasia Heinzl travaillant de concert pour allier l’incroyable à l’ordinaire afin de souligner des difficultés propres à un âge indélicat. Le tout pour une série bénéficiant d’un bon capital sympathie, qui devrait trouver son public sur Disney +.

© Disney +

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