Depuis sa création sous la plume de J.K. Rowling dans les années 1990, Harry Potter est devenu une des franchises les plus lucratives de l’histoire de la littérature et du cinéma avec des chiffres astronomiques à la clé : les sept tomes écrits par l’autrice entre 1997 et 2007 ont notamment été vendus à 500 millions d’exemplaires et les huit longs-métrages produit et distribués par Warner Bros. ont quant à eux amassés 7,7 milliards de dollars de recettes sur la surface du globe. Et nous ne comptons pas les produits dérivés qui s’arrachent parfois à prix d’or ni même la fréquentation des différentes attractions mettant à l’honneur le plus célèbres des sorciers de la culture pop (le Studio Tour de Londres ou encore les zones dédiées dans les parcs Universal).

Une Pottermania qui jouit d’une popularité intacte malgré le poids des années et qui vient de se réactiver à l’aube de cette année 2022. Si le troisième opus du spin-off de la saga cinématographique, Les Animaux Fantastiques : Les Secrets de Dumbledore, est attendu pour le 13 avril, les fans ont pu replonger dans l’univers féérique de J.K. Rowling grâce à la plateforme HBO Max qui – suivant le modèle opéré pour Friends il y a quelques mois – a proposé de réunir des acteurs de la saga pour une session de retrouvailles. Ainsi, pour célébrer les vingt ans de Harry Potter A L’Ecole Des Sorciers, Warner Bros. a offert un cadeau aux Potterheads avec une émission spéciale intitulée Harry Potter : Retour à Poudlard, bien décidée à insuffler la magie de la nostalgie. Est-ce que cela a fonctionné ? Sans aucun doute !

En faisant le choix de ne pas cumuler plusieurs formats comme avait pu le faire Friends : The Reunion qui se partageait entre moments intimes, talk-show et divertissement, Harry Potter : Retour à Poudlard trouve la formule adéquat pour distiller les ingrédients qui faisaient le charme des longs-métrages en se reposant à la fois sur l’indéniable alchimie du casting et le soin porté à la production. De ce fait, ce voyage mémoriel, qui s’opère à travers images d’archives et entretiens réalisés dans les magnifiques décors du Warner Bros. Studio Tour de Londres – ce qui aide à l’immersion – se révèle comme un bonus des plus sympathiques. En clair une dragée surprise de Bertie Crochue au goût parfumé.

Si les plus fervents admirateurs connaissent la majorité des making-of diffusés ainsi que les anecdotes dévoilées, ceux-ci apprécieront malgré tout d’être en terrain connu car l’atout principal de ce programme est de baigner le public dans une sorte de capsule temporelle, afin de les replonger vers un passé pas si lointain mais qui peut le paraître au vu des nombreux bouleversements vécus par tous ces dernières années. A n’en pas douter, lors de sa disponibilité ce week-end sur la plateforme Salto, bon nombre d’entre vous se sont emmitouflés dans leur plaid, une tasse à la main, des conditions idéales pour saisir le portoloin qui nous ramène dans le monde des sorciers. D’une durée d’environ une heure et demi, cette virée dans l’allée des souvenirs allie passé et présent pour mieux symboliser la puissance de la saga Harry Potter – que ce soit dans le domaine littéraire ou cinématographique. Comme le rappellent bien de nombreux intervenants, la création de J.K. Rowling a redoré dans un certain sens le blason de la littérature, qui a su redevenir un médium à la mode – (re)donnant le goût de la lecture aux petits comme aux grands. Beaucoup d’entre nous ont par ailleurs vécu la sortie des différents tomes, où des soirées de lancement rassemblaient enfants comme adultes aux abords des enseignes, des interminables files se dessinant à leur entrée.

Un succès phénoménal qui sert de point d’entrée à ce documentaire, rendant hommage à l’œuvre de l’autrice – tout en évitant soigneusement toute polémique en ressortant du placard des interviews de cette dernière datant de 2019. Se voulant comme une parenthèse enchantée, Retour à Poudlard accentue ce côté réconfortant en parvenant à réunir acteurs, producteurs et réalisateurs, pour ses petites sessions de groupes – auxquelles se greffent images de tournages et séquences promotionnelles. Si certaines figures manquent à l’appel, des éléments clés de Harry Potter sont présents, ce qui est un exploit dans la mesure que dans un monde où une certaine pandémie fait toujours des siennes, il peut être difficile de réunir les gens. Si les disponibilités de chacun diffèrent, ce que l’on voit à l’écran, l’essentiel reste que nous avons pu assister aux retrouvailles de Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, le trio principal de la franchise, qui n’ont plus été rassemblé dans une même pièce depuis près d’une décennie. Leur relation est au cœur du programme et il est plaisant de les voir se rappeler de cette aventure incroyable qui a changé à tout jamais leur vie, que ce soit en bien ou en mal.

Notons qu’il est appréciable de constater que les acteurs ont pu s’exprimer comme ils le pouvaient, amenant à une réflexion sur la célébrité, dont le poids peut devenir un fardeau au quotidien. Apprendre en détour d’une discussion que Emma Watson avait sérieusement pensé à prendre ses distances de cette machinerie immense que constituait la saga, qui a accaparé le casting durant dix ans, permet de remettre en contexte cette success-story, qui a ses zones d’ombres. En effet, on peut aisément comprendre que grandir au milieu des plateaux, sous le regards des médias, du public peut rapidement devenir éreintant. Comment concilier vie d’enfant, d’adolescent avec les contraintes émanant d’une entreprise titanesque telle que Harry Potter ? Un point qui est débattu dans cette réunion, qui met un point d’honneur à évoquer l’évolution des films et du casting à travers les différents épisodes. Outre notre trio, Tom Felton, Bonnie Wright, James Phelps, Oliver Phelps, Evanna Lynch ou encore Matthew Lewis se confient devant la caméra, partageant des souvenirs de cette décennie décidément pas comme les autres. Ce qui permet de souligner la force des liens unissant ces jeunes qui ont mûri ensemble aussi bien personnellement que professionnellement – ce que l’on remarque davantage avec la relation Emma Watson/Tom Felton.

Un attachement qui transparaît également dans leur rapport aux multiples réalisateurs qui se sont partagés les huit films de la franchise ainsi qu’avec les adultes qui leur ont donné la réplique. Ainsi, en plus de voir les méthodes de travail de Chris Columbus, Alfonso Cuarón, Mike Newell et David Yates, qui amènent à des anecdotes cocasses comme les devoirs donnés par le réalisateur du Prisonnier d’Azkaban ainsi que la ‘cascade’ mené par le metteur en scène de La Coupe De Feu – ayant mené à avoir plusieurs côtes cassés. Ce lien intergénérationnel apparaît davantage dans le rapport entre Daniel Radcliffe et deux de ses camarades de jeu, à savoir Gary Oldman et Helena Bonham Carter, leurs séquences de retrouvailles étant parmi les meilleurs passages de Retour à Poudlard tant leur complicité est évidente. Privilégier cet aspect humain est ce qui fait la force du programme, montrant à quel point Harry Potter a été une odyssée incroyable sur ce plan là. Que ce soit devant ou derrière l’écran, la magie a opéré. Preuve en est, en plus des derniers mots touchants de l’interprète du sorcier à lunettes, l’hommage rendu à ceux qui nous ont quitté à travers les années, d’Alan Rickman à Richard Harris, qui viendra viser la plupart d’entre nous en plein cœur – prouvant l’attachement particulier des fans pour l’univers créé par J.K. Rowling.

Et vous, qu’avez-vous pensé de Harry Potter : Retour à Poudlard ?

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