Cinq ans après une première mission chapeautée par David Ayer, la Task Force X rempile sur grand écran sous la direction de James Gunn qui, entre deux volets des Gardiens De La Galaxie, s’offre une pause récréative chez DC Comics avec cette suite – sobrement intitulée The Suicide Squad. Au casting de ce second volet, qui nous fait suivre une nouvelle assignation ô combien chaotique, nous retrouvons Margot Robbie, Joel Kinnaman, Viola Davis et Jay Courtney, qui reprennent du service aux côtés d’Iris Elba, Alice Braga, John Cena, Daniela Melchior, David Dastmalchian, Michael Rooker, Sean Gunn ou encore Sylvester Stallone….

Si, en 2016, Suicide Squad avait su devenir l’un des plus gros succès de l’année en amassant pas moins 746,8M$ de recettes dans le monde, la première incursion de notre escadron suicide au cinéma n’est pas restée dans les mémoires pour sa qualité intrinsèque – le film de David Ayer étant loin d’avoir fait l’unanimité dans le cœur du public. De ce constat en demi-teinte, il semblerait que Warner Bros. en est tiré une leçon, décidant de ne plus interférer dans le processus créatif (Ayer s’étant publiquement plaint du montage final de son œuvre) et de donner carte blanche à un James Gunn heureux de s’inviter chez la Distinguée Concurrence, le réalisateur profitant de cet espace de liberté pour proposer un divertissement régressif de premier ordre.

Sorti du giron de Marvel Studios, Gunn revient à ses fondamentaux et saisit l’opportunité de se rapprocher du style ‘Troma’ dans lequel il a navigué en début de carrière, lâchant les rênes en matière de violence. Ainsi, en changeant de tonalité, The Suicide Squad ne ressemble en rien à son prédécesseur et faire figure d’ovni au sein du DCEU, se voulant un délire oscillant entre le trash et le gore – un choix artistique qui aurait pu déboucher sur un résultat plutôt tiède mais la bonhommie de notre metteur en scène et son sens du désordre rendent cette décision payante. Après un blockbuster relativement désincarné, il est satisfaisant de voir que cette suite possède une âme et une certaine ambition cinématographique en se rapprochant des productions de genre des années 60/70, pour un ersatz des Douze Salopards à la sauce comics qui détonne.

Ayant les coudées franches, James Gunn – qui officie également au scénario – s’interdit peu de choses et joue sur le concept même de la Suicide Squad à savoir le côté sacrifiable de ses personnages et ce dès le départ, histoire de nous mettre dans l’ambiance : les coups et les corps vont pleuvoir dans la joie et l’allégresse. Tout un programme ! Tel un gamin ce dernier s’amuse avec ses nouveaux jouets, comme en témoigne la première partie du long-métrage, qui renoue avec les protagonistes que l’on connaissait déjà tout en présentant les recrues venant grossir les rangs, sous fond d’explosions et d’arrachages de membres. Si l’humour n’est pas toujours de bon goût durant cette phase introductive, tombant souvent à plat, la légèreté insufflée et l’énergie communicative du casting aident à capter notre attention avant que l’intrigue ne le fasse. Car une fois les bases posées – de manière bourrine – la mission de nos mercenaires, envoyés sur l’île de Corto Maltese pour mettre à un obscure projet secret, gagne en intérêt alors que ceux-ci s’enfoncent dans la pampa.

Se complaisant, à raison, dans son côté ‘pulp’, The Suicide Squad gagne ainsi en épaisseur – aussi bien scénaristiquement que visuellement – alors que les enjeux se complexifient au cœur de cette jungle hostile, nos anti-héros ayant fort à faire entre l’objectif principal à atteindre et les obstacles se mettant sur leur chemin pour y parvenir. Des digressions ayant pour but de nous attacher à cette joyeuse troupe, ce qui est là le point fort du film. Tout comme dans Les Gardiens De La Galaxie, James Gunn parvient à malicieusement croquer le portrait de ces outsiders bourrés de défauts, dont les individualités deviennent une force une fois que tout le monde se soit apprivoisé. Dans le cas présent, en plus de gratifier Harley Quinn et Rick Flagg de sous-intrigues venant renforcer leur caractérisation et gommer définitivement les défauts du Suicide Squad de David Ayer, le scénariste/réalisateur parvient à créer cette esprit de cohésion qui manquait à ce précédent opus avec l’arrivée remarquée de petits nouveaux dans l’équation.

Que ce soit Bloodsport, Peacemaker, Ratcatcher 2, Polka Dot Man ou encore King Shark, nos ‘bleus’ s’intègrent excellement bien dans l’univers bordéliquement sanglant qui nous est dépeint, les relations des uns et des autres ajoutant du piquant à ce foutoir ambiant mais également de l’émotion, un point très bien amené. Si Margot Robbie confirme qu’elle était taillée pour le rôle de Harley, il est appréciable de voir que l’intégralité du casting est aussi impliqué qu’elle et prend un réel plaisir à prendre part à cette aventure débridée, en particulier Idris Elba, John Cena, Daniela Melchior et David Dastmalchian, dont le capital sympathie est un atout indéniable. Cette Task Force X vaut le coup de se déplacer au cinéma.

S’il n’est pas exempt de défauts, son humour bas de plafond ne faisant pas mouche à tous les coups, The Suicide Squad n’en reste pas moins un blockbuster fun et décérébré qui ne manque pas de cœur, James Gunn jouant les sales gosses avec un plaisir non-feint, ce dernier nous conviant à un délire violemment sanglant mais diablement divertissant.

Warner Bros.

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