[Critique] Penguin Bloom, fais comme l’oiseau

Onze ans après Last Ride, son premier long-métrage, le réalisateur australien Glendyn Ivin est de retour derrière la caméra pour porter à l’écran Penguin Bloom : L’extraordinaire histoire du petit oiseau qui a sauvé une famille, l’autobiographie de Cameron Bloom co-écrite avec Bradley Trevor Greive, qui comprend au casting Naomi Watts, Andrew Lincoln, Jacki Weaver, Griffin Murray-Johnston, Rachel House, Abe Clifford-Barr ou encore Felix Cameron et revient sur les conséquences tragiques d’un accident de la vie sur l’équilibre d’une famille…

Pour sa deuxième réalisation, Glendyn Ivin nous montre les difficultés à se reconstruire et à surmonter ses traumatismes suite à un accident de la vie à travers le parcours résilient d’une mère de famille, pour un drame tout en sensibilité qui doit beaucoup à la prestation de sa distribution et d’un volatile des plus charmants.

Qui aurait pu croire que l’on serait touché par les tribulations d’une pie ? C’est pourtant l’atout principal de Penguin Bloom, qui nous retranscrit la douloureuse épreuve vécue par la famille Bloom après qu’un voyage en Thaïlande ait basculé du rêve au cauchemar. Se retrouvant paralysée des membres inférieurs à la suite d’une chute presque fatale, Samantha Bloom, femme épanouie et débordante d’énergie va voir son quotidien totalement bouleversé, l’amenant sur une route sombre. Au plus bas physiquement et psychologiquement suite à ce drame, cette dernière ne parvient pas à accepter sa nouvelle condition, impactant alors la cohésion de son foyer. Si l’espoir de jours meilleurs s’amenuisent, l’arrivée d’un oiseau – lui aussi tombé du nid – va être le symbole d’un renouveau à la fois pour Sam mais pour chaque membre de la fratrie.

Tirée d’une histoire vraie, qui a été révélée au grand public par le biais d’une autobiographie co-réalisée par Cameron Bloom – dont les photographies illustrent l’ouvrage – Penguin Bloom se veut porteur d’un message d’espoir et s’évertue à montrer que malgré les obstacles et les coups du sort, nous pouvons réussir à nous relever. Ce cheminement n’est pas une sinécure, loin de là, et cette adversité nourrit le scénario co-écrit par Shaun Grant et Harry Cripps, qui oscille entre ombre et lumière.

Si l’on pourra regretter le côté larmoyant de certaines séquences, tirant trop vers le mélo, dans son ensemble le long-métrage vise juste en se consacrant avant tout sur la cellule familiale et le réconfort que procure l’arrivée de Penguin – la fameuse pie – dans l’existence des Bloom, devenant l’objet de leur attention et faisant office d’élément thérapeutique pour amener Sam à faire le deuil de son ancienne vie et d’avancer pas à pas vers une réconciliation avec elle-même. Une guérison progressive qui se fait au contact de l’animal à plumes, qui doit également apprendre à voler de ses propres ailes, offrant un parallèle touchant entre ces deux êtres esseulés qui essayent de s’apprivoiser.

De leur envol dépend leur avenir et ce parcours commun, auquel se greffe celui des autres membres du clan Bloom, est des plus touchants. Nous ressentons la détresse de chacun des membres de cette famille brisée où co-existent sentiments de crainte et de culpabilité. Une émotion palpable qui doit beaucoup à la partition sans faille de Naomi Watts, qui compose avec un personnage à fleur de peau et fait transparaître aisément à l’écran la détresse, la colère et la combativité de son personnage. Celle-ci est bien secondée par Andrew Lincoln qui se révèle juste dans le rôle de Cameron, ce mari compréhensif et aimant qui se bat pour garder la cohésion des siens malgré les hauts et les bas.

Ajoutons à cela la mise en scène solaire de Glendyn Ivin, bénéficiant d’une photographie soignée de Sam Chiplin et des magnifiques paysages australiens, qui invite au voyage et insuffle un vent de liberté symbolisant Samantha Bloom et sa soif de vivre.

Avec Penguin Bloom, Glendyn Ivin retrace le parcours d’une femme courage, ayant repris le goût à la vie suite à son contact avec une pie. Une histoire vraie pour un long-métrage tendre et émouvant qui – s’il n’échappe pas à quelques moments larmoyants – met du baume au cœur et donne un joli écrin à Naomi Watts pour exprimer son talent.

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