Le Magnifique n’est plus. L’incorrigible Jean-Paul Belmondo vient de nous quitter à l’âge de quatre-vingt-huit ans et laisse derrière lui un grand vide. Jouissant d’une carrière prolifique sur les planches et sur grand écran, aura marqué plusieurs générations de cinéphiles à travers le monde, son talent ayant été unanimement salué par la profession – que ce soit en France ou à l’international. On se souvient de l’émotion d’un Sylvester Stallone brandissant la photo de ‘Bebel’ boxeur lors de sa masterclass au Festival de Cannes, avouant que l’un de ses films favoris était Borsalino de Jacques Deray, ou encore du tendre hommage d’un Quentin Tarantino à notre as des as, qui avait déclaré « Belmondo, c’est un verbe, un mot qui conjugue vitalité, charisme et force de l’esprit. Belmondo, c’est le symbole de la supercoolerie. C’est le roi !« .

Outre le monde du théâtre et du septième art, rappelons que notre Marginal a également été une source d’inspiration dans d’autre médias, ses traits si particuliers ayant inspirés de nombreux auteurs de bande dessinées. Que ce soit Jean Giraud lors des débuts de Blueberry ou des mangakas tels que Buichi Terasawa, qui a publiquement revendiqué s’être basé sur la gouaille de l’Alpagueur pour créer Cobra. Des preuves de la renommée du comédien, traversant le temps et les frontières avec une popularité intacte et ce jusqu’à la fin.

De Sois Belle Et Tais-Toi de Maurc Allégret à Un Homme Et Son Chien de Francis Huster, Jean-Paul Belmondo aura pris part à plus de quatre-vingt longs en près de cinquante ans. Une luxuriante carrière cinématographique qu’il est bien entendu dfficile de synthétiser en quelques mots tant elle fût riche et diversifiée mais il semblait nécessaire de rendre hommage à l’une des dernières icônes françaises. Issu d’une formation classique, l’acteur aura su naviguer entre les genres, conciliant productions indépendantes et populaires. De la Nouvelle Vague aux comédies estampillées grand public des années 80, le Guignolo a réussi à tracer son sillon, à gagner ses galons de stars, travaillant avec des réalisateurs connus et reconnus. Parmi ses collaborations les plus emblématiques, celles avec Jean-Luc Godard, Philippe De Broca et Henri Verneuil, qui ont donné naissances à des œuvres phares telles que À Bout De Souffle, Pierrot Le Fou, Cartouche, L’Homme De Rio, Les Tribulations D’un Chinois En Chine, Le Magnifique bien entendu, Un Singe En Hiver, Cent Mille Dollars Au Soleil, Peur Sur La Ville.

L’acteur profitera de son ascension vers la gloire pour côtoyer des grands noms du cinéma et donne ainsi au gré des films la réplique à Jean Gabin, Catherine Deneuve, Bourvil, Ursula Andress, Jean Seberg et Alain Delon. En parlant de cet autre monstre sacré, la relation unissant les deux hommes aura marqué leur carrière respective avec comme point d’orgue Borsalino de Jacques Deray, qui cimentera à la fois leur rivalité ainsi que leur amitié, connue de tous. L’amitié aura d’ailleurs été l’un des moteurs de Belmondo, qui a souvent voulu s’entourer de ses camarades du conservatoire – notamment Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Claude Rich – et de ses fidèles amis, à l’image de son accolyte Charles Gérard, de quoi instaurer un esprit bon enfant devant et derrière la caméra.

Si l’on retient ses innombrables cascades à l’écran, que ce soit sur terre ou dans les airs – avec quelques sueurs froides à la clé – Belmondo prouvera à de nombreuses reprises qu’il n’était pas qu’un casse-cou prêt à faire le funambule aux quatre coins du monde. Jouer à l’acrobate entre deux bâtiments à Brasilia, rester accroché à un hélicoptère à Venise ou marcher sur le toit d’un métro à Paris sont des moments de bravoure qui font encore aujourd’hui leur effet mais cela serait réducteur de cantonner l’Animal à ses pitreries. À maintes reprises, Bebel s’est amusé à changer de répertoire, le genre dramatique lui convenant plutôt bien et lui permettant de montrer d’autres facettes comme dans Léon Morin, Prêtre de Jean-Pierre Melville, Week-end À Zuydcoote et Le Corps De Mon Ennemi de Verneuil ou encore Stavisky d’Alain Resnais par exemple.

S’il est parvenu à montrer avec brio son côté sombre, le public a préféré plébiscité notre pro de la cabriolet dans un registre plus léger, à en témoigner par ses deux plus gros succès au box office qui sont Le Cerveau, qui avait engrangé 5 547 305 entrées en 1969 et L’As Des As, qui avait attiré 5 452 593 spectateurs en 1982 – deux films réalisés par Gérard Oury. En parlant de comédie, saviez que notre Bebel national avait joué dans Casino Royale ? Eh oui, en 1967, une parodie du roman éponyme de Ian Flemming a vu le jour au Royaume-Uni avec un casting réunissant entre autres Peter Sellers, Ursula Andress, Woody Allen, Orson Welles et ce cher Jean-Paul, qui y fît une brève apparition dans la peau d’un légionnaire. Une petite anecdote amusante pour terminer ce petit hommage à l’une des dernières légendes du cinéma français.

Et vous, quels souvenirs gardez-vous de Jean-Paul Belmondo ? Quels sont vos films préférés de l’acteur ?

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