[Critique réalisée en partenariat avec Cinétrafic dans le cadre de l’opération DVDtrafic. Un grand merci au site ainsi qu’à l’éditeur Program Store/M6 Vidéo (sa page Facebook, Twitter) pour cette collaboration. La fiche Cinetrafic de The Swordsman, à consulter à cette adresse : https://www.cinetrafic.fr/film/63963/the-swordsman]

Pour son passage derrière la caméra, l’écrivain sud-coréen Choi Jae-hoon (Sept Yeux De Chat) s’attèle à un drame historique, avec The Swordsman, qui comprend au casting Jang Hyuk, Kim Hyeon-soo, Joe Taslim, Jeong Man-sik ou encore Lee Na-kyung. Disponible en DVD, Blu-Ray, et VOD depuis le 17 novembre, le long-métrage nous plonge dans la Corée du XVIIe siècle, où un ancien guerrier émérite de la dynastie Joseon se voit rattraper par les blessures et fantômes du passé…

Pour son incursion dans le monde du septième art, Choi Jae-hoon s’imprègne d’un genre populaire dans la culture asiatique – le film de sabre – nous livrant une première œuvre plutôt classique dans sa forme, ne déviant que très peu des codes du domaine dans lequel il avance, qui se démarque un minimum par son approche intimiste d’un sombre récit se faisant le reflet d’une époque troublée.

Nous plongeant dans une Corée du Sud en pleine transition, où la dynastie Ming laisse progressivement sa place à celle des Qing, The Swordsman fait résonner le spectre d’une période mouvementée de l’histoire du pays, où les conflits sont légions et la violence prépondérante. Un ancrage qui donne du corps à l’intrigue que le réalisateur, officiant également au poste de scénariste, développe en se centrant sur des faits réels pour mieux partir vers la fiction. Débutant sur le coup d’Etat de 1623, qui a vu le roi Gwanghaegun destitué de son titre et de son trône par une faction rebelle, ce drame dresse le portrait d’une nation divisée par les jeux de pouvoirs et d’influences, semant le désordre parmi la population. De ce climat d’insécurité se nourrit la trame tissée par Choi Jae-hoon, qui nous amène à suivre la quête d’un homme ne pouvant échapper à son passé.

Comme il est de coutume dans cette catégorie cinématographique, notre protagoniste principal est un héros taiseux, solitaire, maniant les armes comme personne, en l’occurrence ici Tae-Yul (incarné par un Jang Hyuk tout en sobriété). Vivant avec le poids de l’échec et de la culpabilité, un fardeau hérité de son impuissance à sauver son souverain lors de son abdication contrainte et forcée, notre épéiste hors-pair se contente d’une existence loin de la civilisation aux côtés de sa fille adoptive, Tae-Ok – interprétée par Kim Hyun-soo, la bonne surprise du film. Perdant progressivement la vue des suites d’une ancienne blessure, ce dernier se rapproche de la cécité, au grand dam de son enfant de cœur, bien décidée à trouver un remède pour palier à le dégénérescence de son paternel, une quête s’avérant moins aisée qu’espérée, faisant s’enfoncer notre tandem dans la noirceur d’un monde en proie au chaos.

Se retrouvant confrontée à la dure réalité de son époque, Tae-Ok prend un chemin jonché d’obstacles, l’amenant à sacrifier son innocence pour venir en aide à son prochain, quitte à embrasser à bras le corps les dangers se mettant sur sa route. Entre machinations et coups-bas d’ordre politique, la jeune-fille se voit aspirer dans une spirale des plus brutales, faisant basculer The Swordsman vers un combat pour la survie, pour la famille, pour l’honneur. S’appuyant sur des ressorts attendus, Choi Jae-hoon embarque son personnage principal vers une trajectoire où le fer se croise, où le sang se verse, pour une navigation en eaux troubles. Si les ennemis tombent les uns après les autres à intervalle régulier, sans qu’il n’y est réellement de surprises, le réalisateur/scénariste parvient à prendre de légers détours pour conserver notre attention, oscillant entre passé et présent pour donner un surplus d’épaisseur aux enjeux. Apprécions alors ce sens de l’intime, avec la relation père/fille – moteur de l’intrigue – ainsi que le soin porté au réalisme de la période abordée, avec l’évocation du triste sort réservé aux citoyens face aux dérives de leurs oppresseurs.

En ce qui concerne la mise en scène, le réalisateur sait où poser son regard, sa caméra et parvient à insuffler du dynamisme aux séquences d’actions émaillant le film, les passes d’armes entre Tae-Yul et ses adversaires étant l’un de ses points forts. Evitant la redite, Choi Jae-hoon sait varier les plaisirs et offre au public ce qu’il est en droit d’attendre de ce genre de productions avec des combats bénéficiant d’une chorégraphie maitrisée – que l’on doit à Jung Sung-ho., trouvant notamment sa raison d’être dans un plan-séquence (en fin de métrage) où les coups de lames et les coups de feu s’entrechoquent avec efficacité. Des scènes plaisantes à suivre, surtout en Blu-ray, format dans lequel The Swordsman a été visionné, l’encodage étant d’excellente facture avec une image nette et mettant en valeur la photographie de Son Won-ho. Au niveau du son, le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 fait l’affaire, notamment en version originale. Le seul bémol réside dans le peu de bonus mis à disposition, qui comprend bandes annonces et une featurette de très courte durée.

S’il ne sort pas des sentiers battus, The Swordsman est un premier essai d’honnête facture de la part de Choi Jae-hoon, qui s’affaire à nous concocter un drame historique qui fait parler le sabre et la poudre avec une certaine efficacité, même s’il ne dévie que trop rarement des codes du genre.

© Alive – Vertrieb und Marketing

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